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Et si les microalgues et les champignons sauvaient la planète ?

Dans son livre intitulé « La révolte des microalgues et des champignons » paru chez Vérone Editions, Marie-Hélène Degrave, chercheuse en microbiologie et nutrition, explique le rôle essentiel de ces derniers pour la planète et pour l’Homme.

livre
© Vérone Editions

« Microalgues et champignons présentent d’incroyables potentialités encore méconnues, ignorées mais aussi des propriétés intrinsèques oubliées par manque de vision sur notre environnement et certes bafouées par arrogance », tel est le postulat de départ de cet ouvrage dans lequel Marie-Hélène Degrave s’applique à démontrer le rôle essentiel de ces organismes. A travers cet essai, elle explique que microalgues et champignons jouent un rôle extraordinaire par l’air qu’ils nous procurent, l’eau qu’ils nous épurent, la terre qu’ils entretiennent et la vie qu’ils nous offrent. Mais leurs fonctions ne s’arrêtent pas là puisqu’ils peuvent aussi nous nourrir et nous soigner.

Une ressource multiple

Notre planète a, depuis leur apparition, profité des bienfaits de ces organismes. L’auteur explique ainsi que les microalgues ont été les premiers organismes capables d’utiliser de l’eau dans la photosynthèse et de produire de l’oxygène. Elles sont ainsi devenues des acteurs majeurs de la production végétale sur la Terre. Il y aurait environ 9 000 espèces de macro algues et entre 100 000 et plusieurs millions de microalgues, une ressource extraordinaire ! Marie-Hélène Degrave passe en revue les propriétés et les utilisations de certaines d’entre elles, aujourd’hui mises au goût du jour comme la spiruline déjà exploitée par de nombreux peuples dans l’Antiquité puis par les Aztèques. Le rôle du champignon, qui n’est ni animal ni végétal comme le rappelle la chercheuse est tout aussi primordial puisqu’il est à la fois un formidable recycleur et un dépollueur : il est en effet le seul capable de réutiliser la lignine produite par les arbres et sans lui, la planète en serait submergée.

« Les champignons ont quelque peu disparu des logiques culturales dans l’esprit des agriculteurs et des botanistes »

La chercheuse constate toutefois que « les champignons ont quelque peu disparu des logiques culturales dans l’esprit des agriculteurs et des botanistes » et qu’ils ont été éliminés du sol, notamment à cause des intrants chimiques et des machines alors que ce sont eux qui ont permis la colonisation des plantes sur la planète. Elle se réjouit cependant : « Leur rôle est à nouveau mis à jour et redécouvert dans la stimulation de croissance des plantes, pour la protection des plantes, contre la sécheresse, contre certains pathogènes, pour la régénération des sols et le nourrissement des plantes ». Elle souligne par ailleurs l’importance du caractère nutritif de ces organismes : « Les microalgues peuvent contenir jusqu’à 60 % de protéines et sont donc une source complémentaire des protéines animales et surtout végétales puisqu’elles contiennent tous les aminoacides essentiels ». Pour ce qui des champignons, elle explique : « Une ration de 120 g de pieds de pleurotes par jour apporterait 7 g à 12 g de protéines et autant de fibres, soit 10 à 12 % des protéines et 25 % des fibres nécessaires quotidiennement ».

Utiles pour se soigner

L’auteur rappelle aussi le rôle thérapeutique de ces organismes. Ötzi, l’homme mort il y plus de 5 000 ans découvert dans la glace en 1991, transportait deux champignons : l’amadouvier pour allumer le feu et le polypore du bouleau pour se soigner. Les champignons font partie de la pharmacopée chinoise depuis des millénaires. Aujourd’hui, ils sont utilisés pour leurs capacités de cicatrisation, pour le traitement de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires, certains ont même des propriétés antitumorales. Les microalgues pourraient quant à elles venir au secours des abeilles car certaines sont très riches en oméga 3 et pourraient ainsi servir à compléter la nourriture des abeilles.

Pour Marie-Hélène Degrave, « Nous sommes inféodés à ces deux mondes que sont les microalgues et les champignons par la vie qu’ils nous offrent » et de conclure : « Les microalgues sont les neurones de nos océans, de nos lacs et de nos rivières, les champignons sont les neurones de la terre et des arbres, sachons réutiliser nos propres neurones, sachons les mettre en commun avec ceux des champignons et des microalgues afin de retrouver et d’évoluer vers une nouvelle intelligence naturelle ».

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