Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Quatre scénarios prospectifs à échéance 2025

Dans quel contexte évolueront les fermes à horizon 2025 ? Une prospective a été réalisée par les services du ministère de l’Agriculture. Quatre scénarios sont proposés.

Entre conjoncture morose, importance des investissements, remise en cause du métier et du produit, incertitudes liées à la PAC et au climat… bien des jeunes s’interrogent. Et manifestement leurs interrogations interrogent à leur tour les hautes sphères de l’administration.

Scénarios contrastés mais plausibles

Une prospective a été réalisée par les services du ministère de l’Agriculture. Elle ne se cantonne pas à la viande bovine mais globalise la réflexion à l’ensemble des productions. Souhaitables ou non, quatre scénarios contrastés mais plausibles ont été retenus.

Les auteurs ont estimé qu’à échéance 2025, différentes constantes s’appliqueront à l’agriculture. Les exploitations seront forcément impactées par les attentes de la société (moindre utilisation des phytosanitaires, réduction des gaz à effet de serre…). Autre constante, le recul prévisible du départ à la retraite, lequel se traduira par un recours accru à des entreprises et un désinvestissement chez ces éleveurs âgés. Avec des exploitations de dimension de plus en plus conséquente le montage financier pour les transmettre sera forcément complexe. Dans certains scénarios il est envisagé l’ouverture du capital à des tiers. Sans exclure non plus de permettre à l’aval et à des fonds d’investissement d’entrer au capital des entreprises agricoles. Lesquelles seraient alors considérées comme n’importe quelle PME lors de la transmission.

Chaque scénario s’inscrit dans des contextes économiques pouvant être différents : prix des matières premières agricoles, poids de l’aval, place des circuits de proximité… L’autre grosse variable réside dans le devenir des aides compensatoires : aides couplées ou non, aide unique à l’hectare, nationale ou européenne, remplacement des aides directes par des dispositifs assurantiels, mesures incitatives ou non pour accompagner les changements de pratiques, plus ou moins grande latitude donnée aux régions pour mettre en œuvre des politiques agricoles…

Les quatre scénarios sont plus ou moins optimistes si l’on s’en tient au souhait de voir perdurer des exploitations familiales. Prédire le devenir de l’agriculture est forcément un exercice difficile. Il convient évidemment d’analyser ce travail avec recul. Il s’agit d’abord et avant tout de pistes de réflexions.

En savoir plus

Transmission en agriculture 4 scénarios prospectifs à 2025, rapport de 120 pages facile à trouver en tapant son titre sur un moteur de recherche sur internet. Il est la réponse à une lettre de mission adressée en 2014 par le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture au Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux.

Les quatre scénarios

1- Le scénario Des agricultures héritées conduit à un prolongement des tendances antérieures. Le budget consacré à la PAC ne connaît pas de remise en cause majeure en 2020 mais s’érode lentement. L’évolution des modalités du soutien s’inscrit dans une harmonisation des aides découplées et un maintien des aides couplées. Le contexte économique reste dominé par la volatilité des prix. La hausse des intrants demeure. L’aval (IAA et distribution) continue à renforcer son pouvoir sur l’amont.

2- Dans le scénario Des agricultures contractualisées, les soutiens communautaires sont réduits. Le choix d’une « PAC assurantielle » consolide l’approche entrepreneuriale d’une agriculture qui contractualise avec l’aval. Le second pilier de la PAC évolue dans un double mouvement : soutien de certaines productions et ouverture plus large au développement rural non agricole. Les exploitations sous forme sociétaires progressent. Le nombre d’agriculteurs diminue et certains territoires fragiles sont marginalisés.

3- Dans le scénario Des fermes firmes, l’agriculture s’inscrit dans le mouvement de libéralisation de l’économie. Les aides découplées sont fortement réduites et harmonisées au niveau européen en vue de leur disparition. Les mécanismes de régulation des marchés et les aides couplées sont supprimés. Le second pilier de la PAC est réorienté sur le développement rural hors agriculture. Industriels et distributeurs tendent à intégrer la production. Les fermes prennent la forme de PME.

4- Le scénario Des agricultures territorialisées s’appuie sur la proximité. Les aides découplées à l’hectare sont réduites et harmonisées au niveau national, les aides couplées aux productions sont réservées à certains territoires, le verdissement des aides est renforcé. Avec le soutien des pouvoirs publics, les agriculteurs développent une activité diversifiée et écologiquement intensive dans des entreprises le plus souvent sous responsabilité familiale. La PAC reste forte. Le métier reste attractif et attire de nouveaux profils.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Bovins Viande.

Vous aimerez aussi

Vignette
24 propositions pour le renouvellement générationnel

La Confédération nationale de l'élevage et les Jeunes Agriculteurs présentent un livre blanc sur le…

Vignette
Le Comité national d’éthique dessine l’abattoir de demain
Le Conseil national de l’alimentation a adopté en février un avis sur la bientraitance animale à l’abattoir. C’est le fruit des…
Vignette
Le prix du bétail conditionnera le renouvellement des générations
Sans prix du bétail attractif, le renouvellement des générations d’éleveurs va poser problème. Telle pourrait être la conclusion…
Vignette
Retards de paiement des aides bio : trois éleveurs saisissent la justice
Dans un communiqué du 23 février, la FNAB annonce qu'elle accompagne trois agriculteurs qui ont lancé des recours administratifs…
Vignette
Zones défavorisées : des élus de Saône-et-Loire démissionnent
Ils dénoncent depuis de nombreux mois l'exclusion de huit communes situées près de Cluny du classement en zone défavorisée. Le…
Vignette
Renouveler les générations d’éleveurs
Une part croissante des cheptels allaitants est actuellement détenue par des éleveurs de plus de 50 ans. La reprise de ces…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande