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Désherbage : « Le glyphosate est important pour l’agriculture en Europe et on se bat pour qu’il reste dans la boîte à outils des agriculteurs »

Président de Bayer France, Yves Picquet répond à nos questions sur l’avenir du glyphosate dont sa société est la principale productrice : pour les États-Unis où les innombrables procès mettent l’herbicide sur la sellette ; et pour Europe…

<em class="placeholder">Yves Picquet, Bayer</em>
Yves Picquet, président de Bayer France"Si la décision était prise d’arrêter la vente de nos produits à base de glyphosate aux États-Unis, cela pourrait contribuer à prévenir de nouvelles poursuites judiciaires contre notre entreprise liées à cet herbicide."
© Bayer

Réussir Grandes Cultures : Bill Anderson, P.-D. G. de Bayer, a déclaré que votre société pourrait arrêter de produire le glyphosate. Comment interpréter cette position ?

Yves Picquet : Aucune décision n’a été prise par Bayer en ce qui concerne l’arrêt de la vente de glyphosate aux États-Unis (et dans d’autres pays). Notre P.-D. G. a déclaré que nous pourrions être contraints de retirer le glyphosate du marché si nous ne constatons pas de changement aux États-Unis, en corrélation avec les litiges qui coûtent des milliards d’euros à notre société. En avril 2025 à l’occasion d’une présentation des résultats aux actionnaires, notre P.-D. G. a déclaré précisément que « nous approchons d’un point où le niveau des litiges pourrait nous forcer à arrêter de vendre ce produit. Ce n’est pas quelque chose que nous voulons faire, mais nous devons être préparés à tous les résultats. »

Comment votre société compte se sortir de cette situation ?

Y. P. : Nous avons une stratégie à plusieurs volets auprès des instances américaines pour limiter significativement les litiges et leur portée d’ici fin 2026. Nous attendons une décision de la Cour Suprême des États-Unis qui pèsera beaucoup sur nos futures orientations, de même que nous suivons l’évolution de la législation au niveau des États et au niveau fédéral réaffirmant l’autorité de l’EPA (ndlr, l’équivalent de l’Anses en France) aux États-Unis, qui pourrait permettre de limiter la portée des litiges. Enfin, nous envisageons des accords à l’amiable, s’ils sont dans l’intérêt de l’entreprise. Mais si la décision était néanmoins prise d’arrêter la vente de nos produits à base de glyphosate aux États-Unis, cela pourrait contribuer à prévenir de nouvelles poursuites judiciaires contre notre entreprise liées à cet herbicide.

Les problèmes connus aux États-Unis vont-ils avoir un impact sur vos ventes de glyphosate en Europe ?

Y. P. : Les déclarations de Bill Anderson ne concernent que les États-Unis : en Europe, nous continuons à commercialiser nos produits à base de glyphosate comme d’autres sociétés en France. Le glyphosate représente une petite part de notre chiffre d’affaires. Mais cet herbicide est important pour l’agriculture en Europe et on se bat pour qu’il reste dans la boîte à outils des agriculteurs, au profit d’une production agricole qui vise à nourrir les gens à des prix abordables.

Que pensez-vous d’études récentes comme celle de Ramazzini mettant en cause l’innocuité de la molécule ?

Y. P. : En ce qui concerne l’étude de l’institut Ramazzini, les conclusions sont très discutables sur les effets du glyphosate sur les rats et l’apparition de tumeurs. La Commission européenne a mandaté ses agences spécialisées (EFSA, ECHA) pour expertiser cette étude. Les autorités des Pays-Bas ont déjà indiqué que l’étude ne permet pas de tirer les conclusions avancées par l’institut Ramazzini. Depuis des décennies, les principales autorités sanitaires du monde entier s’accordent à dire que le glyphosate peut être utilisé en toute sécurité. En Europe, le dossier scientifique présenté pour le renouvellement de l’autorisation était le plus complet jamais soumis avec plus de 180 000 pages.

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