Aller au contenu principal

Cinq leviers pour ne pas déraper sur les concentrés au robot pour vos vaches laitières

De gros écarts de complémentation s’observent pour un même niveau de production sur les élevages équipés de robots de traite. Rappel des recommandations pour maîtriser ses concentrés en traite robotisée.

1 - Maintenir le pâturage

Qui dit robot de traite n’exige pas forcément de bouleverser ni d’arrêter le pâturage. Le robot de traite peut être considéré comme un outil de traite en tant que tel, qui peut s’adapter au système fourrager en place. Les enquêtes réalisées dans le cadre du CasDAR RoboTrAE (Robot de Traite et Agroécologie) auprès de 240 élevages répartis dans cinq régions françaises l’ont mis en évidence à travers des exemples concrets.

Avec une organisation parcellaire et un niveau de saturation adapté, il est possible de maintenir un niveau de pâturage de l’ordre de 30 ares sans pénaliser la fréquence de traite et sans augmenter les interventions humaines liées à la traite. À la clé, moins de concentrés distribués et de fourrages récoltés, donc une meilleure marge sur coût alimentaire par 1 000 litres vendus.

2 - Maximiser l’ingestion et distribuer des fourrages de qualité

Un premier niveau de production est permis par les fourrages équilibrés (95 PDI/UFL) et selon la part d’herbe pâturée. Pour exprimer au mieux ce potentiel, il est important de maximiser l’ingestion, c’est-à-dire de viser 5 % de refus consommable, d’assurer un accès permanent à l’auge et une place par vache. Augmenter la fréquence de distribution n’a pas d’impact sur l’ingestion comme l’ont montré des essais d’Arvalis et d’Idele.

Pour être encore plus efficient, il faut travailler sur la génétique de son troupeau pour sélectionner des animaux à forte capacité d’ingestion, qui produisent donc davantage de lait par les fourrages. Et mettre le paquet sur la qualité des fourrages. Ce levier permet de gagner jusqu’à 500 litres de lait vendu par vache.

3 - Équilibrer le plus possible à l’auge

Comme la vache est friande d’azote, certains éleveurs sont tentés de distribuer le correcteur azoté en très grande partie au robot, mais cela déséquilibre alors fortement la ration à l’auge. Sans connaîtr la réelle capacité d’ingestion de chaque vache, il est possible de ne pas apporter la bonne quantité de correcteur azoté au robot pour bien équilibrer la ration : soit trop si la capacité d’ingestion est surestimée, soit pas assez si elle est sous-estimée. Aussi, les conseillers en alimentation qui se sont réunis dans le cadre du projet RoboTrAE recommandent de ne pas descendre sous les 12,5 % de MAT à l’auge.

Si l’équilibre azoté de la ration fourragère se situe autour de 14-15 % de MAT, il faut donc apporter au moins 80 % du correcteur à l’auge. Or, nous sommes en moyenne à 50 % dans les enquêtes RoboTrAE. Ainsi, pour une ration maïs plat unique à 18 kg MS/VL/j, les 3 kg de correcteur (70 % soja-30 % colza) peuvent soit être entièrement apportés à l’auge et seul le concentré de production uniquement qui sera distribué au robot ; soit être répartis entre l’auge et le robot à raison de 2,4 kg à l’auge et 0,6 kg au robot. Plusieurs élevages que nous suivons dans le projet ou dans nos réseaux ont réajusté leur ration en ce sens pour augmenter le lait par vache.

4 - S’interroger sur le plan de complémentation

Le robot de traite inclut un Dac qui permet des plans de complémentation calés sur le rang de lactation (primipares/multipares) et le niveau de production. Or, Inrae a montré prouvé qu’en salle de traite, l’individualisation des concentrés de production ne permettait pas une meilleure réponse en lait à l’échelle du troupeau. Les plans de complémentation constants seraient donc aussi efficaces que les plans individualisés. Cette hypothèse mériterait d’être testée en station sur deux lots de vaches en traite robotisée : un lot en plan constant et l’autre en plan individualisé.

Si vous souhaitez maintenir des plans de complémentations individualisés, il est primordial de cerner comment sont construits ces plans (en début, milieu et fin de lactation) et comment se font les transitions. Les réglages opérés par défaut ne sont pas toujours les plus adaptés et il y a certainement des pistes d’économies à trouver.

