Gaec Garde Mazet Chaffraix : « cinquante ans de sélection charolaise »
Clément Mazet et Mathieu Garde, éleveurs de charolaises dans le Puy-de-Dôme, ont posé pour l’affiche du Sommet de l’Élevage. 2025 est pour eux la consécration de cinquante ans de sélection charolaise, menée avec passion et professionnalisme.
Clément Mazet et Mathieu Garde, éleveurs de charolaises dans le Puy-de-Dôme, ont posé pour l’affiche du Sommet de l’Élevage. 2025 est pour eux la consécration de cinquante ans de sélection charolaise, menée avec passion et professionnalisme.

« Partis du troupeau de trente « blanches » de mon grand-père, nous faisons vêler aujourd’hui 115 vaches inscrites. En 1975, c’est notre premier concours. En 1984, mon père Roland presse la coopérative d’insémination de proposer des taureaux « élevage » en plus de ceux de croisement sur laitière. Puis, un ambitieux programme de transplantation embryonnaire naît pour améliorer la génétique voie femelle. En 1989 se créait le Gie Charolais Leader pour améliorer collectivement la voie mâle. L’objectif est de s’allier pour acheter de la génétique haut de gamme à la vente nationale inaccessible individuellement. Le Gaec a toujours fait partie des pionniers d’initiatives collectives », éclaire Mathieu Garde, éleveur à Condat-en-Combraille dans le Puy-de-Dôme.
Il s’installe en 2001 et continue la sélection du troupeau en participant aux grands rendez-vous nationaux, au Sommet où l’élevage a été présent depuis le début, tout en participant aux concours locaux car les éleveurs sont très attachés au dynamisme du territoire.
« Mon père retraité, je me suis associé à ma belle-mère pour agrandir l’exploitation et, dans le souci d’offrir à ma famille une vie « normale » (avec des vacances !) j’ai cherché un associé. Clément Mazet, jeune voisin, hors cadre familial, lui aussi passionné de génétique, nous a rejoints après un stage de parrainage en 2015 ».
Le charolais, Rolls Royce de la croissance
Si Mathieu affiche un profil « commercial », Clément est plus « technicien ». Peu après son installation, ce dernier prend la présidence de Bovins Croissance. « Les préoccupations de qualité de vie nous ont amenés à participer au programme naissances faciles du Herd-book. Faisant de la vente directe de viande et du bœuf à la broche, les qualités bouchères font partie de nos préoccupations génétiques pour répondre aux attentes de nos clients », indique Clément. « L’atout majeur de la charolaise est sa capacité de croissance obtenue avec des fourrages grossiers » renchérit-il. « L’avenir, sur notre exploitation ou dans nos structures de conseil, c’est de répondre aux défis climatiques. La race s’adapte aux fortes chaleurs et permet aux prairies qui la nourrissent un bon stockage de carbone. Elle a de remarquables atouts qu’il faut mesurer et développer comme nos anciens l’ont fait avec la croissance et les qualités. »
Le BGTA 2024 indique que le Gaec s’inscrit bien dans cette recherche de croissance : l’index CRsev des veaux est de + 2,2 kg en effet direct (1,8 kg provenant de l’ascendance maternelle et 2,5 kg de l’ascendance paternelle). Cet apport génétique s’accompagne d’une grande maîtrise technique avec un effet élevage de + 28,7 kg.
Le taureau choisi pour l’affiche du Sommet de l’Élevage 2025, Trianon, est un habitué des podiums : 1er en section XVIII mois au National 2023 et 1er en 30 mois au Sommet 2024.
Une étude économique sur les taureaux inscrits A + au Herd-book charolais
À la demande de l’OS Charolais France, l’Institut de l’Élevage a analysé douze millions de résultats d’abattage de vaches, génisses et jeunes bovins de type racial charolais au niveau national entre 2008 et 2023.
« Les animaux issus de taureaux inscrits A + présentent un poids de carcasse initialement plus élevé en 2008 et connaissent une progression plus rapide au fil des ans », selon cette étude. Pour les vaches, sur cette période, celles issues d’un taureau A + progressent de 2,57 kgC/an contre 1,75 kgC/an pour celles issues d’un taureau non inscrit et 2,08 kgC/an pour celles issues d’un taureau d’une autre classe de mérite. Les produits issus de taureaux A + bénéficient d’une note de conformation supérieure de 0,3 tiers de classe par rapport à celle des produits issus de taureaux non inscrits ou d’une autre classe de mérite.
L’impact économique a été simulé sur deux cas types en conjoncture 2023. Pour un naisseur-engraisseur (108 vaches) du bassin charolais, la plus-value liée aux taureaux A + est de + 6 956 € soit + 84 €/UGB par rapport à l’utilisation d’un taureau non inscrit. En système naisseur avec 83 vaches, le produit supplémentaire atteint + 7 305 € (soit 146 €/UGB). « Ces taureaux inscrits A + offrent également une diversité génétique ».
Soixante pour cent des veaux charolais en France sont issus de taureaux inscrits A +.