« Faire le travail de A à Z » : dans les Bouches-du-Rhône, une marque pour un agneau local
Produire et consommer un agneau local. C’est l’ambition de la marque « Agneau des bergers de Provence » récemment lancée dans les Bouches-du-Rhône. Elle s’inscrit aussi dans la volonté de soutenir l’abattoir de Tarascon, géré par des éleveurs depuis 2021.
Produire et consommer un agneau local. C’est l’ambition de la marque « Agneau des bergers de Provence » récemment lancée dans les Bouches-du-Rhône. Elle s’inscrit aussi dans la volonté de soutenir l’abattoir de Tarascon, géré par des éleveurs depuis 2021.
Un agneau né, élevé et abattu dans les Bouches-du-Rhône. C’est la garantie qu’apporte la marque Agneau des bergers de Provence, lancée fin 2025 par la Fédération départementale ovine. « L’élevage ovin est dynamique sur notre territoire, avec environ 120 000 têtes. Mais ce sont surtout des agneaux légers qui sont produits, pour l’exportation. » explique Elodie Porracchia, éleveuse ovine à Eyguières et administratrice de la FDO 13. « Cela ne sert à rien de faire partir notre production pour la réimporter ensuite. » La marque se veut être un moyen de soutenir les éleveurs qui engraissent et produisent des agneaux finis sur le territoire.
Produire localement des agneaux finis
Une quarantaine d’éleveurs vend pour l’instant ses agneaux sous la marque. « On fait le travail de A à Z : l’agneau qu’on produit est consommé dans le coin. C’est gratifiant pour nous. » estime un éleveur de Mérinos d’Arles engagé dans la démarche. Le cahier des charges colle aux pratiques prévalant dans les Bouches-du-Rhône. Elodie Porracchia indique que « c’est un moyen de mettre en avant ces pratiques de qualité et le système d’élevage herbassier transhumant ».
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Une façon de réaffirmer l’ancrage de l’élevage ovin dans les Bouches-du-Rhône. « La recherche de notre souveraineté alimentaire commence là, à petite échelle. Pour que notre production soit consommée localement, nous avons besoin d’être identifiés par le consommateur. » Et justement, pour pousser le consommateur vers cet agneau local, la marque mise sur sa traçabilité : marquage des carcasses, étiquetage pour la vente directe et visuels affichés dans les magasins. D’autant que les débouchés sont là : la région PACA est une des régions françaises où on consomme le plus d’agneau par habitant.
La marque Agneau des bergers de Provence a été officiellement lancée en automne dernier par des éleveurs ovins des Bouches-du-Rhône. ©L. Petitjean
Une marque complémentaire de l’abattoir de Tarascon
Mais cette marque est aussi un moyen de pérenniser l’abattoir de Tarascon, géré par éleveurs et chevillards via une société d’intérêt collectif agricole (SICA) depuis 2021. L’abattoir appartenait historiquement à la société Alazard et Roux. Mais elle est placée en redressement judiciaire en 2018, criblée par quasiment cinq millions d’euros de dettes. Or, l’abattoir de Tarascon est le seul du département, et la seule alternative pour les éleveurs ovins des Bouches-du-Rhône est l’abattoir de Sisteron, situé à 150 km de là.
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Pour maintenir cet outil de transformation essentiel au territoire, les pouvoirs publics et les éleveurs s’associent alors. La communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, aidée du département, rachète les bâtiments, et la SICA des éleveurs, le matériel. La SICA s’occupe de la gestion de l’abattoir et loue à tarif préférentiel les bâtiments à la communauté d’agglomération.
Une association fructueuse
Cinq ans plus tard, l’abattoir se porte bien : il emploie une quinzaine de personnes et produit autour de 2000 tonnes de marchandises par an. Ovins, bovins, caprins et porcins y sont abattus. L’abattoir ne fait que de la prestation d’abattage : les éleveurs paient à la prestation puis récupèrent les carcasses. Elles peuvent être découpées sur place puis vendues en vente directe ou via la société Alazard et Roux, qui a conservé son activité de transformation et de commercialisation.
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La prochaine étape pour l’Agneau des bergers de Provence sera d’établir une liste des points de vente où retrouver ce fameux agneau, pour assurer sa mise en avant à Pâques. La marque a aussi la volonté de contractualiser avec les collectivités pour la restauration collective. Et Elodie Poracchia de conclure : « Cette marque, c’est une intention, celle de montrer que la filière ovine est dynamique dans les Bouches-du-Rhône. Nous espérons qu’elle nous apportera une plus-value à l’avenir. »