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Elections européennes : comment le RN entend défendre « l’exception agriculturelle française »

Gilles Pennelle, directeur du Rassemblement national et n°15 sur la liste de Jordan Bardella pour les élections européennes, explique le volet agricole de son programme, lors d’une conférence organisée par le groupe Réussir, le Cevipof et le CAF à Paris.

Gilles Pennelle, 15e sur la liste du Rassemblement national aux Elections européennes, menée par Jordan Bardella.
Gilles Pennelle, 15e sur la liste du Rassemblement national aux Elections européennes, menée par Jordan Bardella.
© Gabriel Omnès

Dans son programme pour les élections européennes, la liste du Rassemblement national conduite par Jordan Bardella parle de défendre l’exception agriculturelle française. « L’agriculture française connaît des heures difficiles, il faut changer les règles à Bruxelles. L’agriculture doit devenir une priorité pour la France et l’Union européenne. Il faut changer de logiciel abimé par les écologistes qui font énormément de mal. Aujourd’hui l’Union européenne ne protège plus l’agriculture française », a déclaré Gilles Pennelle, président du groupe RN au Conseil régional de Bretagne, DG du parti, et candidat en 15e position sur la liste pour les Européennes, le 28 mai lors du grand oral des candidats organisé par le groupe Réussir, le Cevipof et le Caf à Paris.

« On veut défendre en priorité notre agriculture. Aujourd’hui je reproche au ministre de l’agriculture français de ne pas défendre les intérêts de la France », poursuit Gilles Pennelle. Interrogé par Olivier de Bohan, vice-président de la Coopération agricole et président de Cristal Union, sur le vote des députés européens RN contre les mesures de sauvegarde notamment sur le sucre face aux importations ukrainiennes, il se défend en expliquant que des votes se font de manière groupée au Parlement européen.

Lire aussi : Elections européennes : pour qui les agriculteurs vont-ils voter ?

« L’agriculture française ne doit pas être sacrifiée pour des voitures allemandes »

Concernant les accords de libre-échange, le RN se dit opposé aux traités tels qu’ils ont signés aujourd’hui. « Nous ne voulons que des accords signés avec des pays qui respectent nos règles et où l’agriculture française ne doit pas être sacrifiée pour des voitures allemandes », commente le candidat. Si le président du groupe RN au Conseil régional de Bretagne affirme être « contre ces traités de libre-échange déloyaux », il se dit « pour que l’agriculture exporte ». « En Bretagne des milliers d’agriculteurs vivent de l’exportation », rappelle-t-il.

Lire aussi : Elections européennes : « Il faut un cadre dédié à l’agriculture dans les accords commerciaux », défend Jérémy Decerle de Renaissance

Pour une PAC renationalisée

Le RN propose dans son programme de nationaliser et simplifier les modalités d’attribution d’aides de la PAC. « On a voté la nouvelle PAC, et on nous l’a reproché. Mais notre collègue Gilles Lebreton nous a dit cette PAC était renationalisée en partie c’est pour ça qu’on l’a votée », affirme Gilles Pennelle. 

On veut un modèle où les prix vont remplacer les primes

« On veut un modèle où les prix vont remplacer les primes… Nos agriculteurs doivent vivre de leur travail, de leurs prix, on pourra orienter les aides agricoles de la PAC vers la modernisation, l’agrandissement, on croit beaucoup à la technologie », explique le candidat, ajoutant « je voudrais que les agriculteurs passent plus de temps sur leur tracteur que devant leur ordinateur ». Tout en se disant attaché au modèle d’agriculture familial, le RN défend l’idée d’agrandissement des exploitations. « A Fougères où j’habite, pour vivre du lait il faut augmenter le cheptel, aujourd’hui avec 70 têtes ce n’est pas suffisant […] Quand j’entends la Cour des comptes qui dit qu’il faut baisser le cheptel c’est une hérésie », justifie Gilles Pennelle.

Il faut arrêter l’écoconditionnalité

Le RN se dit aussi opposé au Green Deal, qu’il qualifie de « modèle de décroissance ». « On n’en a assez de l’écologie punitive, ras-le-bol qu’on impose des normes à nos agriculteurs qu’on n’impose pas à nos concurrents. Il faut arrêter l’écoconditionnalité », déclare le candidat.

« Nos agriculteurs ont fait des efforts considérables et aujourd’hui ne sont pas récompensés. Ce sont des minorités qui les harcèlent. Nous sommes aussi pour punir sévèrement ceux qui font des intrusions dans les élevages et arrêter de subventionner ces associations », poursuit-il.

Lire aussi : Européennes : Céline Imart, n°2 de LR, appelle les agriculteurs à « regarder ce qui a été voté »

Pour un emploi saisonnier plus français

L’exception agriculturelle française passe aussi par moins de main d’œuvre étrangère en agriculture pour le RN. « On est pour augmenter le revenu des agriculteurs pour qu’ils puissent mieux payer leurs salariés et fassent ainsi rentrer les jeunes et les Français dans les exploitations », déclare Gilles Pennelle. « On peut faire venir de la MO étrangère mais ça ne veut pas dire qu’elle doit s’installer ! ».
 

Pas de prix plancher mais des contrôles plus forts sur la grande distribution

Interrogé sur l’idée de prix planchers avancée par Emmanuel Macron, le candidat indique que le RN s’y oppose : « on ne veut pas soviétiser l’agriculture ». En revanche il se dit favorable à Egalim, avec toutefois des contrôles devant être renforcés auprès de la grande distribution. « On veut un Egalim européen avec un Egalim français, on veut être beaucoup plus durs avec la grande distribution », ajoute Gilles Pennelle.

15e sur la liste de Jordan Bardella, Gilles Pennelle se voit déjà élu au Parlement européen au sein d’un grand groupe, qui pourrait selon lui tout à fait présider la commission agricole.

Revoir la conférence L’agriculture dans la campagne des Européennes

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