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Dans les yeux d’Amélie : « J’ai enfin mes 40 chevrettes à bichonner ! »

L’arrivée de 40 chevrettes dans l’ancienne stabulation marque concrètement le début de l’atelier caprin d’Amélie. Entre émotion, conversion bio, bricolage, transition alimentaire et premiers pas dans les foins, l’installation de la chevrière-fromagère se poursuit en Isère.

<em class="placeholder">Amélie avec ses chevrettes et sa fille</em>
Dès leur arrivée, les chevrettes ont vite été adoptées par toute la famille.
© H. Villette
<em class="placeholder">Amélie avec ses chevrettes</em>

« Pour la création de mon atelier caprin, j’avais réservé depuis l’automne 40 chevrettes et deux boucs dans un élevage de mon département de l’Isère. Présumé indemne des principales maladies caprines, ce troupeau m’avait été recommandé par le contrôle laitier. Outre un niveau de production assez élevé au pâturage, il présente aussi des taux supérieurs à la moyenne, ce qui n’est pas négligeable pour les rendements fromagers. Ce troupeau étant conduit en agriculture conventionnelle, les chevrettes ont entamé leur conversion à leur arrivée chez nous, elles seront bio dans six mois donc avant d’entrer en production.

Je n’ai pas versé de larme mais j’avoue quand même avoir ressenti une certaine émotion en chargeant les chevrettes dans la bétaillère puis en les déchargeant à la ferme. Enfin mes chèvres ! Depuis le temps que j’en parlais… Leur arrivée a permis de rendre mon projet plus concret pour les collègues et voisins de la ferme mais aussi pour ma famille. Mon compagnon, ma fille, mes neveux, tout le monde a été mis à contribution pour trouver des noms à ces demoiselles.

Une transition sur dix jours

Quarante chevrettes qui dépendent de moi… ça met un peu la pression ! Tout juste sevrées (mon bâtiment n’était pas encore prêt pour accueillir la phase lactée), elles sont arrivées en bon état, le poil brillant… Je dois veiller à ce que la transition se passe bien et surveiller une éventuelle flambée de coccidiose qui pourrait ralentir leur croissance.

Je leur ménage une transition sur une dizaine de jours entre le mélange de méteil et tourteau qu’elles avaient à disposition dans leur exploitation de naissance et l’aliment qu’elles vont recevoir ici. Si je souhaite à terme nourrir le troupeau avec des matières premières (méteil, maïs et soja), j’ai préféré acheter pour cette première fournée de chevrettes un aliment complet et sécurisé à 18 % de protéines, distribué en complément du foin de pré. Je leur fais aussi des cures d’eau vinaigrée et leur mets à disposition un mélange argile et ail en préventif contre la coccidiose. J’envisage de les sortir au pâturage à la fin de l’été seulement pour éviter qu’elles ne se parasitent trop tôt.

Apprendre à bricoler et à faucher

La chèvrerie n’est pas encore prête, nous devons attendre le dépôt des demandes de subvention pour démarrer les travaux. Après un cours séjour dans la bergerie, je leur ai donc aménagé un enclos de fortune dans l’ancienne stabulation des vaches. En effet, un lot de brebis devant agneler, je ne voulais pas prendre le risque d’une contamination par d’éventuelles maladies abortives qui pourraient circuler pendant cette période sensible. L’occasion pour moi de me mettre un peu au bricolage et d’apprivoiser la visseuse et la scie circulaire !

Sur la ferme, avec l’été est venue la saison des foins. Je n’avais encore jamais pris part aux chantiers de fenaison dans mes expériences précédentes donc il me faut tout apprendre. Pas facile car pas une seule parcelle de prairie n’est plate et je ne suis pas encore à l’aise avec le tracteur sur les coteaux. En parallèle de ces travaux, nous avons réussi à boucler mon prévisionnel économique et mon dossier DJA, qui devaient être déposés au plus tard avant le 2 juillet, date de mes 40 ans ! »

Des précautions à prendre pour la constitution du troupeau

La constitution du futur troupeau à partir de chevrettes permet d’une part de « se faire la main » pendant leur phase d’élevage et d’autre part d’avoir des animaux qui auront le temps de s’adapter à leur environnement et au type d’aliments qui leur sera distribué une fois en production.

Une visite de l’élevage vendeur avant l’acquisition est fortement conseillée pour voir l’état général du troupeau et repérer d’éventuels problèmes comme les abcès caséeux. L’idéal est d’acheter les animaux dans des élevages indemnes de Caev, paratuberculose, fièvre Q et chlamydiose.

Concernant le niveau de production, si l’élevage vendeur est adhérent au contrôle laitier, les bilans techniques du troupeau permettront de voir les niveaux de production, taux, qualité du lait et leur variabilité interannuelle. Il faut aussi vérifier si possible l’absence de tares comme les doubles trayons. Au moment de la réservation des animaux, on peut faire un contrat stipulant ces exigences, mais aussi le poids, la présence ou non des cornes.

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