Dermatose nodulaire contagieuse bovine : « Le non-respect du protocole national visant l’éradication de la DNC doit être sanctionné »
L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) estime que la gestion française de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été globalement réactive et efficace. Face à plusieurs vulnérabilités, son rapport formule toutefois plusieurs recommandations dont la sanction du non-respect du protocole visant à l’éradication de la maladie dont la nécessité fait consensus en Europe.
L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) estime que la gestion française de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été globalement réactive et efficace. Face à plusieurs vulnérabilités, son rapport formule toutefois plusieurs recommandations dont la sanction du non-respect du protocole visant à l’éradication de la maladie dont la nécessité fait consensus en Europe.
« Les autorités françaises doivent s’assurer que le protocole national visant l’éradication de la DNC soit respecté par tous. Son non-respect doit être sanctionné, de même que les menaces et les intimidations intolérables subies par les vétérinaires », peut-on lire dans les conclusions du rapport adopté ce 29 janvier par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur les apports de la science pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse. Une « éradication qui fait consensus au niveau européen », selon l’office parlementaire.
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Les effets délétères liés au non-respect du protocole démontrés
Dans l’état actuel des connaissances scientifiques sur la DNC et des techniques de détection du virus, « l’éradication de la maladie passe par le respect des quatre piliers du protocole national : la surveillance pour la détection précoce de la maladie, l’abattage total des bovins de l’unité épidémiologique infectée, l’interdiction des mouvements de bovins dans une zone réglementée de 50 kilomètres et la vaccination obligatoire dans ladite zone », rappellent les auteurs du rapport (le député Gérard Leseul et la sénatrice Sonia de la Provôté) à l’issue de l’audition publique du 15 janvier dernier ayant réuni plusieurs experts du sujet de la dermatose nodulaire contagieuse bovine.
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L’audition publique a montré « les effets délétères liés au non-respect de ce protocole », retiennent les auteurs du rapport selon qui « la responsabilité d’un ou plusieurs mouvements illégaux de bovins dans l’expansion de la DNC en Occitanie ne fait pas de doute ». Et de citer Kristel Gache, directrice de GDS France, qui a rappelé qu’au sein du dernier foyer de DNC recensé dans la région d’Alt Emporda en Catalogne (dans une exploitation extensive de 106 bovins) seule une partie du troupeau avait été vaccinée en octobre 2025, quatre animaux non vaccinés ayant été confirmés positifs par test PCR à la souche sauvage du virus.
Quelles recommandations face aux vulnérabilités de la gestion française ?
S’il souligne « la réactivité et l’efficacité globale de la gestion française » de la maladie, le rapport de l’Opecst rappelle que plusieurs vulnérabilités persistent comme « une détection encore trop dépendante de la vigilance des éleveurs », « des difficultés de contrôle des mouvements d’animaux », « des tests de dépistages inefficaces sur les animaux asymptomatiques », « une protection vaccinale incomplète » et des « fragilités structurelles du maillage vétérinaire et de la recherche en santé animale ».
Face à cette situation, au-delà des sanctions, l’office parlementaire formule cinq recommandations :
- Poursuivre le travail de pédagogie auprès du grand public et des éleveurs « sans passer sous silence les vulnérabilités du dispositif » comme « l’absence jusqu’à présente de tests sérologiques fiables permettant de distinguer les animaux infectés des animaux vaccinés »
- Investir dans la recherche sanitaire animale afin d’assurer une meilleure connaissance des maladies, de leur dépistage et de leur suivi et de trouver un traitement à la DNC
- Assurer un maillage territorial rural des vétérinaires suffisant
- Renforcer le contrôle de la circulation des animaux pour mieux garantir leur traçabilité, avec un renforcement particulier aux frontières
- Réfléchir à moyen terme à l’opportunité de « relocaliser la filière d’engraissement » et ce pour éviter une circulation importante d’animaux vivants entre pays.
La publication de ce rapport de l’Opecst intervient à quelques jours de la présentation des conclusions de la mission d’information flash sur les enseignements à tirer de la gestion de la DNC de la commission des affaires économiques du Sénat annoncée le 4 février prochain.
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