Chambres d’agriculture : un plan 2030 pour « réinventer le développement agricole »
Les chambres d’agriculture ont présenté, le 19 mars à Paris, le projet stratégique du réseau d’ici à 2030. L’objectif est de se recentrer sur le développement agricole, pour améliorer le revenu et la résilience des exploitations agricoles.
Les chambres d’agriculture ont présenté, le 19 mars à Paris, le projet stratégique du réseau d’ici à 2030. L’objectif est de se recentrer sur le développement agricole, pour améliorer le revenu et la résilience des exploitations agricoles.
« Réinventer le développement agricole » et se recentrer sur le revenu des agriculteurs, c’est le nouvel objectif des chambres d’agriculture dans leur projet stratégique d’ici à 2030, présenté le 19 mars à Paris. Le réseau ambitionne d’« accompagner chaque agriculteur, de l’émergence de son projet à sa transmission », en particulier « face aux aléas climatiques, économiques et réglementaires ». Pour cela, les chambres d’agriculture annoncent que 1600 conseillers agricoles référents seront déployés d’ici 2030, avec une « approche globale » de l’exploitation agricole. Un autre axe de développement vise à créer de la valeur, à la fois par le développement de filières agricoles mais aussi en misant sur la diversification des activités agricoles. Et un dernier axe a pour but de positionner les chambres comme « un réseau efficient et reconnu », via notamment le développement d’outils numérique pour les agriculteurs basée sur l’intelligence artificielle ou sur l’aide à la décision.
Ce « recentrage » du conseil impliquera toutefois de « lever le pied » sur certains sujets, comme l’accompagnement réglementaire et l’optimisation des productions, a indiqué le président des Chambres d’agriculture France Sébastien Windsor rapporté par nos confrères d’Agra Presse.
Un projet stratégique des chambres d’agriculture qui s’inscrit dans les objectifs nationaux de souveraineté alimentaire
Ce projet stratégique « Ambition 2030 » a aussi pour ambition de contribuer aux objectifs nationaux issus des Conférences de la souveraineté alimentaire, présentés par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors du Salon de l’agriculture. Pour rappel, les préfets de région, les présidents de conseils régionaux et les chambres d’agriculture ont la responsabilité de décliner ces ambitions au plus près du terrain d’ici à l’été. Les chambres soutiennent, dans un communiqué du 20 mars, y jouer un « rôle déterminant » dans le pilotage des synthèses régionales, l’identification de projets locaux et leur accompagnement.
Des déclinaisons locales de ce plan 2030 seront prochainement mises en place par chaque chambre d’agriculture, avec leur propres initiatives et expertises.
Quelles différences avec le plan précédent des Chambres d’agriculture France ?
Par rapport au projet stratégique de la période précédente (2019-2025), les chambres mettent toujours l’accent sur l’accompagnement des agriculteurs dans les transitions face aux défis climatiques et environnementaux. Des accompagnements en groupe pour favoriser les échanges entre pairs sont encore prévus. Sur les enjeux de gestion de l’eau, le projet stratégique pour 2030 détaille un nouveau rôle pour les chambres d’agriculture. Celles-ci devront accompagner des « projets de territoires » comme des réserves d’eau, des systèmes d’irrigation, des projets de réutilisation d’eaux usées ou des projets de gestion des excès d’eau.
Aussi, par rapport à la précédente programmation, le réseau souhaite mieux anticiper les transmissions, et propose par exemple l’organisation d’un premier rendez-vous de transmission au moins 5 ans avant la retraite. Les chambres auront d’ailleurs la charge du point d’accueil de « France Services Agriculture », service pour la cessation et l’installation prévu par la Loi d’orientation agricole. Et davantage de mesures concernent les salariés agricoles et les exploitations en difficulté. Moins d’actions sont toutefois prévues en faveur du secteur biologique.
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