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Un accord-cadre national entre Elvea France et Intermarché

Intermarché développe un approvisionnement local de viande bovine pour ses rayons à la coupe et intègre le prix de revient des éleveurs dans la contractualisation.

Yves Audo, président d’Agromousquetaires, Philippe Auger, président d’Elvea France et Stéphane de Fontenay, président du format « super » d’Intermarché. "Soixante magasins ont déjà signé et le contrat va monter en puissance sur l'année 2019."
© S. Bourgeois

Officialisée lors du Sommet de l’élevage, la démarche s’inscrit en plein dans la logique des États généraux de l’alimentation et du plan de filière viande bovine. Des magasins Intermarché travaillaient déjà ponctuellement avec des éleveurs locaux, mais cet accord-cadre national a davantage d’envergure. Philippe Auger, président d’Elvea France, Yves Audo, président d’Agromousquetaires et Stéphane de Fontenay, président du format « super » d’Intermarché, envisagent un objectif de 15 000 animaux par an. Le contrat-cadre permet la compression des charges et la mutualisation des coûts de logistique et de communication. « Nous avons très vite avancé depuis notre première rencontre avec Elvea et SVA en février 2018. Soixante magasins ont déjà signé. D’autres constateront que la démarche est saine, et s’engageront », explique Philippe Auger, président d’Elvea France.

Chaque magasin doit être en mesure de s’engager auprès de deux à cinq éleveurs implantés localement capables d’approvisionner le point de vente en viande bovine. « Le contrat intègre un prix minimum garanti indexé à des éléments de coût de production. Avec cette contractualisation qui va de l’éleveur au point de vente, le prix de revient des animaux est enfin pris en compte et ça c’est nouveau, insiste Philippe Auger. La rémunération du travail de l’éleveur est bien intégrée dans le coût de production. » Le coût de production sera révisé au moins une fois par an, et plus souvent si des événements le justifient.

Des animaux de cheville destinés au rayon à la coupe

La SVA, filiale d’Agromousquetaires, le pôle alimentaire des Mousquetaires, assure grâce à son réseau la prestation allant du transport des animaux depuis l’élevage à la livraison du point de vente en carcasse. Des animations de rayon assurées par des éleveurs sont au programme. Le contrat porte sur des animaux de cheville destinés au rayon à la coupe : des vaches allaitantes avec des critères d’âge, de poids et de conformation classiques. Dix jours de maturation sont requis. « L’élevage adhère à la charte des bonnes pratiques d’élevage en version enrichie sur plan du bien-être animal, et réalise un diagnostic environnemental », précise Philippe Auger.

Les signataires du contrat ont joué la transparence lors de la conférence de presse, en annonçant par exemple pour une Charolaise U-, un prix éleveur de 4,12 euros/kgC, et un prix de 5,20 euros/kgC arrivé au point de vente. Entre les deux, on trouve 0,18 euro pour le négociant, 0,85 euro pour la prestation de l’abattoir et 0,05 euro pour la prestation de l’organisation de producteurs.

Des contrats analogues fonctionnent déjà chez Intermarché pour les porcs (1 million d’animaux par an) et le lait.

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