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Elisabeth Borne annonce une nouvelle stratégie nationale pour les phytos

En visite au salon de l’agriculture ce 27 février la Première ministre a annoncé la mise en place d’ici l’été d'un nouveau plan Eco-phyto 2030.

Elisabeth Borne avec Marc Fesneau le 27 février au salon de l'Agriculture.
Elisabeth Borne avec Marc Fesneau le 27 février au salon de l'Agriculture.
© Nathalie Marchand

En visite ce 27 février au salon de l’agriculture, Elisabeth Borne a annoncé le lancement d’ici l’été d’une nouvelle stratégie nationale sur les produits phytopharmaceutiques et la protection des cultures, lors d’une table ronde avec les représentants professionnels agricoles sur la protection des cultures au pavillon 4.

Présenté par Marc Fesneau, Christophe Bechu et Sylvie Retailleau, ce « nouveau plan Eco-phyto 2030 » sera construit avec tous les acteurs impliqués, au premier rang desquels les agriculteurs, a-t-elle promis.

 

Des moyens augmentés

Ses moyens seront augmentés par rapport au précédent plan Eco-phyto en mobilisant une enveloppe de France 2030, dont le montant n’a pas été précisé.

Ce plan doit « répondre aux inquiétudes suscitées par les décisions récentes portant sur les néonicotinoïdes et le S-métolachlore » et permettre « un changement de méthode », selon les propos du cabinet de la Première ministre en amont de sa visite au Salon.

 

250 substances passées à la loupe

Dans les prochains mois, le gouvernement veut identifier, parmi les 250 substances qui doivent faire l'objet d'un réexamen d'ici 5 à 6 ans, celles qui nécessitent un effort de recherche d'alternative supplémentaire. Il s'agit de produits susceptibles d'être retoqués par l'Anses ou de ne pas faire l'objet de demande de renouvellement, et pour lesquelles il n'existe pas encore d'alternative bon marché.

Pour ces pesticides, un renforcement des moyens alloués à la recherche d'alternative devrait être annoncé, dans les mois qui viennent. D’ici l’été, la Première ministre a demandé que chaque institut technique et chaque fabricant de produit phytosanitaire prenne « des engagements clairs sur leur programme de travail des prochaines années ».

Nous devons mettre au point des alternatives, chimiques et non-chimiques

« Nous devons mettre au point des alternatives, chimiques et non-chimiques, crédibles et efficaces. J’insiste sur ce point, car nous ne pouvons plus être uniquement dans la simple substitution d’une solution chimique par une autre », a insisté Elisabeth Borne.

La première ministre a aussi demandé à ce que ce plan de recherche et d’innovation renforce les moyens pour l’agriculture biologique.

Personne ici ne veut répéter les erreurs du chlordécone

« Nous devons agir de manière efficace, parce que dans un contexte de forte concurrence et de crises successives nous devons vous accompagner, vous soutenir, vous permettre de mener au mieux votre activité. La performance économique n’est pas un gros mot », a déclaré Elisabeth Borne lors de la Table-ronde. Ajoutant toutefois que le « second impératif » est « la responsabilité en matière de santé publique et de préservation de l’environnement ». « On ne transige pas avec la santé publique, personne ici ne veut répéter les erreurs du chlordécone », a-t-elle ajouté.
 

Respect du cadre européen sauf exception

A propos du droit européen et de sa transposition en droit français, « en matière de produits phytosanitaires, nous respecterons désormais le cadre européen, et rien que le cadre européen. Nous ne créerons aucune distorsion de réglementation pour nos producteurs, sauf en cas de force majeure, quand la santé publique est menacée » a aussi assuré la Première ministre, précisant que le gouvernement travaillait sur les problèmes subsistant dans le processus d’autorisation de mise sur le marché (mauvaise synchronisation entre les calendriers français et européen de réexamen des substances notamment). Et d’affirmer que la France continuera à demander la création d’une mesure miroir dans le règlement Sur et plus de réactivité de la Commission pour éviter la concurrence déloyale de la part de produits venus d’autres pays.

Le mur est haut mais des solutions arrivent

« On peut se dire que le mur est haut mais des solutions arrivent », a déclaré Philippe Mauguin, PDG d’Inrae, en début de table-ronde rappelant les programmes de recherche récemment financés sur les phytosanitaires.

Gilles Robillard, président de Terre Inovia, a pour sa part réclamé un « décloisonnement des réglementations ». « L’une des alternatives au phosmet, le colza robuste (qui nécessite un apport d’azote à l’automne) s’est heurté à la directive nitrates », a-t-il regretté. « Sur certaines parcelles, j’ai plus de dix réglementations qui se cumulent », a renchéri Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture de France, estimant que la planification écologique devait « intégrer la capacité à financer la charge mentale et la capacité intellectuelle à la mettre en œuvre ».

« Sortir un peu du chimique nous y sommes tous prêts mais de grâce un peu moins de chimie mais un peu de chimie quand même, à moins que des solutions génétiques arrivent sur la table », a pour sa part déclaré Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales. Venu avec un pain de seigle, il a lancé : « dans deux ans nous ne pourrons plus en manger », et évoque l’interdiction de molécules contre l’ergot de seigle. Eric Thirouin, président de Céréaliers de France, demande pour sa part de revoir la compétence exclusive de l’Anses sur l’évaluation des phytosanitaires.

 

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