« Il n’y aura pas suffisamment de fourrages sur le marché pour tout le monde »
Avec la sécheresse et les canicules, les éleveurs manquent de foin. Le marché est tendu, avec une offre très restreinte, témoigne Anne Onder de Linden, négociante en paille et fourrages.
« Le marché des fourrages est très variable selon les années, et très dépendant de la météo. Il n’y a pas de cotation officielle, et les prix sont négociés de gré à gré », explique Anne Onder de Linden, négociante en paille et en fourrages.
Des prix dépassant 200 €/t
« Ainsi, certaines années, lorsque les rendements sont bons, les prix sont bas, et certains foins ne trouvent pas preneurs. Cette année, c’est tout le contraire, avec les canicules et la sécheresse, les prix ont flambé, dépassant les 200 €/t, indique Anne Onder de Linden. D’habitude, ces prix ne se rencontrent que pour le foin de Crau, ou de bons foins de luzerne. Cette année, même des foins de qualité moyenne atteignent des prix stratosphériques ».
Pénurie de foin en France
« De plus, il n’y a quasiment pas d’offre, j’ai moi-même du mal à trouver de la marchandise à prix convenable pour mes clients, quasiment exclusivement néerlandais, ajoute la négociante originaire des Pays-Bas, qui s’approvisionne sur toute la moitié Nord de la France. Il va y avoir une pénurie de foin, il n’y aura pas assez de marchandises pour tout le monde. Je crains également des phénomènes de rétention, et de spéculation ».
Pas de pénurie sur le marché de la paille
Certains éleveurs choisiront peut-être, lorsqu’ils le peuvent, de substituer une partie du fourrage dans la ration par de la paille. Sur ce marché, Anne Onder de Linden se veut plus rassurante : « Je ne vois pas de pénurie de paille sur mon secteur à l’export car il y a aussi des volumes importants disponibles dans les autres pays d’Europe du Nord, en Allemagne et au Danemark. Ce segment de marché n’est pas tendu et la demande est plutôt calme jusqu’à maintenant. Aujourd'hui, il y a des volumes de paille en quantité suffisante disponibles dans le Nord de la France. Dans la région Centre, autour de Châteauroux, Poitiers, c’est peut-être un peu plus compliqué mais au global, il y a suffisamment de marchandises pour le moment ».