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Elvea France : les filières qualité à l’épreuve de la conjoncture

Le niveau inédit des prix de marché oblige à penser autrement les filières qualité. Le réseau Elvea France veut garder ce lien structurant avec ses partenaires de l’aval, et va travailler cet automne avec eux sur les cahiers des charges et les plus-values.

La hausse exceptionnelle des prix de marché des bovins met au défi les filières qualité des organisations de producteurs sans transfert de propriété du réseau Elvea France. Cela décourage les éleveurs, qui ont des contraintes à respecter pour y participer. « Nos filières, c’est important. Il faut qu’on garde ce lien avec les abatteurs, transformateurs, distributeurs », a fait valoir Philippe Auger, président d’Elvea France lors du congrès national de l’organisation, début septembre à Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire.

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Philippe Auger, président d'Elvea France

« Nous, OP Elvea, devons être responsables et préparer l’avenir. Il faut déjà qu’on revoie nos cahiers des charges, et qu’on rediscute calmement de la plus-value. Aujourd’hui, c’est compliqué de demander à nos partenaires de continuer à mettre les 30 centimes qu’ils ont eu le courage de donner au moment où on en avait vraiment besoin. » Pour le président d’Elvea France, ce travail sur les filières doit aboutir dans les quatre à six prochains mois. « Le jour où une filière tombe, quelle qu’en soit la raison, l’expérience nous a montré qu’elle ne se relève jamais. »

De gros enjeux avec la réforme de la PAC

Pour Philippe Auger, la prochaine réforme de la PAC pourrait être piégeuse. « Les décideurs vont plutôt aller dans le sens de dire ‘voyez déjà ce que vous avez avec les cours actuels en vendant vos bêtes’. Or, les aides directes liées aux vaches allaitantes sont le garant de la stabilité de la filière, et donc de la souveraineté alimentaire. » La perspective de les perdre, au profit peut-être de programmes opérationnels, n’offre aucune visibilité à long terme aux éleveurs sur leur environnement économique. « Ce serait très compliqué d’encourager à l’installation. »

Sur le sujet de la transmission et de la reprise des élevages d’ailleurs, une réflexion sur la défiscalisation pour les cédants dont le cheptel est repris devrait être lancée. Elvea France portera la proposition auprès des structures idoines. Elle appelle aussi au développement d’une communication positive sur le métier d’éleveur et son entourage professionnel. Au cours des débats avec les représentants des négociants et des abatteurs, l’idée d’un engagement multipartenarial de longue durée sur le soutien de l’activité de naissage a été évoquée plusieurs fois.

Une évolution des critères de reconnaissance

Elvea France avance d’autre part sur un assouplissement des éléments de reconnaissance par le ministère pour les éleveurs adhérents aux organisations de producteurs sans transfert de propriété « d’ici la fin de l’année ». « Des choses qui étaient valables il y a dix douze ans ne le sont plus aujourd’hui. » En France, selon l’article D551-22 du Code rural, le membre producteur dans le secteur bovin s’engage à apporter à l’OP ou aux acheteurs désignés par celle-ci, 75 % de son volume, hors vente directe. Selon Elvea France, cette règle est difficilement applicable pour les éleveurs membres d’une OP sans transfert de propriété en raison de la présence de plusieurs catégories de bovin au sein d’une exploitation, impliquant une diversité d’acheteurs. De plus, tous les bovins ne peuvent pas être valorisés auprès des acheteurs désignés, ces derniers recherchant souvent des catégories précises.

L’accompagnement des éleveurs et la proposition de services sont toujours la mission première des organisations de producteurs. « Elvea France assure une veille active sur les innovations et le partage de bonnes idées au niveau des structures. »

En savoir plus

Elvea France est constituée d’un réseau de 28 organisations de producteurs (OP) sans transfert de propriété, regroupant environ 10 000 élevages. Elle pèse 1,2 million d’UGB soit environ 45 % des éleveurs organisés.

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