À Mâcon, une formation caprine accolée à une ferme
En Saône-et-Loire, le BPREA caprin allie théorie et pratique pour former les futurs éleveurs. Pour les stagiaires, la meilleure des salles de classe reste la ferme du lycée et ses 180 chèvres.
En Saône-et-Loire, le BPREA caprin allie théorie et pratique pour former les futurs éleveurs. Pour les stagiaires, la meilleure des salles de classe reste la ferme du lycée et ses 180 chèvres.
À deux pas des roches de Solutré et de Vergisson, à Davayé près de Mâcon, l’AgroBioCampus Davayé propose son BPREA conduite d’un élevage caprin et transformation fromagère. Ce diplôme accessible en un an permet aux stagiaires d’acquérir la capacité agricole, formation indispensable pour bénéficier des aides à l’installation.
« Cette année, nous accueillons des stagiaires de 18 à 54 ans, avec une majorité de porteurs de projets en reconversion professionnelle, observe Sébastien Prades, formateur à l’AgroBioCampus de Davayé. Ils sont souvent très motivés mais sans aucune connaissance d’élevage ni a priori sur le milieu agricole. » La formation dure trente semaines en centre et huit semaines de stage. Elle alterne théorie et pratique, avec un accent mis sur l’immersion en exploitation.
Une formation ancrée dans la pratique
L’enseignement couvre la production animale et végétale, la gestion d’une exploitation ou la transformation fromagère. Les intervenants, professionnels du secteur, garantissent une formation proche des réalités du terrain. La formation s’appuie aussi sur la Ferme des Poncétys, située en face du lycée, qui abrite un troupeau de 180 chèvres alpines et une fromagerie. « C’est un outil pédagogique exceptionnel, apprécie Sébastien Prades. Les stagiaires voient concrètement les défis et les pratiques d’un élevage caprin. » La ferme, bien que dans des bâtiments vieillissants, permet aux apprenants de s’initier à toutes les facettes du métier, y compris les aléas.
« Environ 20 % des stagiaires s’installent dans les deux à trois ans, 30 % sont en cours d’installation et 50 % reportent ou abandonnent », remarque le formateur. Les raisons sont multiples : manque de fonds propres, difficulté à trouver des terres, ou prise de conscience des réalités du métier.
Offre de formation renouvelée
Pourtant, la formation reste un passage clé pour éviter les échecs. « Ceux qui s’installent sans formation ont souvent davantage de difficultés. Notre rôle est aussi de les encourager à être salarié avant de se lancer, pour acquérir de l’expérience et des économies. »
Face à la baisse des soutiens publics et du nombre de stagiaires, le CFPPA de Davayé cherche à se renouveler pour maintenir son offre. « On réfléchit à des modules courts, comme une semaine dédiée à la transformation fromagère, ou à des formations en distanciel », confie Sébastien Prades. L’objectif : toucher davantage de porteurs de projets, tout en préservant la qualité de l’accompagnement.
Chiffres clés
Domaine des Poncétys