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Elevage bovins viande : Les revenus 2025 s'annoncent en belle progression

Grâce à la spectaculaire progression des prix de vente des bovins maigres et finis tout au long de l'année 2025 et à une stabilisation des charges, et en tenant compte des pertes et coûts dus à la FCO, les résultats courants des élevages spécialisés bovins viande pour 2025 sont estimés en forte hausse par l'Institut de l'Elevage.

vaches charolaises pâturage
Les revenus courants moyens estimés pour l'année 2025 à partir des données des réseaux d'élevage Inosys sont en forte progression pour les systèmes d'élevage bovins viande.
© S.Bourgeois/archives

« Jamais les prix des bovins ne s’étaient autant accrus qu’en cette année 2025 », entame l’Institut de l’Elevage dans son dossier annuel « Bovins viande année 2025 - perspectives 2026 ».  Les élevages ont bénéficié en même temps d’une baisse des charges opérationnelles (- 3% sur l’engrais, -3 % sur l’aliment acheté et - 10 % sur le carburant) qui neutralise globalement l’augmentation des charges de structure liée à l'inflation. Les estimations des résultats courants par unité de main d'oeuvre des exploitations spécialisées bovins viande, établies à partir des données des réseaux d’élevage Inosys, s'annoncent en hausse « historique », tant pour les systèmes naisseurs que pour les systèmes naisseurs-engraisseurs.

Un produit brut moyen en hausse de 20 %

Derrière cette tendance de fond des plus positives, l’Institut de l’Elevage relève que les résultats des exploitations sont plus hétérogènes que les années précédentes d’une exploitation à l’autre. Les produits des ventes de bovins maigres et finis ont progressé tout le long de l’année et donc la date des ventes (pour les jeunes bovins notemment) peuvent jouer sur le résultat de l’année calendaire. 

Lire aussi : Elevage bovin : Ces maladies infectieuses qui impactent la reproduction

Selon la localisation des élevages, les estimations présentées ici prennent en compte des surmortalités et retards de croissance des veaux liés à la FCO (et la MHE). Des frais d’élevage supplémentaires ont été comptabilisés (vétérinaire, échographie) ainsi que des ventes moins élevées. Il a aussi été tenu compte de la mauvaise qualité des fourrages distribués pendant l’hiver dans le Grand-Est, les Hauts de France et le bassin Charolais « qui ont nécessité de complémenter davantage les animaux. » Les aides couplées animales ont baissé de 3 % par rapport à 2024 mais ont été compensées, pour ceux qui y sont éligibles, par la revalorisation des ICHN. Si les prix des cultures de vente étaient en baisse sur l’année 2025, souvent le rendement meilleur qu’en 2024 a permis de maintenir le chiffre d’affaires «cultures ».

Lire aussi : Pac 2028-2034 : "D'abord un budget à la hauteur, autonome, et non dispersé dans un super fonds européen" pour la Fédération nationale bovine

Les naisseurs en zone de montagne ou pastorale ont subi une baisse de productivité globale mais au final, le produit brut progresse en moyenne de 17 % par rapport à 2024. L’EBE connait une « très belle progression de 47 % et l’efficacité de ces systèmes atteint 41 % d’EBE sur produit brut. » Le résultat courant dépasse 45 000 euros/UMO. Pour les naisseurs spécialisés en zone de plaine, c'est la quatrième année consécutive que le résultat courant par UMO progresse et il atteint 57 000 euros, « un niveau jamais atteint pour des naisseurs herbagers. » Pour l’Institut de l’Elevage, « outre un gain de rémunération, ces élevages retrouvent une capacité d’investissement longtemps mise à mal. »  Les systèmes naisseurs et cultures voient leur produit viande progresser de 20 % et l’EBE progresse en moyenne de 50 %. Le résultat courant s’affiche à 34 900 euros/UMO contre 9200 euros en 2024.

Les naisseurs engraisseurs de veaux de lait sous la mère améliorent aussi leur résultat, à 34 600 euros/UMO de moyenne, niveau le plus élevé de la décennie et en forte progression par rapport aux 20 500 euros de 2024. Ce niveau tient compte d’une réorientation d’une partie des veaux en broutards sans laquelle il serait en moyenne de 31 900 euros/UMO de moyenne. Une partie de ces élevages ont pu renouveler du matériel et investir dans de nouveaux bâtiments dès 2025.

Un résultat courant moyen estimé à 51 000 euros/UMO pour les naisseurs engraisseurs de jeunes bovins

Les naisseurs engraisseurs de jeunes bovins, malgré les impacts sanitaires, ont vu leurs ventes progresser de 21 % par rapport à 2024. Les charges sont stables et le résultat courant est estimé à en moyenne 51 000 euros/UMO contre 20 600 euros l’année précédente. Cette progression du résultat dépend fortement des stratégies suivies par les éleveurs. Des investissements, l’alourdissement des animaux ou l’impact de la FCO peuvent le moduler fortement.

Pour les systèmes naisseurs engraisseurs de jeunes bovins et cultures, c’est une très bonne année avec un résultat courant moyen estimé à 70 200 euros/UMO. L’Institut de l'Elevage souligne que l'hétérogénéité entre élevages est très forte. « La production bovine reste, comme en 2024, la locomotive de ces systèmes. L’achat de maigre pèse pour ceux qui complètent les broutards nés chez eux. Il a pris 41 % quand les ventes n’ont gagné que 20 % sur la même période.»

 

A noter

La base nationale des réseaux d’élevage Inosys compte 315 exploitations sélectionnées pour représenter la diversité des systèmes performants, avec des résultats technico-économiques bien supérieurs à la moyenne de ceux des fermes professionnelles françaises mesurées par le RICA.
 

La FCO perturbe la dynamique de productivité des troupeaux  

 

Compte-tenu de la durée du cycle d’exploitation bovin, les risques sanitaires, toujours élevés, se matérialisent par des impacts à moyen terme. « Les impacts sanitaires majeurs visibles dans les exploitations touchées par la FCO (et la MHE) sont une surmortalité des bovins adultes et des jeunes, des problèmes de fertilité et des retards de croissance chez les veaux », recense l’Institut de l’Elevage. La dynamique des  cheptels est également perturbée en raison de la difficulté à disposer d'assez de génisses à mettre à la reproduction.

Ces maladies entrainent aussi une augmentation du travail pour prévenir et soigner les bovins malades. « L’inquiétude s’ajoute à cette charge de travail supplémentaire. Le découragement et le sentiment d’impuissance pèsent sur les éleveurs », note l’Institut de l’Elevage. Les naissances ont été anormalement basses sur la campagne juillet 2024-juin 2025 avec 211 000 veaux de moins (-6,4 %) alors que le cheptel a diminué de 2,5 %. « Les premières données de la campagne d’automne 2025 montrent une légère hausse nationale des naissances de veaux dans les élevages bovins viande, de 0,3 % entre juillet et septembre, mais des baisses restent préoccupantes en Pays de la Loire, Bretagne et Centre. Sur ces régions, les impacts arriveront principalement en 2026. »

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