Aller au contenu principal

Jean-Luc Angot, inspecteur général de santé publique vétérinaire
Le Comité national d’éthique dessine l’abattoir de demain

Le Conseil national de l’alimentation a adopté en février un avis sur la bientraitance animale à l’abattoir. C’est le fruit des 18 mois de travail du Comité national d’éthique des abattoirs (CNEAb), instance qui réunit tous les acteurs concernés.

Jean-Luc Angot, inspecteur général de santé publique vétérinaire, ministère de l'Agriculture, et président du CNEAb. Le comité national d’éthique des abattoirs a été mis en place suite à la commission d’enquête parlementaire de 2016. Il réunit des membres du Conseil national de l’alimentation, des professionnels du secteur, des associations de protection animale, des vétérinaires, des représentants des cultes et des chercheurs (sociologues, juristes, philosophes…).
© P. Xicluna/ministère de l'Agriculture

Comment fonctionne le Comité national d’éthique des abattoirs ?

Jean-Luc Angot - "De septembre 2017 à janvier 2019, des débats ont été organisés. Ils ont permis de partager un socle commun de connaissances. Les membres se sentent chacun partie prenante, ils ont appris à se connaître et à échanger des arguments. Un processus de maturation des positions s’est opéré. Le sujet étant tellement sensible, la coconstruction est la seule méthode possible pour arriver à définir des recommandations. L’avis 82 du Conseil national de l’alimentation est un point d’étape. Les travaux doivent se poursuivre pour une évolution harmonieuse des pratiques. La pérennisation du CNEAb est d’ailleurs en bonne voie."

Les recommandations du CNEAb visent à renforcer les bonnes pratiques. Est-ce suffisant ?

J.-L. A - "Il est apparu au sein du CNEAb qu’il n’y a pas nécessité à faire évoluer la réglementation, d’autant plus que la Loi agriculture et alimentation apporte des nouveautés (sanctions renforcées, expérimentations des caméras et de l’abattoir mobile) et que la réglementation européenne est déjà relativement fournie. De la même façon que le « paquet hygiène » depuis 2006 responsabilise les professionnels sur la sécurité sanitaire, il s’agit d’en faire autant pour la bientraitance animale à l’abattoir.

Le CNEAb encourage ainsi les initiatives de grilles d’évaluation de la bientraitance en abattoir par les professionnels, en collaboration avec des associations de protection animale. Cela peut prendre la forme d’autocontrôle et/ou de contrôle par un organisme tiers. L’important est que chaque abattoir définisse sa stratégie, qui sera ainsi adaptée à son établissement. Celle-ci peut prendre la forme d’un étiquetage sur le produit. Il faut cependant harmoniser le tout avec un référentiel unique pour plus de lisibilité au niveau du consommateur."

Que recommande le CNEAb pour l’amélioration de l’efficacité des contrôles officiels ?

J.-L. A - "Chaque service vétérinaire d’inspection en abattoir devrait conduire une réflexion pour optimiser les temps de présence des contrôleurs officiels sur les différents postes et proposer, sous réserve de moyens, une évolution de ce temps de présence en ante mortem en pourcentage de temps de travail. Plus généralement, le CNEAb recommande d’augmenter les effectifs pour renforcer la présence des contrôleurs vétérinaires en ante mortem. Les petits abattoirs sont particulièrement exposés au manque d’effectif. À moyens constants de l’État, ces recrutements doivent être financés par la redevance sanitaire d’abattage. Dans l’attente de nouveaux recrutements, il pourra être envisagé de mener une réflexion sur la répartition des effectifs des services 'sécurité sanitaire des aliments' et 'services de protection animale' des DD (CS) PP."

Comment renforcer la position du responsable protection animale ?

J.-L. A - "Les travaux du CNEAb montrent que le rôle du responsable protection animale doit être réaffirmé, et son statut légalement défini sur le même modèle que celui des délégués du personnel afin de protéger l’indépendance de sa mission. Il doit aussi être intégré dans un réseau au niveau national, géré par les fédérations professionnelles, avec un représentant national du réseau désigné. La possibilité d’un signalement direct par un salarié à un tiers (administration…) doit aussi être organisée."

Que recommande le CNEAb pour améliorer les conditions de travail des salariés dans les abattoirs ?

J.-L. A - "Des améliorations techniques dans certains abattoirs ont permis de soulager les opérateurs des gestes les plus difficiles et les plus répétitifs. Ce type de démarche doit être généralisé et approfondi : réduction du temps de travail, pause, protections, réductions des cadences de travail et de la pénibilité, rotation régulière sur les postes sur la base du volontariat, développement d’outils innovants, tels que l’ergonomie sur les postes et les exosquelettes, formation adéquate pour l’ensemble des personnels concernés. Par ailleurs, il est nécessaire de proposer un suivi psychologique et/ou une cellule d’écoute pour les salariés volontaires."

 

Retrouvez l’avis 82 du Conseil national de l’alimentation C’est un document assez épais, qui retrace les consensus et les dissensus du comité. Douze points clés faisant l’objet d’un consensus sont mis en avant.

La co-construction est la pièce maîtresse de ce dispositif

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

La production de veaux sous la mère n’a pas vu d’embellie sur ses cours contrairement aux autres productions d’élevage.
Le veau sous la mère subit de plein fouet la crise
Confrontée à la progression des prix du maigre et à l’érosion du nombre de producteurs, la filière veau sous la mère est inquiète…
« On voulait un système de barrière qui nous aide à canaliser des lots de bétail entre des bâtiments. Mais on voulait aussi quelque chose de mobile et facile à déplacer. » expliquent Pierre et Alexandre Coudour. Père et fils ont pour cela mis au point cette barrière de 4 mètres de long contre laquelle peut venir se rabattre deux barrières de 3 mètres soit 10 mètres une fois dépliées. Ce n’est pas pour autant un outil de contention à proprement ...
"J'ai fabriqué une barrière mobile pour canaliser les bovins"
Au Gaec des Belins à Saint-Forgeux-Lespinasse, dans la Loire, une barrière mobile dépliable facile à déplacer aide à canaliser…
Le Gaec Camus Père et Fils s’est illustré lors des 72 heures de la Limousine
  L’édition 2022 du concours national Limousin s’est tenue pour la première fois dans la Sarthe, dans le cadre de la Foire du…
Le marché européen du jeune bovin bien orienté
En Allemagne et en Italie, les cours des jeunes bovins ont entamé leur hausse saisonnière. Entre une offre globalement limitée et…
A côté des baignoires, une partie des abreuvoirs sont métalliques et permettent d’être alternativement utilisés dans deux voire trois pâtures compte tenu de la gestion des lots en pâturage tournant.
De l’eau de forage 365 jours par an pour abreuver les bovins
Installé dans le Puy-de-Dôme, le Gaec Courteix a mis en place un forage en 2010. Il approvisionne tout l’hiver les abreuvoirs des…
Après : Les salers peuvent boire mais n'ont plus la possibilité de patouiller dans le ruisseau. À signaler au centre de la photo, l'aménagement d'un franchissement avec un tuyau en PHED permettant au bétail et aux engins de franchir à sec le ruisseau.
De l’eau propre pour abreuver les bovins sans salir les ruisseaux
L’aménagement de points d’eau en pâture diminue le salissement des ruisseaux et les atteintes à l’environnement en permettant aux…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande