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Guerre au Moyen-Orient
Engrais : l’Union européenne très peu exposée directement à la fermeture du détroit d’Ormuz mais touchée par la hausse des prix

Une étude de l’université du Dakota du Nord publiée courant mars par AgEcon Search fait le point sur les conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz sur l’acheminement des engrais auprès des grandes puissances agricoles. 

tracteur épandant de l'engrais dans un champ
L'étude américaine montre que l'Union européenne est très peu impactée par la fermeture du détroit d'Ormuz.
© J.C. Gutner

Avec Agra Presse

L’étude réalisée par des universitaires du Dakota du Nord publiée par AgEcon Search courant mars montre qu’une grande partie des engrais commercialisés à l’échelle mondiale et des produits servant à les fabriquer sont désormais physiquement bloqués à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz. L’étude universitaire souligne que la région du Golfe persique représente environ 43 % des exportations d’urée par voie maritime, 44 % du soufre transporté par la mer, un quart de l’ammoniac et d’importants volumes de phosphate transitant via l’Arabie saoudite. 

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : les agriculteurs victimes collatérales du conflit

L’Union européenne moins exposée que les grands pays agricoles

Selon l’étude, L’Union européenne est moins exposée que les autres grands pays agricoles étudiés. Les calculs réalisés par les auteurs montrent qu’entre 0 et 5 % de la consommation européenne de chacune des quatre principales matières fertilisantes transite par le détroit d'Ormuz : 0 % pour les phosphates (DAP/MAP), 2,3 % pour l'urée, 5,1 % pour l'ammoniac, et 0 % pour la potasse. Cela n'empêche toutefois pas l'Europe d'être exposée à une augmentation des prix, ou à des pressions sur l’approvisionnement en engrais.

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient et flambée du GNR et des engrais : que propose le gouvernement français aux agriculteurs ?

L'Inde dépend à 80 % du détroit d'Ormuz pour l'importation d'ammoniac

Les universitaires rappellent qu'à l'inverse plusieurs pays sont très dépendants comme l’Indonésie qui importe 60 % du soufre du Moyen-Orient, la Chine en importe elle 46 %. Autres chiffres avancées : 72,3 % de l'urée consommée par l'Australie transite par le détroit d'Ormuz, ce chiffre s’élève à 44,8 % pour le Brésil et 17 % pour les Etats-Unis. Quant à l'Inde, elle dépend à 80 % du détroit d'Ormuz pour l'importation d'ammoniac. Le Brésil importe pour sa part 80 % de ses engrais, notamment l'azote et les phosphates. A cause de la fermeture du détroit d’Ormuz, le pays pourrait devoir renforcer son approvisionnement depuis le Maroc, grand fournisseur de potasse de la France.

Lire aussi : Prix des engrais et MACF : l’idée d’un report s’éloigne à Bruxelles

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