Choc de compétitivité pour la Ferme France : 25 solutions proposées par des sénateurs
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[Mis à jour le 11 mai à 10h25]
Trois sénateurs, de tous bords politique, Laurent Duplomb (LR), Serge Mérillou (Socialiste) et Pierre Louault (Union centriste) ont présenté hier au Club de la table française leur proposition de loi « pour un choc de compétitivité en faveur de la ferme France ». Une proposition de loi adoptée dans la foulée par la commission des affaires économiques du Sénat après de menus amendements.
Un texte faisant suite à leur rapport publié en septembre 2022 dans lequel les parlementaires constataient : « la Ferme France décroche ». Constat s’appuyant sur l’étude de cinq denrées alimentaires parmi les plus consommées par les Français (pomme, tomate, blé, lait, poulet).
Face à ce constat, les sénateurs proposent l’adoption d’un plan Compétitivité de la Ferme France à l’horizon 2028. Un plan poursuivant trois objectifs :
Pour y parvenir, la proposition de loi se décline en 26 articles et 25 propositions pour la plupart issues du rapport de septembre 2022.
Ainsi les trois sénateurs proposent sur le premier axe normatif :
Pour favoriser l’investissement et la production locale, Laurent Duplomb, Serge Mérillou et Pierre Louault avancent :
Pour lutter contre la « surrèglementation en matière agricole », la proposition de loi transpartisane instaure :
Par ailleurs, la PPL revient sur l’interdiction des remises, rabais et ristournes à l’occasion de la vente de phytopharmaceutiques et remet en cause le principe de séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques.
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Sur la question des charges sociales des structures agricoles et agroalimentaires, le texte prévoit :
Enfin en matière fiscale, les sénateurs préconisent :
Les sénateurs qui avaient déposé 85 amendements sur le texte l'ont légèrement modifié après discussion en commission, le texte devant désormais être examiné en séance plénière à partir du 16 mai Opposés au texte, les sénateurs du groupe Écologiste-Solidarité et Territoires ont déposé une motion de rejet préalable. Selon le sénateur écologiste Joël Labbé, le groupe parlementaire considère que la PPL « n’a pas lieu d’être » alors que des consultations sont en cours sur le projet de loi d’orientation agricole, porté par le gouvernement et qui doit être déposé à l’automne, rapportent nos confrères d'Agra Presse. Ils avaient, par ailleurs, déposé plusieurs amendements de suppression sur des articles, dont l’autorisation de l’usage de drone pour la pulvérisation de produits phytosanitaires et la reconnaissance des ouvrages de prélèvement et de stockage de l’eau comme étant « d’intérêt général majeur ».
Oui, avec Daniel et nos collègues, on fera tout ce que l’on peut pour défendre un autre modèle agricole, respectueux des paysannes et paysans, de la biodiversité, des pollinisateurs et de l’ensemble des équilibres environnementaux. Certes, on est minoritaires, mais on se bat ! https://t.co/x3AKlx5hJO
— Joël Labbé (@JLabbeSenat) May 10, 2023
Malgré ces oppositions, le texte a été adopté sans grand changement par la commission des Affaires économiques. Laurent Duplomb cosignataire de la proposition de loi s'est félicité auprès de nos confrères d'Agra Presse d'ajustements destinés à "affiner le texte".
Deux amendements complètent l’article 13 portant sur les missions de l’Anses. Le premier donne la possibilité au gouvernement de suspendre une décision de retrait de mise sur le marché de produits phytosanitaires prononcée par l’agence. Et le second prévoit que le directeur de l’Anses puisse se dessaisir et renvoyer une décision au ministre de l’Agriculture.
Des ajustements qui ne devraient pas calmé la colère d'Alain Bazot, président de l’UFC Que Choisir, qui dénonçait la veille dans un billet « la profonde régression consumériste et environnementale », que constituerait selon lui d’adoption de ce texte. Le président de l’association consumériste y voit « une véritable lettre au Père Noël de la FNSEA avec en rayon une batterie de mesures que le lobby du « toujours produire plus » défend de longue date, son auteur, le Sénateur Laurent Duplomb qui se fait ainsi le porte-voix d’une agriculture toujours plus intensive ».
A noter que des députés du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale ont déposé, le 25 avril, une proposition de loi « visant à améliorer la compétitivité des fermes françaises », reprenant certaines propositions du texte des sénateurs. Parmi elles : la création d’un « livret Agricole » pour financer des investissements dans les exploitations ou encore un article visant à « lutter contre les transpositions excessives des normes européennes par la création d’un haut‑commissaire chargé de les identifier ».
Par ailleurs ce jeudi 11 mai, l'Assemblée examine en séance publique la proposition de résolution visant à lutter contre les sur-transpositions en matière agricole, portée par le député Renaissance et ex-ministre de l'Agriculture Stéphane Travert. Un texte qui vise à instituer le principe "pas de suppression sans solutions" pour les produits phytosanitaires.
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