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Et si les JO 2024 achetaient des crédits carbone aux éleveurs !

Interbev, le Cniel et Inaporc ont présenté ce lundi 27 février au salon de l’agriculture leurs efforts pour répondre aux enjeux climatiques. Un défi de massification reste néanmoins à relever.

Marc Fesneau avec le Cniel, Interbev et Inaporc au salon de l'agriculture
© Interbev

Les filières d’élevage (Interbev, Cniel et Inaporc) ont présenté ce matin sur le ring des ovins au salon de l’agriculture l’état des lieux de leurs engagements pour répondre aux enjeux climatiques. « Ce n’est pas un sujet nouveau pour nous, l’outil CAP’2ER a été mis en place en 2013. Aujourd’hui 36% des éleveurs sont engagés dans la démarche. La filière laitière avait déjà réduit ses émissions de 20% en 2015. On a l’engagement de réduire de 20% encore entre 2015 et 2025. Ca avance mais pas assez vite », a déclaré Ghislain de Viron, président du collège producteurs du Cniel, devant le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau.

Ca avance mais pas assez vite

« Il nous reste encore deux tiers des éleveurs à emmener dans la démarche », a-t-il poursuivi. Pour ce faire, il compte sur des partenariats avec les conseillers en élevage notamment et évoque aussi le sujet de la commercialisation des crédits carbone. « On parle des Jeux olympiques. Et si pour leur neutralité carbone, les JO 2024 achetaient des crédits carbone aux éleveurs laitiers ! » a lancé Ghislain de Viron.

Interbev lance sa stratégie climat et biodiversité

Les engagements pour relever le défi climatique ne sont pas nouveaux non plus pour la filière viande. Depuis 2015 le programme européen vise à réduire de 15% l’empreinte carbone de l’élevage bovin allaitant d’ici à 2025, au travers du déploiement de l’outil CAP’2ER. Un programme remplacé par Life Carbon Farming en 2022. En 2023, Interbev lance sa stratégie Climat et biodiversité sous la dénomination Partenaire climat et une feuille de route « décarbonation » commune aux filières bovins lait et viande est lancée.

CAP’2ER déployé en ovins en 2023

« Les ovins nous ont rejoint dans la démarche », a rappelé Emmanuel Bernard, président de la section bovins d’Interbev, évoquant le programme Life Green Sheep lancé en octobre 2020. « Leur objectif est de réduire leurs émissions de 12% en dix ans », a-t-il souligné.

« CAP’2ER sera déployé sur l’élevage ovin en 2023, on fera un focus à l’occasion de Tech’Ovin », a complété Patrick Soury, président de la section ovine d’Interbev.
 

La filière porcine lance sa démarche de responsabilité sociétale

« La filière porcine rejoint, elle, le mouvement en se lançant dans l’élaboration d’une démarche volontaire de responsabilité sociétale à horizon 2035 », a annoncé François Valy, premier-vice président d’Inaporc. Les acteurs ont prévu de se fixer des objectifs à horizon 2035. « Les porcs sont naturellement très peu émetteurs de gaz à effet de serre. En France les porcs émettent 0,3% des émissions nationales de CO2 équivalent », commente François Valy ajoutant « c’est pas pour ça qu’il ne faut rien faire ». Inaporc souligne par ailleurs que 75% des protéines végétales consacrées à l’alimentation des porcs sont issues de coproduits impropres à la consommation humaine. « Le porc n'est pas en concurrence sur les protéines végétales, il transforme », poursuit-il avant d’affirmer que « le porc n’est plus un élevage hors-sol puisque les fermes françaises exerçant une activité d’élevage porcin s’étendent sur une moyenne de 102 hectares aujourd’hui avec des cultures fertilisées par le lisier ».

On a un sujet de massification

Ces efforts et engagements ont été salués par Marc Fesneau. « On a un sujet de massification, cela ne doit pas être une affaire de pionnier, on a besoin de tout le monde », a-t-il toutefois souligné.

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