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Life Beef Carbon : connaître et promouvoir les systèmes bas carbone

Le plan d’action visant à réduire l’empreinte carbone de la filière viande bovine est à mi-parcours. Premiers résultats et témoignage d’un éleveur innovant.

Lancé en 2016 pour une durée de quatre ans, le plan d’action Life Beef Carbon (projet commun à la France, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne) a pour objectif de réduire de 15 % en dix ans l’empreinte carbone de la viande bovine, ce qui correspond à l’équivalent de 150 000 tonnes de CO2 économisées.

« Ce plan doit permettre d’objectiver l’impact environnemental des exploitations bovins viande pour donner des réponses chiffrées face aux attaques de la société et d’identifier le gisement d’améliorations et le coût de sa mobilisation. Il doit à la fois être un programme de performances environnementales, techniques et économiques, en améliorant celles des élevages, via l’entrée carbone », observe Josselin Andurand de l’Institut de l’élevage, lors d’une journée de restitution sur le plan carbone de la filière laitière. À la mi-parcours, Life Beef Carbon a déjà mis au point un outil de diagnostic en élevage capable de mesurer la performance environnementale (impacts sur l’air, l’eau, la biodiversité et l’énergie), la performance nourricière, les incidences économiques afin d’établir des plans d’action. Le recrutement des 170 fermes innovantes de référence des 4 pays concernés par ce plan, produisant de la viande bovine à faible impact carbone et des 2 000 fermes de démonstrations se termine. Les 190 conseillers ont par ailleurs été formés à la réalisation des diagnostics qui se finiront avant la fin de l’année. L’empreinte carbone d’un élevage allaitant se calcule à partir des émissions de gaz à effet de serre moins le stockage du carbone.

Pas d’antagonismes entre environnement et économie

Des fiches par système de production (naisseur, naisseur-engraisseur de jeunes bovins…) sont d’ores et déjà disponibles sur le site de l’Institut de l’élevage. Les 125 fermes innovantes françaises feront l’objet de portes ouvertes et de publications qui détailleront leurs pratiques. « La plupart des leviers sont gagnants sur le plan économique. Il n’y a pas d’antagonismes entre gaz à effet de serre et performances économiques de l’élevage », rappelle Josselin Andurand. Les résultats du plan d’action de la filière laitière (Life Carbon Dairy) qui se clôture, viennent conforter ce fait. Le lien environnement-économie a été confirmé : les fermes bas carbone ont en effet une meilleure performance économique. Pour réduire l’impact environnemental et améliorer les contributions positives, la production laitière s’est appuyée sur cinq thématiques : la gestion du troupeau, notamment de l’élevage des génisses, le stockage carbone, la conduite des cultures, l’alimentation du troupeau et la consommation d’énergie. « Les premiers résultats issus de Life Beef Carbon mettent en évidence un effet système. Les premiers kilos produits sont également les plus émetteurs », souligne Josselin Andurand.

« Mon objectif une empreinte carbone à zéro »

L’élevage de 80 mères limousines sur 103 hectares (prairies) de Nicolas Onfroy, à Sainte-Marie-du-Mont dans la Manche, fait partie des fermes innovantes Beef Carbon. « Il est difficile pour un éleveur d’estimer ses émissions. Je trouvais donc intéressant de disposer de chiffres et de pouvoir se comparer à d’autres », note le chef d’exploitation venu témoigner lors de cette journée de restitution. Après une installation en système tout herbe en 2014, la conversion à l’agriculture biologique en 2015, le développement du circuit court et l’investissement dans des panneaux photovoltaïques en 2017, l’éleveur – installé dans une zone de marais – souhaitait aller encore plus loin dans ses orientations environnementales. Ainsi, quand il a calculé son empreinte carbone sur l’année 2016, elle était de 2,5 kgéq CO2/kgvv (émissions brutes de GES à 14,6 kgéq CO2/kgvv moins stockage de carbone à 12,2). L’exploitation capte en effet 80 % de ses émissions grâce à ses prairies et ses 16 km linéaires de haies par hectare, consomme peu d’énergie et perd peu d’azote dans l’air et pas dans l’eau. L’élevage permet de nourrir 140 personnes, stocke 84 tonnes de carbone et entretient 132 équivalent hectares de biodiversité. Ce premier bilan ne prend pas en compte la production d’énergie des panneaux photovoltaïques qui représente l’un des leviers pour réduire les émissions de GES. « Les panneaux permettent de produire deux fois plus d’énergie que j’en consomme. Le troupeau étant jeune et en accroissement jusqu’à présent, je vais désormais mettre en place des leviers sur la conduite des animaux en réduisant ceux improductifs, en limitant le nombre de vaches vides, en raccourcissant le délai dernier vêlage réforme et en poursuivant le travail sur la génétique. Par ailleurs, la plantation d’alignement d’arbres dans le marais est prévue. Mon objectif final est d’atteindre une empreinte carbone nulle », précise Nicolas Onfroy.

À savoir

Neuf fiches, sur lesquelles ont été regroupés les élevages, selon le type d’atelier bovins viande, ont été élaborées. Elles présentent les résultats techniques et environnementaux des exploitations bovins viande des réseaux d’élevages Inosys ayant bénéficié d’un diagnostic environnemental CAP’2ER® niveau 2. Elles permettent à toutes les fermes ayant bénéficié d’un diagnostic CAP’2ER® de se comparer à une population similaire.

www.idele.frhttp://idele.fr/filieres/bovin-viande/publication/idelesolr/recommends/…

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