Engraissement de génisses charolaises : méteil et sorgho monocoupe font la paire
Des rations à base d’ensilage de sorgho monocoupe et d’enrubannage de méteil riche en protéines fonctionnent bien pour engraisser des génisses charolaises de 30 mois. C’est ce qu’a montré un essai conduit à la ferme expérimentale Ferm’Inov en Saône-et-Loire.
Des rations à base d’ensilage de sorgho monocoupe et d’enrubannage de méteil riche en protéines fonctionnent bien pour engraisser des génisses charolaises de 30 mois. C’est ce qu’a montré un essai conduit à la ferme expérimentale Ferm’Inov en Saône-et-Loire.
« Les protéines du méteil et l’énergie du sorgho forment un duo très complémentaire pour construire une ration d’engraissement », présente Louise Ribeiro, chargée de projets recherche et développement à Ferm’Inov, ferme expérimentale à Jalogny, en Saône-et-Loire. « Cultivés sur une même parcelle l’un à la suite de l’autre dans l’année, ces deux fourrages nécessitent moins de surface qu’une ration méteil et orge. Une économie sur le coût alimentaire a aussi été mesurée, même quand un apport de tourteau de colza en petite quantité est nécessaire pour équilibrer la ration. »
Ces résultats ont été mesurés pendant deux ans sur deux lots de dix génisses charolaises achetées autour de l’âge de 20 mois et engraissées. Elles étaient finies entre 28 et 33 mois, donnant des carcasses de 340 à 400 kg. Le méteil était composé de 60 kg/ha de céréales, 50 kg/ha de féverole, 10 kg/ha de vesce velue, 50 kg/ha de pois fourrager et 5 kg/ha de trèfles. Il était distribué sous forme d’ensilage en début d’engraissement, puis sous forme d’enrubannage.
Lire aussi : Fourrages : pourquoi incorporer un sorgho monocoupe dans la ration des bovins ?
La qualité du sorgho était contrastée selon les années. En 2023, il faisait 26-27 % MS, a donné un rendement de 12,5 tMS/ha et sa valeur alimentaire s’est établie à 0,97 UF/kgMS. Par contre en 2024, les résultats ont été nettement moins bons (20 % MS, 8,1 tMS/ha et 0,9 UF/kg MS) à cause des conditions climatiques très humides, défavorables à la maturité du sorgho et aux conditions de récolte du méteil.
Sensibilité du sorgho et du méteil au climat
Les niveaux de consommation journaliers ont été identiques avec les deux régimes, à 10,8 kg de MS par tête et par jour sur la phase expérimentale. « Durant la phase de croisière, l’objectif de croissance était de l’ordre de 1 100 g par jour. Cet objectif a été globalement atteint sur l’essai, mais avec une variabilité notable des performances zootechniques selon la qualité des fourrages récoltés », relève Louise Ribeiro. Le lot en ration sorgho et méteil a réalisé 1 350 g par jour de moyenne la première année, et 973 g par jour la seconde. La qualité des carcasses et des viandes obtenues à l’abattage correspondait aux attentes de la filière.
Lire aussi : « Le sorgho complète le maïs irrigué et l’ensilage d’herbe »
Moins de surface nécessaire pour produire la ration
Le bilan économique se révèle cependant nettement en faveur du régime sorgho et méteil. « Sur l’essai, les besoins en orge sont réduits de 60 % par rapport au régime méteil et orge », calcule Louise Ribeiro. Un apport de tourteau de colza est nécessaire pour équilibrer la ration (de 0,5 à 1 kg par jour selon la valeur du fourrage), mais le coût du gain de croît ressort plus économique. Il s’est établi en 2023-2024 à 1,40 €/kg gain de PV pour le régime méteil sorgho contre 2 €/kg gain de PV pour le régime méteil sorgho. En 2024-2025, il était de 1,86 €/kg gain de PV contre 2,27.
Cette ration nécessite 25 % de surfaces de moins que la ration orge et méteil. « En moyenne sur les deux années d’essai, pour engraisser 10 génisses de 30 mois, il a fallu 2,8 hectares sur lesquels se sont succédé le méteil et le sorgho dans l’année quand pour le régime méteil et orge, 3,5 hectares ont été cultivés. »
Bien choisir sa variété de sorgho monocoupe
Depuis 2020, Ferm’Inov teste chaque année dix variétés de sorgho monocoupe en bandes d’essais en comparaison au maïs ensilage. « Il est important de choisir des variétés précoces et bien adaptées aux conditions locales de Saône-et-Loire, ce qui permet d’obtenir un taux de maturité suffisant pour une récolte avant octobre », résume Louise Ribeiro. Sur ces années avec quatre contextes climatiques très différents, le rendement moyen s’établit à près de 10 tonnes de MS par hectare après une première récolte de méteil fourrage. Le coût des semences de sorgho représente environ 130 euros par hectare. Ce fourrage, contrairement au maïs, ne subit pas de dégâts des sangliers, mais les ragondins ont fait leur apparition sur quelques pieds en 2025. Il faut surveiller le risque de verse pour les variétés qui ont des panicules fertiles qui deviennent lourdes en fin de cycle.