5 - Réfléchir l’intérêt du concentré de production

Les enquêtes montrent que les élevages les plus efficients en quantité de concentrés en g/L sont ceux qui utilisent peu de concentré de production. Pour rappel, l’apport d’un kilogramme de concentré de production permet de produire au mieux 0,8 litre de lait supplémentaire. Cela descend à 0,5 litre de lait supplémentaire avec des fourrages de bonne qualité. Dans ce dernier cas, pour un prix du lait payé à 440 €/1 000 L, il faut donc que le concentré de production me coûte moins de 220 € (440 € × 0,5) pour rentabiliser l’achat. Par ailleurs, les essais conduits à la station expérimentale de Trévarez ont montré que la réponse en lait est inchangée que le concentré soit distribué en début ou en fin de lactation.

Pour aller plus loin : Pour aller plus loin : les livrables du projet RoboTrAE sont disponibles sur le site de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Mise en garde

Pour attirer la vache au robot, 250 g de concentré par vache traite suffisent. Cela représente 600 à 700 g par vache et par jour selon la fréquence de traite. L’absence d’eau au pâturage pour des raisons de bien-être et de production de lait est par contre à proscrire.

Le saviez-vous ?

Contrairement à une idée reçue, une étude de l’INRA a montré que l’augmentation de la fréquence de traite (passage de deux à trois traites par jour) permet au mieux une augmentation de 7 % de la production laitière (kg/VL/j) au robot, toute chose égale par ailleurs.

De fortes variabilités

Au sein du CasDAR RoboTrAE (240 éleveurs répartis dans cinq régions françaises), l’enquête a révélé que les vaches consomment en moyenne 2,2 t de concentrés par an pour 8 800 L, soit 250 g/L. La variabilité intrasystème est importante. Pour un même niveau de production, les écarts de consommation vont du simple au triple. Et pour une même complémentation, le niveau de production passe du simple au double. En matière d’efficacité de la ration, les élevages les plus performants se situent à moins de 200 g/L.

En bio, deux profils se distinguent : les productifs à deux tonnes de concentrés et les autonomes à moins d’une tonne par vache et par an.

Les plus lus

Chargement d' un camion de pomme de terre. Tubercules de pommes de terre sur bandes transporteuses. Transport des produits agricoles
Alimentation animale : face à une surproduction en pommes de terre, une plateforme pour valoriser les excédents

Une nouvelle plateforme nationale met en relation producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins afin de transformer des…

<em class="placeholder">vache couchée dans logette au Gaec de Veline (Meuse)</em>
Quatre leviers pour améliorer la longévité de vos laitères en limitant les réformes subies

Une vache n'est rentable qu'à partir de sa troisième lactation. Pour y parvenir, il est nécessaire de réduire le nombre de…

Mathis Pétron
Mathis Pétron, salarié en élevage laitier dans l'Orne : « J'ai envie de faire des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes »

Mathis Pétron est salarié depuis un an et demi à l'EARL Toutain JM, un élevage laitier de l'Orne. Il apprécie les…

<em class="placeholder">« Pour bâtir notre système, nous avons beaucoup investi. Cela a été un sacrifice mais la moitié des emprunts s’arrêtent dans trois ans », confient Pascale et Pascal ...</em>
« Nous ne produisons pas plus de lait que ce que notre surface en herbe peut donner », dans les Ardennes

À l’EARL des Quatre Pâquis, dans les Ardennes, Pascal et Pascale Colson misent tout sur l’herbe, que ce soit pour l’…

<em class="placeholder">troupeau de vaches laitières à la traite </em>
Une collecte de lait de vache et un prix du lait au sommet en 2025, avant un retournement en 2026

En France, l’année 2025 a été marquée par une collecte et un prix du lait en hausse comparé à 2024. Décembre amorçait un repli…

<em class="placeholder">silo d&#039;ensilage de ray-grass d&#039;italie</em>
Ensilage d'herbe : l’intérêt économique du recours à un conservateur se calcule
Arvalis met en perspective les coûts des conservateurs par rapport aux gains potentiels qu’ils peuvent offrir sur la base des…
Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière