Aller au contenu principal

Colza : l'inquiétante chute des surfaces se poursuit en 2020

Insectes hors de contrôle, sécheresse au semis… le colza est confronté à des conditions hostiles qui mettent à mal son attractivité. La surface devrait rester très basse pour la troisième année consécutive, au risque de rentrer dans un cercle vicieux.

récolte de colza
Les surfaces de colza vont s'installer à un très bas niveau pour une troisième année consécutive en 2020, sous l'effet des conditions d'implantation trop sèches et des impasses techniques auxquelles est confronté l'oléagineux.
© G. Omnès

Les surfaces de colza ont été portées par la filière biocarburants, qui avale les deux tiers de la production française. Grâce à cette vocation énergétique, le colza a bénéficié de l’autorisation de mettre en place des cultures industrielles sur les jachères obligatoires à partir de 1995, puis de l’aide aux cultures énergétiques mise en place en 2005, supprimée depuis. Les surfaces ont été relativement stables ensuite entre 2010 et 2018, entre 1,4 et 1,6 million d’hectares.

Le contrôle des insectes devient de plus en plus délicat sur colza, en raison du retrait de certaines matières actives et de la résistance que les ravageurs ont développé vis-à-vis des produits restants, notamment les pyréthrinoïdes. Il en va ainsi des méligèthes, redoutables ravageurs du printemps. Les attaques d’insectes mal maîtrisées dégradent les rendements, réduisant plus encore l’attrait de la culture.

Les semis de colza ont été mis au régime sec en 2018 et 2019, empêchant les agriculteurs de semer dans de bonnes conditions et poussant certains à jeter l’éponge. Les surfaces ont ainsi plongé à près d’1 million d’hectares en 2018, et n’ont pu rebondir significativement en 2019. Ces mauvaises conditions d’implantation fragilisent les cultures face aux aléas climatiques et aux ravageurs, et pénalisent les rendements.

Un déplacement des zones de production s'opère de l’est vers l’ouest, accompagnant la baisse généralisée des surfaces. La chute de la sole est particulièrement marquée dans le sud de la région centre et en Bourgogne. Si l’on compare la sole moyenne entre 2018 et 2019 et la sole moyenne des deux années précédentes, la chute est de plus de 40 % dans la Vienne et dans la Côte-d’Or, et atteint 65 % à 80 % dans l’Yonne, la Nièvre et l’Indre !

Outre la désaffection croissante, le colza a été une nouvelle fois confronté en 2020 à des conditions trop sèches à l’Est. Les premières estimations annoncent une stabilité de la sole, mais des experts estiment que l’on pourrait descendre dès cette année sous la barre du million d’hectares. En cas de suppression du phosmet, insecticide en cours de réévaluation (produit Boravi), les surfaces pourraient s’effondrer de plus de 200 000 hectares supplémentaires, selon Terres Inovia. Le risque serait grand d’entrer dans un cercle vicieux accentuant le désintérêt de nombreux acteurs, hypothéquant un peu plus un retour en grâce dans les assolements.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Famille Battitt Crouspeyre, parents et enfants au milieu des vignes</em>
« Un mois avant la naissance prévue de ma fille, j’organise mon exploitation en vue de mon congé paternité »

Battitt Crouspeyre, viticulteur dans les Pyrénées-Atlantiques et futur papa, a déjà envoyé son formulaire à la MSA. Il achève…

<em class="placeholder">Rodolphe et Pauline Bourdois arboriculteurs dans l&#039;Essonne, associés en EARL.</em>
« Je me suis installée avec mon conjoint en EARL, car l’EARL est plus souple que le Gaec »

Pauline Bourdois, arboricultrice en agriculture biologique, s’est installée en tant que hors cadre familial avec son conjoint…

<em class="placeholder">Théophile Piot, dans la cour de la ferme de la SCEA De Novion,</em>
Reprise d’une exploitation agricole familiale : « Je me suis installé en SCEA à cause de la holding associée »

Théophile Piot, céréalier, a repris l’une des trois exploitations familiales, la SCEA De Novion, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne…

<em class="placeholder">Application d&#039;un produit phytosanitaire sur blé. </em>
Produits phytosanitaires : la fin de la séparation de la vente et du conseil est actée

L’arrêté publié le 22 décembre entérine la fin de la séparation entre la vente et le conseil des produits…

<em class="placeholder">Parcelle de blé à moitié récoltée avec un orage menaçant. </em>
Exploitations de grandes cultures : des adaptations indispensables pour être viables en 2050
Quelle sera la viabilité économique d’une exploitation de grandes cultures française en 2050 ? L’étude conduite par…
<em class="placeholder">Agriculteur devant un pulvérisateur entrain de saisir des informations sur une tablette. </em>
Registre phytosanitaire numérique : la ministre de l'Agriculture fixe les règles pour 2027

L’entrée en vigueur du registre phytosanitaire numérique a été repoussée par Bruxelles au 1er janvier 2027. Un arrêté d'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures