Faux semis : une technique de désherbage à l’efficacité débattue
Les faux semis ont-ils un effet significatif sur le salissement de la culture suivante ? Pas dans toutes les situations, d’après le projet inter-instituts Combherpic (2023-2026) qui a observé les levées d’adventices après des faux semis. Néanmoins, le faux semis reste un levier parmi d’autres pour gérer le salissement des parcelles.
Les faux semis ont-ils un effet significatif sur le salissement de la culture suivante ? Pas dans toutes les situations, d’après le projet inter-instituts Combherpic (2023-2026) qui a observé les levées d’adventices après des faux semis. Néanmoins, le faux semis reste un levier parmi d’autres pour gérer le salissement des parcelles.
Le projet Combherpic animé par Arvalis a consisté à compter les levées d’adventices après des faux semis, pendant l’interculture puis dans la culture suivante, d’hiver ou de printemps, à travers 58 essais conduits sur 15 campagnes. « Les résultats nous ont déçus, énonce Jérôme Labreuche ingénieur Arvalis. Les faux semis favorisent les levées d’adventices dans l’interculture, mais nous n’avons pas observé de réduction significative du salissement dans la culture suivante. » Les essais ont en revanche montré qu’une perturbation du sol au moment du semis ou dans les jours qui le précèdent, par exemple lors de la destruction mécanique des levées d’adventices, tend à en favoriser de nouvelles dans la culture.
Néanmoins, son collègue David Pasquier précise que tout dépend des espèces visées, et indique que sur les repousses de céréales (peu dormantes), « le faux semis a montré son efficacité. » De meilleurs résultats ont été également observés avant des cultures de printemps, notamment sur ambroisie. L’ingénieur d’Arvalis précise que peu d’études ont chiffré l’impact réel du faux semis. Il cite néanmoins une étude selon laquelle une seule opération de faux semis réduit de 0,7 % le stock semencier total, selon l’hypothèse que seules 10 % des graines d’adventices sont non dormantes à tout moment de l’année, et que seules 7 % de celles-ci sont présentes dans les trois premiers centimètres du sol. Pour autant, les partenaires du projet ne remettent pas en cause l’intérêt du faux semis dans une stratégie globale de gestion des adventices.
Le faux semis à combiner avec d’autres leviers pour lutter contre les adventices
Le projet Combherpic a consisté à suivre des essais annuels. Ceux-ci n’évaluent que les effets potentiels à court terme dans la culture suivante et ne permettent pas de conclure sur l’impact à long terme des faux semis sur le stock semencier. Cet aspect est en cours d’étude avec trois essais pluriannuels qui sont en place, précise Jérôme Labreuche. Celui-ci considère néanmoins qu’il ne faut pas « présenter le faux semis comme la solution miraculeuse », et « tout miser dessus au risque d’être déçu. » C’est un levier parmi d’autres, à combiner avec le décalage de la date de semis, la rotation culturale, le labour en fonction de son système…
Marie Flament d’Agro-Transfert considère, elle aussi, le faux semis comme un outil parmi d’autres pour réduire le stock semencier à l’échelle du système de culture. « Cela fait partie des leviers agronomiques indispensables pour limiter le potentiel d’infestation des adventices car on ne peut pas faire reposer uniquement le désherbage sur une gestion curative. »