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Un bâtiment polyvalent à moindre coût

Réaménager un bâtiment poules pondeuses : tel a été le choix des associés du Gaec de l’Envol, Olivier Chevrier et Olivier Minguet, afin de rentabiliser plus rapidement leur investissement.

« Il y a deux ans, nous avions le projet d’un bâtiment neuf pour accueillir une centaine de génisses. L’idée n’étant pas rentable, nous avons alors songé à transformer un poulailler pour poules pondeuses de 1 000 m2 acquis en 2006, au moment de notre installation », se rappelle Olivier Chevrier, l’un des deux associés du Gaec de l’Envol, à Challans, en Vendée. Jusqu’en 2014, ce bâtiment long et bas de plafond, donc peu pratique, servait au stockage des fourrages et à mettre certains bovins en liberté.

Pour le rendre fonctionnel, les exploitants ont commencé par retirer les parois présentes sur les longs pans (84 mètres de long). Du côté des vents dominants et de la pluie, des tôles de bardage récupérées d’un autre bâtiment ont été posées ainsi que des claires-voies en bois, pour l’aération, sur un mètre de hauteur. À l’opposé, les éleveurs ont installé des cornadis doubles panneaux, réglables manuellement (96 places). La table d’alimentation abritée a été bétonnée sur une largeur de cinq mètres. Le quai, de l’autre côté, est quant à lui bétonné sur trois mètres de largeur. Le reste étant bien stabilisé (terre battue), les éleveurs n’y ont pas touché.

Des poteaux métalliques ont été placés tous les 12 mètres, ainsi que des passages d’homme. Des jeux de barrières ont ensuite été installés pour, au choix, faire des cases de 12 x 12 mètres ou des grandes cases. À l’avant des poteaux (côté cornadis), une seule barrière a été mise, alors qu’à l’arrière elles ont été doublées.

Un bâtiment adapté à différentes catégories d’animaux

Tous ces aménagements ont été réfléchis de manière à rendre le bâtiment polyvalent. Il peut aussi bien accueillir des génisses que des mères avec leurs veaux ou des taurillons. « Actuellement, les génisses de 1 an à 2,5 ans y sont hivernées. On dispose de cinq cases de 12 x 12 mètres. Le bâtiment est ensuite coupé en deux grandes cases de 30 x 12 mètres. Jusqu’en juillet, les génisses mises à la reproduction en occupent une partie ; dans l’autre séjourne un lot de 40 mères avec leurs broutards. À partir d’août, on y trouve deux lots de 40 vaches avec leur suite. Le bâtiment est ainsi occupé toute l’année », explique Olivier Chevrier. Deux ouvertures ont été réalisées pour que chaque lot puisse avoir accès aux pâtures jouxtant le bâtiment, les génisses nécessitant une contention l’été pour les inséminations. Les vaches et leurs veaux ont quant à eux accès au bâtiment pour être alimentés si nécessaire.

« Il est également possible grâce aux jeux de barrières de faire des cases à veaux dans le fond du bâtiment et d’y placer des auges pour les complémenter. Le plafond bas de la structure (2,50 mètres en bas de pente) représente son inconvénient car il ne nous permet pas de pailler de l’extérieur. D’autre part, la luminosité est moins importante en hiver. On aurait pu recourir à des panneaux translucides, mais on craignait qu’il ne fasse trop chaud et l’installation d’une ventilation automatique représentait un coût », note l’éleveur. Des abreuvoirs ont été mis tous les 4 mètres, soit deux pour une case de 18 génisses.

Un logement pour les bêtes, à 560 euros la place

L’aménagement de ce poulailler est ainsi revenu à 53 820 euros, qui se répartissent de la manière suivante : 1 700 euros pour le terrassement, 16 500 euros pour les tubulaires (barrières, cornadis, poteaux en ferraille), 9 000 euros pour la maçonnerie (mise en place des bétons et enduits des parpaings préexistants), 287 euros en abreuvoirs, 23 750 euros pour la contention, 800 euros pour le bardage et 2 000 euros pour la dalle de devant, soit un coût de 560 euros par place. Le bâtiment acheté 22 000 euros en 2006 n’est pas pris en compte dans le calcul, car déjà amorti.

« Il nous reste encore la contention circulaire à installer. On va la placer au bout du bâtiment pour effectuer les pesées des génisses l’hiver, à l’abri, par confort personnel. Elle nous permettra de renvoyer les animaux soit dans les cases, soit à l’extérieur, ou encore sur le quai d’embarquement. Des tôles translucides sont prévues dans la partie contention pour la lumière. »

Après deux hivers, les éleveurs n’ont constaté ni problèmes pulmonaires sur les bêtes, ni problèmes d’ambiance. « Nous avons conservé l’isolation du plafond, ce qui permet au bâtiment d’être toujours bien tempéré. L’hiver, il n’y a d’ailleurs pas de condensation, donc pas d’humidité qui retombe sur le dos des animaux. Notre objectif était de disposer d’un outil simple, fonctionnel, polyvalent, et ceci à moindre coût », conclut Olivier Chevrier.

Chiffres clés
160 vêlages
720 m2 de volailles bio
350 ha dont 40 ha de blé, 12 ha de féverole, 12 ha de trèfle, 40 ha de maïs et le reste en prairies
PLUS MOINS

Bâtiment polyvalent
Coût faible
Simple et fonctionnel
Utilisé toute l’année

Toit bas, ne permet pas de pailler de l’extérieur
Un peu sombre
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