Brucellose : que recommande l’Anses pour éviter la contamination des ruminants dans les alpages ?
Dans un avis publié le 30 mars, l’Anses liste un ensemble de mesures de biosécurité à suivre pour éviter la contamination des ruminants par la brucellose dans les alpages. La maladie est présente chez des populations de bouquetins dans les massifs du Bargy et des Aravis (Haute-Savoie).
Dans un avis publié le 30 mars, l’Anses liste un ensemble de mesures de biosécurité à suivre pour éviter la contamination des ruminants par la brucellose dans les alpages. La maladie est présente chez des populations de bouquetins dans les massifs du Bargy et des Aravis (Haute-Savoie).
Après avoir confirmé en 2025 la circulation de la brucellose parmi les bouquetins dans le massif des Aravis (Haute-Savoie), l’Anses a publié le 30 mars un avis sur les modalités de surveillance et de lutte contre la maladie. L’agence y présente notamment un ensemble de mesures de biosécurité à destination des éleveurs qui monteront leurs troupeaux en alpage pour le printemps 2026. Quatre objectifs sont présentés avec des « outils » pour les réaliser, sachant que la transmission se fait majoritairement de façon indirecte par contact avec la bactérie qui peut survivre jusqu’à quelques semaines dans l’environnement :
Tableau : Outils de protection des troupeaux vis-à-vis du risque d’infection par la brucellose (Anses 2026)
| Objectif | Mesure | Animaux particulièrement concernés | Remarques |
| Limiter le recoupement des aires d’usage entre bétail et ongulés sauvages | Échelonner l’utilisation des zones d’alpage selon le risque : alpages bas, ensoleillés et/ou non fréquentés par les bouquetins au printemps en priorité | Tous | |
| Ne pas avancer, voire retarder la montée dans les alpages les plus fréquentés par les étagnes (bouquetins femelles) en avril-mai, en particulier durant les printemps les plus précoces | Bovins, caprins | Les ovins montent généralement plus tard en estive donc ne sont a priori pas concernés | |
| Éviter de créer des points d’attraction pour les ongulés sauvages | Distribuer le sel et les compléments alimentaires au bétail sans favoriser le risque de transmission | Tous | La distribution de sel aux bouquetins dans l’intention de les éloigner est à proscrire car elle crée des regroupements favorables à la transmission entre bouquetins et avec d’autres espèces d’ongulés sauvages |
| Protéger les troupeaux par des enclos fixes ou mobiles | Tous | ||
| Éviter l’utilisation par le bétail de zones possiblement contaminées | Clôturer le haut des alpages | Tous | Attention particulière à porter au pied des barres rocheuses |
| Empêcher les animaux domestiques de pénétrer dans les zones de points humides et peu exposés au soleil et les cônes d’avalanche, via la création d’un exclos | Tous | Surtout au début de la saison, attention particulière à porter aux zones où auraient été observés des cadavres d’animaux sauvages | |
| Utilisation de chiens de conduite de troupeau | Tous | ||
| Limiter le risque de transmission directe | Ne pas laisser de chèvres en chaleur en alpage | Chèvres | |
| Assurer une présence humaine fréquente | Génisses, petits ruminants non laitiers | ||
| Renforcer l’usage des chiens de protection | Ovins, caprins | ||
| Utiliser des clôtures pour empêcher les troupeaux domestiques de se déplacer vers les zones fréquentées par les ongulés sauvages | Tous |
Lire aussi : Brucellose : l’Anses confirme la circulation de la bactérie parmi les bouquetins dans le massif des Aravis
L’Anses recommande un accompagnement individuel de chaque élevage exposé à la brucellose
L’Anses appelle à développer ces quatre axes de biosécurité, en « associant » plusieurs mesures entre elles. Leur mise en œuvre doit dépendre de la connaissance fine de chaque alpage et des pratiques de l’éleveur concerné, qui doit donc être visité avant la montée en alpage. L’agence recommande en particulier de mettre en place une démarche de biosécurité avec des acteurs de terrain. Celle-ci doit permettre de diffuser les facteurs de risque associés à la transmission indirecte ; de co-construire une « démarche de prévention » qui identifie les mesures et les pratiques applicables en fonction du type d’élevage concerné ; Et d’animer cette démarche via un accompagnement individuel de chaque élevage, et en fonction de ses facteurs de risques propres.
Pour rappel, la brucellose est surveillée depuis 2023 dans le massif des Aravis, après la découverte d’un cadavre de bouquetin infecté en 2022. La maladie, transmissible à l’homme, est déjà présente et surveillée depuis 2012 dans le massif voisin du Bargy (Haute-Savoie). Un cas avait été détecté en 2021 dans un élevage bovin laitier qui y montait ses génisses en alpage. Ces deux chainons montagneux des Alpes sont reliés par le massif de l’Almet, qui fait office de corridor pour les bouquetins.
Relire : Brucellose bovine : un cas détecté en Haute-Savoie
Vers une extinction de la brucellose ?
En parallèle, l’Anses recommande de poursuivre les mesures de surveillance des bouquetins dans les massifs concernés, et donne des objectifs chiffrés de test. L’agence appelle à utiliser les tirs de bouquetins « de façon ciblée » et de privilégier les captures et les recaptures. Le scénario de gestion présenté pour le printemps 2026 pourra être renouvelé jusqu’en 2030, ou adapté en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique. Les experts de l’Anses estiment toutefois qu’une extinction de la maladie d’ici à 2030 « paraît très peu probable », et se fera « à un horizon plus lointain ».