Élevage bovins viande : Trois leviers pour bien valoriser les fourrages à l’auge
À l’auge, trois points sont à vérifier pour valoriser au mieux les fourrages : garantir la disponibilité de la ration, assurer un accès suffisant à l’auge et limiter les phénomènes de tri.
À l’auge, trois points sont à vérifier pour valoriser au mieux les fourrages : garantir la disponibilité de la ration, assurer un accès suffisant à l’auge et limiter les phénomènes de tri.
Une alimentation toujours disponible
« L’objectif, c’est que l’alimentation soit disponible 24h/24 », plante Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Virtuoz. Dans l’idéal, il s’agirait de distribuer la ration plusieurs fois par jour et au moins deux fois, le soir et le matin. Si l’organisation impose une seule distribution par jour, « il vaudra mieux distribuer large, afin de limiter le phénomène de tri, conseille Julie Peyrat, conseillère indépendante en élevage. Les animaux n’auront pas accès à toute la ration d’un coup et ce qui sera repoussé dans la journée sera plus homogène. »
Dans ce cas de figure, « la distribution de fin de journée semble la plus indiquée, car l’alimentation sera disponible la nuit, et pourra ensuite être repoussée dans la journée », estime Jérôme Larcelet. Les robots repousse-fourrages peuvent s’avérer utiles pour assurer la bonne disponibilité de la ration.
Limiter les phénomènes de tri
« Le tri peut entraîner un déséquilibre ruminal et de la compétition entre les animaux », explique Jérôme Larcelet. Pour limiter ce phénomène, il est possible de recourir à une ration mélangée, avec des fibres coupées courtes, et éventuellement un liant. « Les fibres courtes améliorent l’ingestion et plus les vaches ingèrent de fourrages, moins on aura besoin de concentrés », estime le consultant. « Attention toutefois à ne pas trop broyer et préférer des fibres à taille de bouche, afin que les animaux puissent mastiquer, fabriquer de la salive, avec du bicarbonate, qui stabilise le pH du rumen », indique Julie Peyrat. Si les fourrages sont distribués avec une dérouleuse, avec ajout des concentrés par-dessus, « on peut imaginer faire d’abord un repas de foin, pour avoir un tapis ruminal, puis de distribuer les concentrés, précise la conseillère. Pour limiter le tri, on peut aussi bloquer tous les animaux au cornadis 10 à 15 minutes par jour. »
Prévoir assez de places à l’auge
« Il faut autant de places à l’auge que d’animaux », rappelle Stéphane Lauzet, conseiller indépendant en élevage. Ainsi, les bovins peuvent aller manger quand bon leur semble, et cela limite les phénomènes de compétition et de tri. « En atelier d’engraissement, on prévoira plus de 60 cm par animal à l’auge. On peut regarder aussi le cou des bovins. S’il y a des traces de zones dépilées ou de blessures, c’est que l’alimentation est trop loin, ou que la barre au garrot est mal réglée », précise Bruno Martin, ingénieur support technique chez Lallemand. « Le confort peut expliquer jusqu’à 25 % des performances d’un animal », renchérit Jérôme Larcelet.
Mieux vaut distribuer une partie du sel
« La gestion du sel n’est pas toujours facile et pourtant il entre en jeu dans beaucoup d’équilibres chez les bovins », estiment Sarah Besombes et Arnaud Godard, techniciens-conseils chez Alsoni. Alors, en plus des pierres de sel, ils conseillent d’en distribuer une partie à l’auge, avec les concentrés : « Il n’y a souvent pas assez de pierres de sel, et les animaux sont en concurrence pour y accéder. »