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« J’ai implanté des chicorées pour combler le trou d’herbe d’été »

Des échanges entre éleveurs ardéchois ont redonné le goût de la chicorée pour continuer à pâturer pendant l’été. Deux éleveurs caprins témoignent de leurs premiers essais de chicorée.

Dans le cadre du projet Cap’Climat territoires sur l’adaptation des systèmes caprins au changement climatique, un groupe d’éleveurs du nord de l’Ardèche a échangé sur les systèmes fourragers. Les éleveurs ont utilisé le jeu de cartes Lauracle pour travailler sur la question de la gestion du trou d’herbe de l’été. Un des leviers d’action proposé est l’implantation d’herbagères résistantes aux sécheresses, telles que la chicorée.

Suite à ces échanges, Franck Deygas, un éleveur du groupe a décidé d’en implanter sur sa ferme. « J’ai implanté la chicorée dans une parcelle de luzerne qui n’a pas réussi les deux dernières années. Le sol était quasi nu et il ne restait qu’un peu de ray-grass et de luzerne. » L’objectif de l’éleveur est de faire pâturer cette parcelle par ses 120 chèvres saanens.

Un sursemis après grattage

Mi-juin, des éleveurs du groupe se sont retrouvés sur cette parcelle afin d’observer la chicorée et d’échanger sur son implantation et son utilisation. « J’ai mis du fumier composté avant le semis puis j’ai gratté en couche fine en surface, précise l’éleveur. Après le semis, réalisé fin mars avec un semoir à dents, je n’ai pas roulé dessus. J’ai semé un sac de semence de chicorée de la variété Puna 2 non traités avec une densité de semis de 3,5 kg/ha. » Mi-juin, avant le pâturage des chèvres, la chicorée était estimée à 20 % de la biomasse présente.

Urine en salle de traite

Laurent Poulet, un des éleveurs du groupe qui a implanté de la chicorée il y a plusieurs années, explique que « cette herbagère permet la pâture en temps humide. Du fait de sa conformation dressée, elle sèche plus vite après une pluie. En plus d’être résistante à la sécheresse, cette culture permet un apport en protéine important, de 19 à 30 % de MAT. Cependant, c’est une plante très diurétique. Il faut s’attendre à ce que les chèvres urinent en salle de traite… » L’éleveur observe aussi que la parcelle est plus jolie en deuxième année.

Ces échanges ont donné envie à d’autres éleveurs d’en implanter. « Cette culture ne semble pas très difficile à réussir et cela permet d’améliorer la qualité de la pâture », résume l’un d’eux.

Rédaction Réussir

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