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Elevage des génisses : « Nous préparons un mash fibreux pour nos veaux tous les trois jours », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec Saint-Epvre en Meurthe-et-Moselle, les génisses reçoivent un mash fibreux complet du sevrage à huit mois. Les éleveurs gagnent du temps, une heure par semaine suffit pour l'alimentation des veaux, et ces derniers grandissent bien.

<em class="placeholder">Samuel Peultier, éleveur</em>
Samuel Peultier, associé dans le Gaec Saint-Epvre. « Quand nous passons dans le bâtiment, nous n'entendons plus de veaux qui beuglent. »
© A. Legendre

« Avec le mash fibreux, nous voulions simplifier au maximum le travail quotidien », explique Samuel Peultier, associé du Gaec Saint-Epvre en Meurthe-et-Moselle. Cela fait un peu plus d’un an que les éleveurs ont adopté cette pratique qui consiste à préparer un aliment complet à distribuer en une fois aux petites génisses, du sevrage à huit mois.

Fiche élevage

3 associés et 2 salariés

500 ha, 300 de cultures et 200 d’herbe

1,5 million de litres de lait livré

120 vaches laitières à 11 800 L

Âge au premier vêlage : 24 mois

« Nous ne reviendrions pas en arrière, confie Samuel Peultier. Avant, nous distribuions le foin grâce à une dérouleuse, puis, nous passions avec des seaux. Deux fois par jour, pour les seaux de wheat feed et de tourteau de colza, afin que les veaux ne mangent pas tout le concentré d’un coup. Une fois par jour, pour le minéral. Mine de rien, cela faisait beaucoup de seaux à porter sur la semaine. Et c’était une astreinte », explique l’éleveur.

Aujourd’hui, le mash est préparé et distribué tous les trois jours grâce à une mélangeuse automotrice. Et un robot se charge de repousser le fourrage. « Préparer le mash nous prend seulement une heure par semaine, deux fois trente minutes : nous gagnons du temps ».

Limiter le taux d’amidon à 20 %

Le mélange est composé de 37 % de foin de luzerne, 22 % de maïs grain, 22 % de wheat feed, 9 % de correcteur azoté, 9 % d’aliment liquide et 1 % de minéral. « Cela représente 15,5 % de MAT, 0,96 UF, 108 g de PDI, 17,1 % de cellulose brute et 23 % d’amidon, indique Jérôme Larcelet, consultant en nutrition chez Seenorest. Ce sont les valeurs à cibler lorsque l’on réfléchit un mash fibreux, sauf pour l’amidon qui est un peu élevé. Il vaut mieux le limiter à 20 %, et préférer de l’amidon lent, plutôt du maïs que du blé ou de l’orge. Limiter ces céréales entre 10 et 15 % du mélange permet d’éviter l’acidose. Toutefois, chacun fait avec ce dont il dispose, sur sa ferme ou dans sa région ». Car un des intérêts du mash fibreux est de limiter les coûts en utilisant des matières premières et des coproduits, au lieu d’acheter des aliments formulés premier et deuxième âge.

<em class="placeholder">génisses laitières aux cornadis</em>
« Nous n’avons pas pesé les veaux, mais ils grandissent bien, ils ont un beau poil, ils sont forme », relate Samuel Peultier © A. Legendre

« Nous n’avons pas vu d’économie dans notre situation, tempère Samuel Peultier, car nous fonctionnions déjà avec des matières premières et coproduits. Nous dépensons un peu plus en charges de mécanisation. Toutefois, nous nous y retrouvons en temps gagné, et je suis sûr qu’en performance aussi. Nous n’avons pas pesé les veaux, mais à l’œil on voit bien qu’ils sont plus beaux et en forme ».

