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Le contrôle de performances en ferme évolue pour la race Aubrac

L’organisme de sélection Aubrac fait évoluer les protocoles de collecte de données en ferme pour les éleveurs d’Aubrac. L’objectif est de conforter le nombre de données recueillies afin de gagner en efficacité et précision pour l’évaluation génétique sur les critères clés que sont les facilités de naissance et l’aptitude à l’allaitement.

Collecter davantage de poids de veaux entre 3 et 5 mois permettra d’avoir davantage de vaches pour lesquelles un ALait pourra être calculé.  © F. d'Alteroche
Collecter davantage de poids de veaux entre 3 et 5 mois permettra d’avoir davantage de vaches pour lesquelles un ALait pourra être calculé.
© F. d'Alteroche

Depuis la mise en place du règlement zootechnique européen en 2018, les organismes de sélection (OS) possèdent de nouvelles prérogatives. Parmi elles, il y a la définition des protocoles de contrôle de performances en ferme nécessaires à la conduite d’un programme de sélection. C’est ce qui a décidé le conseil d’administration de l’OS Aubrac de faire évoluer les modalités du contrôle de performances pour les participants à son programme de sélection.

Contrairement à la plupart des autres races allaitantes, adhérer au contrôle de performances en « formule » VA4 n’est pas indispensable pour permettre à un élevage aubrac d’avoir ses animaux inscrits au livre généalogique. Ce choix est très lié à l’historique. Au moment de la relance de la race au début des années 80, l’objectif était d’abord de rassembler un maximum d’éleveurs conduisant au moins une partie de leur cheptel en race pure. Ces élevages étaient alors précieux pour élargir le plus possible l’éventail des animaux et donc des lignées disponibles afin de permettre de sauvegarder puis faire redémarrer une race qui dans les années 70 était véritablement menacée par une pratique trop généralisée du croisement. Elle aurait à terme pu lui être fatale.

Conforter le nombre de données collectées

Le contexte a bien changé depuis. La race n’est plus menacée et connaît même une belle dynamique. Pour autant, cette possibilité d’être adhérent à l’Union Aubrac quelle que soit la formule retenue pour le contrôle de performances a été maintenue au fil des ans. « En 2020, sur les 660 élevages adhérents au livre généalogique, 210 étaient en protocole VA4 et les autres en protocole VA0 ou en Certification de parenté bovine. On a actuellement du mal à conforter la proportion du nombre d’adhérents en VA4 », reconnaît Cyril Leymarie, responsable technique de l’OS. Ce phénomène est accentué par le contexte de crise. Bien des éleveurs entendent réduire les différentes charges liées au fonctionnement de leurs exploitations et bon nombre d’entre eux sont désormais équipés en propre d’installations de contention associées à une bascule. Le développement de la pesée par l’éleveur permet de répondre à cette problématique. « C’est dommage, le protocole VA4 est un super outil », regrette Cyril Leymarie.

Comme les quelque 400 élevages jusqu’à présent en protocole VA0 sont potentiellement apporteurs de données techniques précieuses pour permettre une meilleure évaluation des reproducteurs, la volonté est forcément de chercher à mieux en tirer parti. Pas question pour autant de rendre obligatoire l’adhésion au protocole VA4 pour tous les élevages dont le cheptel est inscrit au livre généalogique. Cette éventualité a été rejetée par les conseils d’administration de l’Union et de l’OS Aubrac, lesquels ont pour autant souhaité maintenir l’existence d’un protocole complet type VA4 pour les volontaires. Mais les deux conseils d’administration ont également réaffirmé leur volonté de pouvoir faire évoluer les choses de façon à élargir à tous les élevages adhérents la collecte de données analysées comme prioritaires pour la conduite du schéma de sélection. Cela concerne plus particulièrement les informations sur le poids des veaux à la naissance puis à 120 jours. Ces informations jusque-là non disponibles pour les élevages en VA0 sont autant de données précieuses pour élargir à un plus grand nombre l’évaluation des facilités de naissance et des aptitudes à l’allaitement, deux données clés pour maximiser la productivité numérique et permettre une croissance des veaux de bon niveau et surtout de la façon la plus autonome possible. Ces deux aptitudes sont une priorité en termes d’objectifs de sélection.

