Le cabinet de Corinne Lepage lance une action collective pour réclamer des indemnisations pour les riverains victimes des pesticides. Une plateforme en ligne recueille les demandes de réparation.
Une première annonce avait été faite en avril dernier. L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage qui officie au sein du cabinet Hugo Lepage a confirmé qu’une action collective en justice pour les riverains victimes des pesticides allait être lancée courant juin.
Sur la plateforme Agir collectivement où les riverains peuvent se manifester, il est stipulé que l’objectif est de demander réparation à l’Etat pour les victimes non professionnelles des pesticides, en exerçant un recours indemnitaire, fondé sur la carence de l’Etat dans la fixation de distances limites permettant de protéger la population. « Mais l’objectif de cette action est aussi de montrer au gouvernement le nombre de personnes concernées et l’étendue des conséquences de son inaction » peut-on lire aussi.
« Cette initiative n’est pas contre les agriculteurs »
« Cette initiative n’est pas contre les agriculteurs, mais doit permettre à des personnes dans une situation de maladie comparable à ceux-ci, de pouvoir demander une indemnisation. Notre stratégie n’est pas d’attaquer les agriculteurs mais l'État dans son défaut de défense des personnes » a expliqué Corinne Lepage. Une première demande devrait être conjointement adressée au Premier ministre et au ministre de l’Agriculture puis, en cas de refus ou de silence, il serait procédé à une saisine du Tribunal administratif territorialement compétent.
Seraient concernés tous les riverains de zones d’épandage situées à moins de 150 m de leur lieu d’habitation
Alors qu’aujourd’hui il est interdit d'épandre en France à moins de cinq ou dix mètres des maisons, Corinne Lepage estime que la distance est insuffisante et que cette action peut concerner « tous les riverains de zones d’épandages situées à moins de 150 mètres de leur lieu d’habitation et notamment, mais pas uniquement, ceux souffrant d’un cancer de la prostate, d’un lymphome malin non hodgkinien et de la maladie de Parkinson, des pathologies reconnues maladies professionnelles pour les professionnels des pesticides ».
Elle ajoute : « Dès lors qu’il y a un risque avéré pour la santé, tout riverain pourrait demander indemnisation, même s’il ne souffre d’aucune pathologie particulière ».
Un minimum de 100 personnes doit participer pour qu'une requête soit déposée devant un tribunal.