Eure-et-Loir : 153 agriculteurs volontaires pour lutter contre les incendies
Le 22 juin 2026 se tenait la journée annuelle de la cohorte des agriculteurs d’Eure-et-Loir. Depuis 2020, les volontaires appuient les sapeurs-pompiers dans leurs interventions. Retour sur les enseignements de cette journée perturbée par la canicule.
Le 22 juin 2026 se tenait la journée annuelle de la cohorte des agriculteurs d’Eure-et-Loir. Depuis 2020, les volontaires appuient les sapeurs-pompiers dans leurs interventions. Retour sur les enseignements de cette journée perturbée par la canicule.
« Sécuriser la population, les agriculteurs et leurs récoltes ». Tel est l’objectif de la cohorte d’agriculteurs mis en place en 2020 pour venir en aide au Service départemental d'incendie et de secours d'Eure-et-Loir (Sdis 28), rappelle Yohann Serreau, le président de la Chambre d’agriculture du département.
C’est sous un soleil de plomb que la traditionnelle journée annuelle de la cohorte s’est déroulée à Chuisnes, le lundi 22 juin 2026. Canicule oblige : le programme initialement prévu a été réduit à une prise de parole institutionnelle et à des discussions informelles entre agriculteurs et pompiers du Sdis, à l’abri d’un hangar agricole. L’occasion de faire le bilan des actions de la cohorte, alors que 14 départs de feux avaient déjà été recensés dans les trois jours précédents l’événement.
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Des mesures préventives à l’échelle du département
Au vu du risque d’incendies élevé, Hervé Jonathan le préfet appelle à la vigilance et à la responsabilité de chacun quant aux moissons : « C’est une démarche collective, si tout le monde joue le jeu, nous n’aurons pas besoin de prendre des arrêtés de restrictions. » La préfecture recommande d’ailleurs, depuis le 21 juin, aux agriculteurs et aux ETA de suspendre les moissons aux heures les plus chaudes, entre 13h et 18h. Les céréaliers du département sont également invités à renseigner leurs prévisions de date de moissons sur une application pour prévoir le risque incendie, en lien avec les conditions climatiques, et anticiper la mobilisation des services de secours.
« Cette étroite coopération permet d’intervenir rapidement et de valoriser tous les moyens à notre disposition. L’organisation s’améliore de plus en plus », se félicite le préfet. En 2026, 153 agriculteurs du département sont membres de la cohorte, ils étaient 88 en 2024. Parmi eux, une majorité s’est engagée à tenir à disposition un matériel de déchaumage attelé pour créer des pare-feu si un feu se déclenche. « C’est une action déterminante », assure le Colonel hors classe Bruno Huchet, directeur départemental des Services d’incendie et de secours d’Eure-et-Loir
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Un bilan positif pour le dispositif irrigation
Ils sont aussi plus de 80 céréaliers à mettre à disposition, depuis l’année dernière, des points de prélèvement sur leurs réseaux d'irrigation pour permettre aux secours de s’approvisionner directement en eau à partir des forages et bouches d’irrigation agricoles. Les pompiers utilisent un raccord pour remplir une cuve de reprise mobile qui alimente les camions. L’objectif de ce dispositif en partenariat avec l’Association des irrigants de l’Eure-et-Loir (AIEL) : gagner du temps lors des interventions et éviter d’utiliser l’eau potable des châteaux d’eau.
« Il y a eu un gros incendie industriel [ndlr : le 11 juin] des chips Belsia dans notre secteur. Grâce à la ressource en eau des agriculteurs aux alentours, ça a permis que le feu ne se propage pas au reste de l’exploitation et à la citerne à gaz qui était proche », explique Aymeric Souchet, céréalier inscrit dans la cohorte et président de l’AIEL, à Réussir.fr.
Le Sdis directement en contact avec les agriculteurs depuis 2026
Depuis cette année, la Chambre d’agriculture met à disposition un fichier recensant la localisation et les coordonnées des agriculteurs inscrits dans la cohorte. En cas de sinistre, les pompiers appelent directement les volontaires des alentours, alors qu’ils devaient auparavant passer par une astreinte de la chambre. « Cette nouveauté va réduire les délais d’intervention et nous rendre plus efficace », espère le Colonel hors classe Bruno Huchet.
Pour Yohann Serreau, il n’est pas trop tard pour s’inscrire : « Plus le maillage est important, plus le risque de sinistres diminue. Bien sûr, la solidarité est là, même sans la cohorte, mais se géolocaliser est primordial pour se coordonner et être efficace », conclut-il.
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