Des accéléromètres sur les cornes des chèvres créoles
En Guadeloupe, l’Inrae teste des accéléromètres sur les cornes des chèvres créoles pour analyser automatiquement leur comportement grâce à l’intelligence artificielle.
En Guadeloupe, l’Inrae teste des accéléromètres sur les cornes des chèvres créoles pour analyser automatiquement leur comportement grâce à l’intelligence artificielle.
Le centre Inrae Antilles-Guyane a testé des accéléromètres fixés aux cornes pour suivre l’activité des chèvres créoles. Ces capteurs permettent d’enregistrer les mouvements des caprins au quotidien sans avoir besoin de les observer en continu pendant des heures. Et pour traduire ces enregistrements en informations comportementales fiables, les chercheurs se sont appuyés sur l’intelligence artificielle et sur les 144 heures d’enregistrement vidéo couplées aux données des 59 chèvres équipées de capteurs à la plateforme tropicale élevage pour l’agroécologie de Le Moule en Guadeloupe. Car, pour comprendre d’après ces fins mouvements si une chèvre est couchée ou debout ou si elle rumine, il a fallu définir la signature accélérométrique de chaque mouvement. Un peu comme votre téléphone portable qui arrive à détecter que vous marchez en captant un faible mouvement régulier toutes les demi-secondes. « Les accéléromètres étaient placés à l’intérieur des cornes à l’aide de scotch de bonne qualité, précise Mathieu Bonneau, chargé de recherche à l’Unité de recherches en agroécologie, génétique et systèmes d’élevage tropicaux. Nous avons testé avec des accéléromètres autour du cou mais cela marche moins bien avec les caprins qu’avec les ovins. »
Pour étudier le comportement au pâturage
À l’aide de réseaux de neurones LSTM, les chercheurs sont parvenus à une bonne prédiction des activités : 99,5 % des cas lors du pâturage, 98 % au repos, 95 % lorsqu’elle rumine mais le déplacement est resté complexe à identifier avec une prédiction de seulement 51 %, faute de données suffisantes. Les chercheurs veulent maintenant se servir de ces analyses comportementales pour étudier le lien entre comportement au pâturage et parasitisme gastro-intestinal. Ils se disent également ouverts pour créer un partenariat pour développer une application commerciale à ces accéléromètres.