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Un label haie pour gérer durablement le bois

Afin d’encadrer les bonnes pratiques de gestion des haies et leur valorisation par des filières durables et locales, un label haie a été créé.

 "Le label haie offre une parade aux mauvaises pratiques en rendant lisible notre démarche qualité. Pour la SCIC Mayenne bois énergie, 37 exploitations ont été auditées cette année. L’ensemble des 140 agriculteurs qui composent la coopérative le seront d’ici 2022, soit plus de 1000 kilomètres de haies." © C. Delisle
"Le label haie offre une parade aux mauvaises pratiques en rendant lisible notre démarche qualité. Pour la SCIC Mayenne bois énergie, 37 exploitations ont été auditées cette année. L’ensemble des 140 agriculteurs qui composent la coopérative le seront d’ici 2022, soit plus de 1000 kilomètres de haies."
© C. Delisle

Un groupe d’agriculteurs et leurs structures de valorisation du bois, appuyés par le réseau d’experts de la haie Afac-Agroforesteries, ont initié avec le soutien financier de trois régions (Normandie, Pays de la Loire, Bretagne) et de cinq groupes d’action locale (GAL), une certification pour préserver les haies. Lancée officiellement à l’automne 2019 au ministère de la Transition écologique et solidaire, cette dernière permet de labelliser les bonnes pratiques de gestion des haies par les agriculteurs et de garantir la maîtrise d’une filière de production de bois éthique, durable et locale.

« Les haies, outre leurs fonctions écosystémiques, représentent un potentiel important de développement d’une énergie renouvelable. Or, annuellement, 11 500 kilomètres de haies disparaissent en France. Et cette perte n’est pas compensée par les haies plantées. Face au démantèlement du bocage, on a voulu proposer un moyen de garantir sa pérennité, d’où la création du label haie », explique Sylvain Aillard, éleveur et producteur pour la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) Bois bocager énergie en Normandie.

« Une haie bien gérée se régénère perpétuellement, sa bonne gestion en amont permet une valorisation durable en aval et peut ainsi constituer une source de revenus », souligne Catherine Moret de l’Afac.

Deux cahiers des charges

Le label répond au double objectif de produire du bois énergie et/ou du bois d’œuvre.

« Il se compose de deux cahiers des charges distincts, l’un destiné aux gestionnaires de haies, l’autre aux distributeurs de bois bocager. Les premiers sont principalement des agriculteurs, les seconds, des entreprises ou coopératives qui achètent le bois, le stockent et le vendent. Le cahier des charges gestionnaires a été mis en œuvre sur le terrain avec les agriculteurs. Il s’applique à la diversité des haies rencontrées sur le territoire national, soit 23 types », expose Olivier Lepage, chargé de développement à la SCIC Mayenne bois énergie. « Nous avons réussi à construire des indicateurs (40 au total) de bonne gestion des haies simples, objectifs et facilement vérifiables sur le terrain, cohérents et dans lesquels tout le monde peut se retrouver. Le label haie répond à un double objectif : être accompagné dans l’évolution des pratiques pour laisser les haies se développer de manière à jouer leur rôle d’écosystème et faire en sorte que le bois produit trouve sa place dans le modèle économique des exploitations », ajoute Quentin Gougeon, éleveur en Mayenne et producteur pour la même structure. Ce label est progressif au niveau des exigences, ce qui donne du temps à l’agriculteur pour l’apprentissage et l’acquisition des bons gestes techniques.

Il repose sur un système de certification géré par un organisme indépendant, aidé par un outil de traçabilité informatique. La demande de certification s’effectue de manière individuelle ou par groupes d’agriculteurs. Ceux-ci, réunis autour de filières de production (bois énergie, produits alimentaires, produits agricoles,…), peuvent s’organiser en OCG (Organisation collective de gestionnaires). Le label haie est un outil de traçabilité, permettant de garantir l’origine d’un bois bocager issu d’une gestion durable.

Vers un dispositif national

La première année de mise en application concrète du label s’opère dans les trois régions pilotes : Bretagne (SCIC Bocagénèse), Normandie (SCIC Bois bocage énergie) et Pays de la Loire (SCIC Mayenne Bois énergie). Le déploiement à l’échelle nationale est impulsé par l’Afac-Agroforesteries. « Suites aux communications réalisées sur le label, nous avons reçu beaucoup de demandes, qu’elles émanent de territoires, d’entreprises, d’associations. À l’avenir, cette démarche pourrait s’intégrer au marché du carbone ou à des produits agro-environnementaux », souligne Catherine Moret.

Pour en savoir plus

Un webinaire de présentation du label haie organisé en mars dernier est disponible sur le site labelhaie.fr. La genèse de ce label y est présentée ainsi que l’ensemble des indicateurs des deux cahiers des charges, le lien avec les fonctions écosystémiques assurées, les étapes de certification, le déroulé d’un audit interne sur le terrain, des exemples de formations d’organisation collective de gestionnaires portant le label et son déploiement.

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