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Caprinov 2020
La filière laitière caprine est résistante et confiante face au Covid

La filière longue du lait de chèvre a su être réactive et solidaire pour s’adapter aux conséquences du Covid. Les perspectives restent bonnes pour l’avenir à condition de surveiller les stocks et les importations et à condition de respecter les engagements sur les hausses du prix du lait.

Mercredi 25 novembre, dans le cadre du Capr’Inov numérique, le plateau Capr’I TV invitait les trois collèges de l’interprofession caprine a évoqué la conjoncture de la filière lait de chèvre au niveau national et européen. Si, comme toute l’économie, le Covid a perturbé le fonctionnement de la filière, elle ne l’a pas déstabilisé. « Les éleveurs ont été inquiets sur leur collecte de lait au mois de mars quand le confinement s’est mis en place mais nous avons travaillé en très bonne cohésion au sein de l’Anicap pour ne pas avoir à jeter du lait », se félicitait Jacky Salingardes, éleveur et président de l’Anicap, lors du webinaire en ligne.

« On a tous eu très peur car le confinement arrivait en plein pic de production des chèvres, admet Mickael Lamy, éleveur, coopérateur Eurial et vice-président de l’Anicap. En plus de l’afflux de lait, il a fallu faire tourner les usines en mode dégradé à cause de la distanciation sociale et de l’absentéisme des personnes malades ou qui devaient garder les enfants. Dans certaines usines, nous avons eu jusqu’à 20 % d’absence en plein pic de production ».

Face à ces difficultés, il y a eu des échanges de citernes avec d’autres entreprises pour collecter tout le lait « sans en jeter une seule goutte ». La solidarité a aussi joué avec certains fromagers fermiers dont le lait a été exceptionnellement collecté. Davy Hecht, directeur de l’approvisionnement en lait pour la région Occitanie chez Lactalis, le confirme : « Il y a eu de la solidarité pour dépanner et gérer les flux de lait entre entreprise et en lien avec l’Anicap ». Les entreprises ont aussi dû être réactives et adapter leurs outils face à la modification des marchés comme la baisse de l’export, l’arrêt de la restauration hors domicile ou le développement du libre-service.

Pour le second confinement, « nous ne sommes pas dans la même problématique qu’au printemps, rassure Mickaël Lamy. Nos équipes ont appris à fonctionner en mode dégradé et nous ne sommes plus sur le pic de collecte de saison. L’enjeu aujourd’hui est plutôt d’appréhender les équilibres perturbés et la nouvelle donne en termes de débouchés. » Malgré le Covid, la collecte française devrait être en hausse de 4 % cette année par rapport à 2019 et les laiteries devraient pouvoir absorber cette hausse de collecte. Les entreprises surveillent aussi comme le lait sur le feu le niveau de stock de report et la part d’importation. « Les laiteries ont réduit les importations et les stocks n’ont pas gonflé démesurément même s’ils seront à un niveau plus élevé que l’an dernier », décrit Mickaël Lamy. Pour Davy Hecht de Lactalis, « les importations ont été encadrées et maitrisées car l’origine française du lait de chèvre reste demandée par les consommateurs. »

Si les grands équilibres ont été préservés dans la filière caprine en 2020, les entreprises restent « en veille en 2021 sur la manière dont va se comporter le consommateur, sur la capacité de la restauration hors domicile à rebondir et sur la façon dont nos partenaires et concurrents européens réagissent », explique Mickaël Lamy. « L’Espagne s’est professionnalisé et restructuré mais il y a toujours de fortes variations du prix et des volumes. Nous avons aussi un œil sur le Benelux et notamment les Pays- Bas qui ont préempté le marché de la poudre infantile, ce qui en fait un débouché pour le lait non utilisé par les laiteries françaises ».

Pour conclure, les représentants des trois collèges de l’interprofession caprine (éleveurs, laiteries coopératives et laiteries privées) appelle à poursuivre la dynamique de volume mais aussi de valeur en confirmant les hausses de prix pour les fromages et donc pour le lait. « Il est indispensable de concrétiser les engagements pris l’an dernier d’augmenter les prix d’achat du lait sur deux ans », martèle Mickaël Lamy. « Il est indispensable que l’on passe cette deuxième marche », renchérit Jacky Salingardes qui appelle par ailleurs à « gérer le lait de chèvre comme l’Opep gère le pétrole afin de garder prix intéressant pour les éleveurs comme les transformateurs ».

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