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Élevage bovin : Une nouvelle technique pour rechercher des causes infectieuses d’avortements

Dans l’Aveyron, une nouvelle analyse, basée sur la PCR digitale, permet d’améliorer le taux d’élucidation des causes infectieuses lors d’avortements.

Quand des avortements se déclarent, c’est un signal d’alerte sérieux sur la santé du troupeau. Une cause infectieuse doit être recherchée, car ceux-ci peuvent avoir été provoqués par un pathogène contagieux pour le reste du troupeau, voire pour l’Homme.

Le groupement de défense sanitaire de l’Aveyron (FODSA – GDS Aveyron) met à disposition des cabinets vétérinaires du département des boîtes de prélèvements pour les éleveurs adhérents. Celles-ci permettent de tester en première intention par PCR ou sérologie la néosporose, la BVD et la fièvre Q (dans le cadre du dispositif national Oscar, observatoire et suivi des causes d’avortements chez les ruminants), ainsi que l’ehrlichiose. Le vétérinaire peut aussi demander par exemple la recherche par culture de bactéries comme Salmonella spp, Listeria spp ou de mycose.

« Depuis décembre 2024, un nouvel outil de diagnostic des avortements de ruminants, AVL Rumavort’, est disponible. Il est le fruit d’un travail collaboratif entre l’équipe de recherche et développement dirigée par le docteur Sandrine Mouysset – Geniez d’Aveyron Labo et le professeur Dominique Bergonier de l’École nationale vétérinaire de Toulouse », présente Charlette Fontaneil, vétérinaire à Aveyron Labo. L’analyse se réalise préférentiellement sur du liquide stomacal de l’avorton, et à défaut sur écouvillon vaginal de la mère. « La technique de PCR digitale permet de quantifier directement les pathogènes. Cela permet d’orienter le diagnostic : si la quantité de pathogène dans l’échantillon est élevée, il peut être la cause de l’avortement. Si la quantité de pathogène est faible, l’animal est probablement seulement porteur, et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un écouvillon vaginal et non de tissus fœtaux », explique la scientifique.

Huit pathogènes recherchés en plus des classiques

La PCR digitale permet d’identifier un fragment de gène propre au pathogène sans mise en culture préalable. Le coût par recherche de pathogène est plus faible qu’une PCR classique. Huit pathogènes identifiés dans les publications scientifiques comme pouvant provoquer des avortements chez les ruminants sont testés avec l’analyse AVL Rumavort’ : Campylobacter spp, Chlamydia spp, Salmonella spp, Listeria « pathogènes », Leptospira spp, certains mycoplasmes, Yersinia spp et Ureaplasma spp.

Lire aussi : La néosporose est une maladie abortive des bovins à maîtriser

« Parmi les bactéries du genre Yersinia, on retrouve plusieurs espèces responsables de toxi-infection alimentaire collective chez l’Homme. Ureaplasma est un genre bactérien de la même famille que les mycoplasmes qui peut provoquer des problèmes de fertilité chez les bovins d’après les publications scientifiques », décrit Charlette Fontaneil. Lors de la première année de déploiement de l’analyse AVL Rumavort’, 89 % des cas non élucidés par les analyses classiques ont été trouvés positifs à au moins un de ces huit pathogènes.

Si les analyses ne sont pas concluantes en cas d’avortements, des causes non infectieuses sont explorées (qualité de l’eau, carences, intoxications…) ainsi que des causes traumatiques ou génétiques.

À noter

Pour rappel, l’éleveur a l'obligation de déclarer à son vétérinaire sanitaire toutes les femelles ayant avorté ou donné naissance à un nouveau-né mort dans les 48 heures. Cette déclaration a pour objectif la surveillance de la brucellose, maladie grave transmissible à l’homme, organisée par la DDETSPP. La visite du vétérinaire et les analyses de laboratoire pour recherche de la brucellose sont prises en charge par l’État.

Pour en savoir plus : AVL Rumavort' : nouvelle analyse Aveyron Labo

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