Etude
Comment des viticulteurs ont réduit de 30% à 50% leur usage de fongicides grâce à une application et “une assurance verte”
Une étude portée par l’Université de Bordeaux et l’Inrae a mis en place pendant quatre ans une assurance en cas de pertes de récoltes liées aux maladies et aux ravageurs. L’objectif : encourager les viticulteurs à réduire l’usage de pesticides en suivant les recommandations d’un Outil d’aide à la décision développé par l’IFV.
Une étude portée par l’Université de Bordeaux et l’Inrae a mis en place pendant quatre ans une assurance en cas de pertes de récoltes liées aux maladies et aux ravageurs. L’objectif : encourager les viticulteurs à réduire l’usage de pesticides en suivant les recommandations d’un Outil d’aide à la décision développé par l’IFV.
« L’outil a permis de réduire de 30 % à 50 % l’usage de fongicides sur les parcelles en expérimentation. » C’est ce qu’a annoncé le communiqué publié le 6 janvier 2026 sur une étude parue dans la revue European Review of Agricultural Economics en décembre 2025, visant à réduire les pesticides dans les vignes de Nouvelle-Aquitaine.
L’Université de Bordeaux et Inrae, en collaboration avec l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), ainsi que les coopératives viticoles de Tutiac (Gironde) et Buzet (Lot-et-Garonne), et la compagnie d’assurance Groupama ont instauré pendant quatre ans un système d’assurance spécifique, nommé « assurance verte », pour couvrir les pertes éventuelles liées au test d’un Outil d’aide à la décision (OAD) développé par l’IFV (une nouvelle version de DeciTrait)
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Une « assurance verte » pour dédommager les viticulteurs en cas de pertes liées aux maladies
Pour la chercheuse en sciences économiques à l’Université de Bordeaux et auteure de l’étude Cécile Aubert, l’objectif était de « convaincre des viticulteurs de participer au test de l’OAD en atténuant le risque potentiellement important ». D’où la mise en place de cette « assurance verte » : « les viticulteurs étaient dédommagés des pertes éventuelles de production liées aux maladies par l’assurance, à condition qu’ils aient suivi toutes les recommandations de l’OAD, avec une franchise de 5 % » précise le communiqué.
Les cotisations ont été financées la première année par le programme VitiRev, piloté par la Nouvelle-Aquitaine, qui fédérait des acteurs de la filière vitivinicole et du milieu de la recherche entre 2020 et 2024.
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Une réduction de l’utilisation des fongicides d’un tiers voire de moitié grâce à l’OAD
Après les quatre ans d’expérimentations, « on a réussi à avoir des baisses d’utilisation de fongicides en moyenne entre 30 et 50 % avec des pertes sous les 5 % » indique la chercheuse bordelaise. Sauf pendant la dernière année, durant laquelle une parcelle a été dédommagée par l’assureur suite à des pertes importantes.
« C’est aussi l'intérêt de cette assurance de permettre l'expérimentation, pour qu'on puisse améliorer les outils, qu'on ait plus de données et qu'on identifie les points de vulnérabilité », insiste Cécile Aubert. L’OAD a été amélioré pendant toute la période de test grâce aux retours d’expérience, ajoute-t-elle.
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Des viticulteurs prêts à souscrire une « assurance verte » ?
Une autre étude publiée début 2025 met en avant que 48 à 60 % (des 412 viticulteurs interrogés) se disent intéressés par une « assurance verte ». Cécile Aubert espère ainsi collecter de nouvelles données et « faire remonter [ses] résultats au niveau des décideurs publics ».
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