Avec le mash fibreux, le mélange distribué est homogène, avec pour objectif une meilleure valorisation de l’aliment et un meilleur équilibre ruminal. « Les veaux ont toujours la même chose à manger, ils peuvent moins trier, estime l’éleveur. D’ailleurs, quand on passe dans le bâtiment, on n’entend plus de veaux qui beuglent ». Pour Jérôme Larcelet, ce critère est un bon indicateur de la réussite du mash : « Si un éleveur entend encore les veaux beugler avec du mash fibreux, c’est qu’ils arrivent à trier et qu’il faut revoir la façon de faire le mélange, retravailler la découpe de la fibre ou ajouter de l’aliment liquide ».

<em class="placeholder">plateforme aliment liquide et minéral</em>
L’aliment liquide et le minéral sont stockés en hauteur, sur une plateforme depuis laquelle l’éleveur peut les verser directement dans le bol de l’automotrice. © A. Legendre

En effet, l’aliment liquide, ou mélasse, assure la bonne homogénéité du mélange, surtout si certains composants sont sous forme de poudre. « L’aliment liquide améliore également l’appétence du mash, car les veaux n’aiment pas le côté poussiéreux », ajoute Jérôme Larcelet.

Un maximum de 3 à 4 cm pour la fibre

Tous les ingrédients du mash sont stockés de manière à optimiser la préparation. Les concentrés sont dans des cellules proches du bâtiment, l’aliment liquide et le minéral sont en hauteur, sur une plateforme depuis laquelle l’éleveur peut les verser directement dans le bol de l’automotrice. Enfin, la fibre est stockée découpée.

Côté éco

Au Gaec Saint-Epvre, en comptant les charges de mécanisation et de main-d’œuvre pour découper la fibre, le mash revient à 204 €/tonne brute soit 1,12 €/veau/jour sur la base de 5,5 kg/veau/jour.

La taille de la fibre est en effet un point primordial dans la conception d’un mash fermier, avec un objectif de 3 à 4 cm maximum, pour améliorer l’ingestion et limiter le tri. « Nous réalisons des tronçons de 36 mm, je pense qu’il ne faudrait pas aller au-delà, précise l’éleveur. Même avec de la fibre de cette taille, les veaux arrivent à trier un peu ».

<em class="placeholder">foin de luzerne découpé en tronçon de 4 cm </em>
La fibre est découpée en tronçons de 3 à 4 cm, pour améliorer l’ingestion et limiter le tri. © A. Legendre

Les associés utilisent un broyeur défibreur Teagle Tomahawk 505 FSM porté, acheté en Cuma, pour découper le foin de luzerne. « Nous en broyons environ tous les trois mois : cela nous prend une matinée au rythme de 10 tonnes par heure. C’est une machine bon marché et le résultat est assez satisfaisant. Il y a toutefois un bémol : elle produit beaucoup de poussière », confie Samuel Peultier.

Outre ce broyeur porté, il est possible de faire appel à un entrepreneur muni d’une ensileuse pour découper la fibre. « Il vaut mieux le faire au champ, car cela génère également de la poussière », tempère Samuel Peultier. Certains éleveurs comptent sur les couteaux de leur mélangeuse. « Toutefois, ils n’arrivent pas à obtenir beaucoup mieux que des tronçons de 8 à 10 cm, explique Jérôme Larcelet. Cela peut être un début, mais ce n’est pas suffisant pour éviter les phénomènes de tri. Sans compter que cela prend du temps et abîme les couteaux. »

<em class="placeholder">Teagle tomahawk</em>
Le broyeur à paille acheté en Cuma est bon marché, mais il génère beaucoup de poussière. © A. Legendre

Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Seenorest

« Il est possible de préparer le mash pour trois semaines »

 
<em class="placeholder">Jérôme Larcelet de Seenorest</em>
© A. Legendre

« Au Gaec Saint-Epvre, les associés préfèrent préparer le mash fibreux tous les trois jours, au moment de le distribuer. Toutefois, d’autres éleveurs préparent puis stockent le mash pour trois semaines. Il faut compter environ une matinée pour préparer trois semaines de mélange. Pour la fibre, le foin de luzerne est un très bon choix car il apporte de la protéine, qui permet de limiter les apports de correcteurs azotés, et des brins efficaces pour la rumination. Toutefois, il est également possible de travailler avec de la paille ou du foin de prairie naturelle. »

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