Trois « packs » pour le contrôle de performances

« Compte tenu des évolutions de la réglementation liées à la mise en place du règlement zootechnique européen, l’objectif de notre conseil d’administration a été de créer de nouvelles formules pour le contrôle de performances », précise Cyril Leymarie. L’idée est de collecter à moindre coût dans tous les élevages adhérents ces données essentielles au schéma de sélection. « Plus on en aura et plus cela nous permettra de faire avancer la race. Les éleveurs sont prêts à fournir ces données. Ils en comprennent bien entendu tout l’intérêt pour faire avancer ce travail collectif. Ils veulent juste que cela leur coûte le moins cher possible ! »

Des discussions ont donc été entreprises avec les organismes Bovins Croissance, France conseil élevage et l’Institut de l’élevage. À partir de la campagne de vêlage 2020-2021 qui vient de démarrer, quelle que soit la localisation de l’élevage, les organismes bovins croissance concernés doivent proposer à leurs adhérents actuellement en protocole VA0 et détenant un cheptel inscrit à l’Union Aubrac un des trois niveaux de collecte des données en ferme (voir encadré). Selon les tarifs qui seront proposés, certains éleveurs jusque-là en VA4 pourront forcément être tentés de passer en pack croissance ou même en pack qualités maternelles.

Fin août, aucun de ces organismes n’avait laissé entrevoir le coût de leurs services pour chacune de ces trois possibilités. « On va essayer de faire en sorte qu’un maximum de pesées réalisées par les éleveurs puissent être prises en compte. L’Aubrac est pour l’instant la seule race à avoir suggéré des évolutions dans ces modalités de recueil des données du contrôle de performances. Nous ferons un bilan au terme de cette première campagne de collecte des données 'nouvelle formule'. À son issue nous pourrons éventuellement envisager quelques adaptations. »

Les trois nouvelles possibilités

• Le pack qualités maternelles correspondra au socle de base. Il permet d’obtenir un poids âge type à 120 jours et une évaluation du potentiel d’allaitement : Alait. Il repose sur des déclarations de naissance fiables et sur au moins une pesée entre 3 et 5 mois pour l’ensemble des veaux du cheptel qu’ils soient purs ou croisés. Pour les systèmes aubrac les plus courants avec des vêlages très groupés en début d’hiver, cela coïncide avec la pesée de début de printemps juste avant la mise à l’herbe. Si les vêlages sont plus étalés il y aura forcément une seconde séance de pesée. Ce protocole inclut également un accompagnement technique des OBC.
• Le pack croissance intègre les mêmes données que le pack qualités maternelles (déclarations naissance fiable et pesée (s) entre 3 et 5 mois) auxquelles s’ajoute un poids autour du sevrage. Comparativement au pack qualités maternelles, il permet d’obtenir en plus un PAT à 210 jours et une évaluation du potentiel de croissance (CRsev). Ce protocole inclut là encore un accompagnement technique des OBC.
• Le pack morpho intègre l’ensemble de données du pack croissance auxquelles s’ajoute un pointage des veaux autour du sevrage et comparativement au pack croissance permet d’obtenir les index DMsev Dssev. Ce protocole inclut l’accompagnement technique des OBC et correspond à l’ex-VA4.

La nécessité de proposer de nouvelles options

Ces trois nouveaux protocoles pour le contrôle de performances en Aubrac ont été définis pour répondre à plusieurs objectifs :

- mettre l’éleveur au centre du dispositif en assurant une bonne fiabilité des données ;
- permettre aux éleveurs (et à la race !) de collecter davantage de données pour trier et hiérarchiser les reproducteurs sur les fondamentaux raciaux ;
- assurer une valorisation technique des données collectées ;
- s’adapter aux évolutions du contexte de l’élevage. L’accroissement de la dimension des cheptels en conciliant fiabilité et contraintes, mais également l’informatisation des exploitations laquelle permet désormais d’utiliser différentes sources de données comme des données commerciales intégrant des poids d’animaux. Il s’agit également de mieux prendre en compte l’évolution des équipements sur les exploitations (contention et bascules…) allant dans le sens de davantage de pesées par les éleveurs.

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