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[Fières d'être éleveuses] "J'aime mon métier en complicité avec mon troupeau"

À 25 ans, Clémence Daguenet est une éleveuse avisée et autonome. Elle gère le troupeau familial d’une centaine de blondes depuis déjà quelques années.

Clémence Daguenet s’est installée en novembre 2016, peu après l’obtention de son bac pro CGEA. « L’opportunité était là, alors je l’ai saisie », explique tout simplement la jeune femme. Elle travaille ainsi à Saint-Gervais-de-Vic dans la Sarthe, en EARL avec ses parents Laurence et Emmanuel. La configuration devrait rester stable pour au moins la dizaine d’années à venir, avec 330 hectares de SAU dont une centaine en prairies, et 100 vêlages de blondes d’Aquitaine en système naisseur-engraisseur.

La conduite du troupeau est aussi restée quasiment la même, bien calée sur une double période de vêlage et des premiers vêlages à 30 mois. « Nous nous sommes équipés d’un détecteur de vêlages. Un outil pour moi indispensable aujourd’hui. Et j’ai aussi décidé de faire inséminer une partie des génisses », explique Clémence Daguenet. Les femelles sont vendues en direct à des bouchers, et les jeunes bovins partent eux aussi en direct à l’abattoir. La filière courte est une valeur forte de l'exploitation.

Clémence Daguenet a travaillé six mois pour un élevage charolais voisin avant de s’installer. Elle connaissait de toutes façons déjà tous les rouages de son élevage. C’est elle qui assume tout l’élevage et sa partie administrative, et elle aide pour les travaux au champ. Sa mère s’occupe de la comptabilité et participe à l’alimentation des bovins, et son père gère les cultures.

Conduite du tracteur maîtrisée

« En rentrant du collège, j’aidais déjà mes parents les jours où ils avaient moins de temps. Je paillais seule par exemple. J’ai appris tôt à conduire le tracteur. » Et c’est peut-être la principale différence qu’elle voit entre elle et la génération précédente d’éleveuses, qui s’est moins formée en machinisme.

Quand à l’âge de 16 ans, elle livrait à la coop par exemple, Clémence Daguenet ne passait pas inaperçue. Au lycée non plus, car elle se dévouait souvent pour passer la première pour effectuer les travaux pratiques en équipement. Encore aujourd’hui, il arrive qu’on lui fasse des compliments quand elle réalise prestement une opération banale, comme décharger un camion de sacs d’engrais, alors que pour elle c’est juste normal de le faire.

« Maintenant, c’est quand même beaucoup plus courant de voir des femmes conduire les tracteurs et assurer les travaux dans les cultures, observe-t-elle. Je peux faire tout, j’ai juste un peu moins l’habitude de semer. Je connais les bases en mécanique - ce qu’il faut pour se débrouiller. »

Une relation forte avec le troupeau

Mais ce qu’elle préfère, c’est bien son troupeau. Clémence Daguenet est très attachée à ses vaches, et elles le lui rendent bien. Le calme et la bonne santé du troupeau sautent aux yeux. La jeune éleveuse bénéficie d’un entourage attentif, avec ses parents au quotidien dans le travail, et dans la vie privée un compagnon qui la soutient.

« Je passe le temps qu’il faut sur l’exploitation. Parfois, je pars très tôt, et il arrive que je rentre aussi très tard. Je sais qu’à la maison je suis comprise, et que s’il y a des tâches ménagères à faire, elles seront avancées. » Et de façon générale, comme il y a d’autres filles installées en élevage autour d’elle, Clémence Daguenet ne se sent pas du tout un cas particulier.

Le travail est dur, mais épanouissant. Les installations (équipement, contention…) lui permettent de faire tout ce qu’elle à faire. C’est parfois « pour aller plus vite » qu’elle fait des efforts physiques, mais elle sait qu’il faut prendre soin de ses articulations et de son dos, même à son âge, pour ne pas se blesser ou développer des pathologies plus tard avec les années. « Le week-end, nous travaillons tous les trois pour aller plus vite et en 1h30 l’hiver c’est fait. Nous avons le reste de notre journée de libre. Je prends des vacances la semaine du 15 août, et mes parents partent en général en juin. »

Clémence Daguenet aime aller en réunions professionnelles pour apprendre, et pense qu’il faut toujours chercher à évoluer dans son métier. « J’ai déjà participé aux quatre jours du Mans. C’est très plaisant d’échanger sur nos animaux avec les autres éleveurs, mais j’ai décidé de ne pas faire de concours car cela demande trop de temps. »

Elle s’est engagée dans le syndicalisme, et elle est désormais présidente des JA au niveau de son canton. « J’étais déjà vice-présidente, et j’ai été élue un peu faute de volontaires », s’amuse t’elle. Une responsabilité qu’elle assume avec naturel et distanciation. « Je pense qu’il faut s’informer le plus possible à la source, et discuter avec les autres jeunes agriculteurs. »

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