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Luzerne et trèfle violet : des leviers solides pour l’autonomie protéique

La luzerne et le trèfle violet sont des fourrages riches en protéines qui permettent de réduire les engrais et les concentrés azotés. À condition d’en maîtriser l’implantation et la valorisation.

<em class="placeholder">luzerne en fleur</em>
Le meilleur stade pour exploiter la luzerne et le trèfle violet est l'apparition des bourgeons.
© Jouffray Drillaud

Luzerne et trèfle violet sont des légumineuses capables de fixer l’azote de l’air grâce à leur symbiose avec les bactéries du sol. Cette capacité permet de réduire fortement le recours aux engrais azotés et de restituer de l’azote aux cultures suivantes pendant deux à trois ans. Leur système racinaire, profond pour la luzerne, améliore la structure du sol et renforce la résistance à la sécheresse. La couverture du sol et les fauches répétées contribuent également à assainir les parcelles en limitant le salissement par des adventices.

Le choix entre luzerne et trèfle violet dépend fortement du contexte pédoclimatique. La luzerne préfère les sols bien drainés, riches en calcaire, avec un pH supérieur à 6,5, tandis que le trèfle violet tolère mieux les sols acides, frais ou hydromorphes, mais se montre plus sensible à la sécheresse.

Une culture exigeante mais rentable

<em class="placeholder">Luzerne de type flamand</em>

La réussite de ces légumineuses passe d’abord par un semis soigné : profondeur limitée à un centimètre, roulage systématique et inoculation des semences si la parcelle n’a jamais porté de légumineuses. Deux périodes sont possibles : le printemps (mi-mars à fin avril), plus sécurisant pour l’implantation, ou la fin d’été après moisson, plus risquée mais intéressante dans certaines rotations.

La récolte constitue le point clé. Le stade optimal se situe au début du bourgeonnement, moment où la production de protéines et d’énergie à l’hectare est maximale. Un retard jusqu’à la floraison entraîne une baisse de 10 à 15 % de la valeur alimentaire. La préservation des feuilles est essentielle puisqu’elles concentrent environ 70 % des matières azotées totales et l’essentiel de l’énergie et des minéraux du fourrage.

Foin, enrubannage ou ensilage

<em class="placeholder">Chèvres pâturant de la luzerne</em>

En élevage caprin, le foin de luzerne reste une référence. Il nécessite cependant une large fenêtre météo et des pratiques rigoureuses (fanage doux, pressage sur fourrage réhumidifié) afin de limiter les pertes de feuilles. L’enrubannage et l’ensilage permettent de sécuriser plus facilement la qualité mais le coût est plus élevé. Le trèfle violet est plus adapté à une récolte par voie humide qu’en foin. L’affouragement en vert est un mode de récolte qui permet d’offrir des fourrages frais aux animaux. Lorsque la récolte est bien conduite, la luzerne et le trèfle violet fournissent des fourrages riches en matière azotée totale.

Lire aussi : Ils cultivent de la luzerne pour leurs chèvres

Les surfaces de luzerne et de trèfle violet progressent fortement en France depuis plusieurs années. Cette dynamique s’explique par la recherche d’autonomie protéique, mais aussi par les dispositifs de la PAC 2023-2027, qui reconnaissent les légumineuses comme des cultures stratégiques et ouvrent l’accès à des aides couplées et à l’éco-régime.

Cultiver et valoriser la luzerne et le trèfle violet

<em class="placeholder">Cultiver et valoriser la luzerne et le trèfle violet</em>

Le RMT Avenirs Prairies vient de publier une fiche synthèse de 12 pages qui rappelle l’intérêt de la luzerne et du trèfle violet, tant pour les éleveurs de ruminants que pour les céréaliers. Cultures exigeantes lors de l’implantation et de la récolte, ces légumineuses donnent des fourrages riches en protéines, ce qui réduit la dépendance aux sources importées, tel le tourteau de soja.

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