Guerre au Moyen-Orient
Fermeture du détroit d’Ormuz : la FAO craint un « choc agroalimentaire systémique » dans les six à douze prochains mois
Dans un podcast publié le 20 mai, la FAO s’inquiète des conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz sur le prix des denrées alimentaires qui pourraient flamber et provoquer ainsi une grave crise à l’échelle mondiale dans les six à douze prochains mois. Elle formule différentes recommandations pour éviter un « choc agroalimentaire systémique ».
Dans un podcast publié le 20 mai, la FAO s’inquiète des conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz sur le prix des denrées alimentaires qui pourraient flamber et provoquer ainsi une grave crise à l’échelle mondiale dans les six à douze prochains mois. Elle formule différentes recommandations pour éviter un « choc agroalimentaire systémique ».
« Le moment est venu de commencer sérieusement à réfléchir à la manière d’augmenter la capacité d’absorption des pays, à accroître leur résilience face à cet étranglement afin de réduire les impacts potentiels », a déclaré Maximo Torero, économiste en chef de la FAO, dans un podcast publié le 20 mai. La FAO craint que la fermeture du détroit d’Ormuz intervenue le 28 février dernier soit synonyme d’une flambée des prix alimentaires entraînant une grave crise à travers le monde dans les six à douze prochains mois. Elle parle d’un « choc agroalimentaire systémique ».
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El Niño pourrait aggraver la situation
L’organisation onusienne explique que l’impact est déjà visible. L’indice des prix alimentaires de la FAO, qui suit les variations mensuelles des prix d’un panier de produits alimentaires à l’échelle mondiale, a augmenté pour le troisième mois consécutif en avril, en raison des coûts élevés de l’énergie et des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. La FAO souligne que la situation est susceptible de s’aggraver avec l’apparition d’El Niño qui pourrait provoquer des sécheresses et perturber les précipitations et les schémas de température dans plusieurs régions.
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Utiliser de nouvelles routes terrestres et maritimes
La FAO estime qu’il est nécessaire d’utiliser des routes terrestres et maritimes alternatives, notamment via la péninsule arabique orientale, l’ouest de l’Arabie saoudite et la mer Rouge. « Ces routes ont une capacité limitée, ce qui rend essentiel d’éviter les restrictions à l’exportation imposées par les principaux producteurs » fait-elle remarquer. Elle exprime d’autres recommandations politiques à court, moyen et long termes. Elle propose donc d’éviter les restrictions à l’exportation, notamment pour l’énergie, les engrais et les intrants et d’exonérer l’aide alimentaire des restrictions commerciales. La FAO demande par ailleurs de ne pas augmenter la demande en biocarburants pendant les pénuries afin de limiter la concurrence alimentation-carburant.
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Renforcer les capacités de stockage et utiliser les technologies d’agriculture de précision
Autres recommandations : l’élargissement de l’accès à un crédit abordable pour les agriculteurs, la constitution de réserves régionales, le renforcement des capacités de stockage ou encore d’élargir l’utilisation des machines électrifiées, des drones et des technologies d’agriculture de précision. La FAO souhaite aussi développer des fonds d’innovation pour soutenir l’ammoniac vert, les biostimulants, la génétique des cultures et promouvoir l’interculture (céréales + légumineuses) pour réduire l’utilisation d’engrais azotés.
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