DNC : Le début d’une nouvelle ère pour de jeunes éleveurs de Gasconnes des Pyrénées
Maxime Serra et Mathilde Chemin ont perdu plus de la moitié de leur troupeau lorsque l’estive de la vallée de la Carança, dans les Pyrénées-Orientales, a été contaminée à la surprise générale par la dermatose nodulaire contagieuse. Ils commencent de reconstituer leur troupeau dès la fin de cette semaine avec la levée des restrictions.
Maxime Serra et Mathilde Chemin ont perdu plus de la moitié de leur troupeau lorsque l’estive de la vallée de la Carança, dans les Pyrénées-Orientales, a été contaminée à la surprise générale par la dermatose nodulaire contagieuse. Ils commencent de reconstituer leur troupeau dès la fin de cette semaine avec la levée des restrictions.
C’était probablement un des endroits où l’on pensait que la dermatose nodulaire contagieuse n'arriverait pas. La vallée de la Carança est une longue entaille orientée nord sud vers la frontière espagnole, planquée derrière des gorges vertigineuses, et qui s’élève jusqu’à 2 600 mètres au col bien nommé « de la vache ».
C’est là qu’une partie du troupeau de Mathilde Chemin et Maxime Serra, 23 ans tous les deux, installés depuis le 1er janvier 2025, a été touché début novembre. Et abattu. 26 bêtes au total. Un drame. Un traumatisme. Ce troupeau de Gasconnes des Pyrénées en race pure, c’était le fruit de la carrière de Raymond Solé, un des leaders de la race dans les Pyrénées-Orientales qui leur avait transmis le cheptel en les accompagnant pour une période de transition.
Ne leur reste, aujourd’hui regroupé sur leur élevage à Ponteilla, à quelques kilomètres de Perpignan, qu’une vingtaine de vaches et génisse et un taureau. Une poignée des vaches et le taureau sont des miraculés puisqu’ils avaient été extraits de l’estive pour être préparés pour le Fleuron gascon qui devait se tenir au Barcarès dans les Pyrénées-Orientales.
Pas facile de retrouver 20 vaches Gasconnes des Pyrénées
À partir du 27 février, avec la levée des restrictions dans le département, ce vendredi donc, ils vont pouvoir commencer à aller chercher les vaches qu’ils ont choisies rapidement après l’abattage. « Nous avons tout de suite profité du séjour de répit accordé par la Mutualité sociale agricole, histoire de penser à autre chose », explique Mathilde Chemin « et nous avons fait le tour des élevages pour reconstituer notre troupeau. Mais la Gasconne est une « petite race. Il n’était pas simple de réunir 20 animaux et aussi avec nos capacités financières du moment. »
Ils ont donc parcouru la zone d’élevage en élevage, Ariège, Hautes-Pyrénées et jusque dans le Vaucluse pour faire leur choix. « Nous misons sur des animaux « non-porteurs » pour gagner en facilité de vêlages et nous voulons essayer ensuite de redévelopper la capacité à faire de la viande sur ces profils » détaille maxime Serra.
Un mois de quarantaine et indemnisations en cours de réglement
Bien sûr, l’arrivée de 20 génisses et vaches, âgées de deux à neuf ans ne s’improvise pas. Pour les bagarres mais aussi pour les questions sanitaires, d’autant que certains animaux arrivent de zones non concernées par la vaccination. « Nous allons les accueillir chez Raymond Solé où elles vont rester en quarantaine pendant un mois avant que nous les intégrions ici, avec le reste du troupeau » ajoute Mathilde. Maxime, lui, s’attend à du grabuge à ce moment-là. « Déjà qu’elles arrivent à se battre lorsque nous reconstituons le troupeau à l’automne après qu’il a passé l’été en deux groupes dans deux estives différentes… »
L’estive, justement c’est aussi un des casse-tête à envisager. Laissé à leur propre destin sous la garde d’un vacher qui couvre 3 000 hectares, le troupeau se gère sous la conduite des meneuses qui connaissent la montagne. Comment vont se comporter les nouvelles qui vont découvrir les lieux ? C’est l’inconnu. « Nous sommes encore en réflexion avec les quatre autres éleveurs qui partagent l’estive avec nous. On avait soulevé l’idée d’engager un second vacher pour avoir une surveillance plus importante, mais c’est un budget difficile à tenir pour tout le monde, l’autre piste c’est l’acquisition d’un drone qui permettrait au vacher de localiser les animaux plus facilement dans la montagne… »
La décision sera prise dans les toutes prochaines semaines. Du côté de l’économie, la première indemnisation est arrivée très vite, la seconde, sur la valeur intrinsèque des animaux, était en cours de règlement à la mi-février. « Mais ce qui va nous manquer et ne sera pas pris en compte dans l’indemnisation, ce sont les 26 veaux qui ne sont pas nés et que nous ne commercialiserons donc pas » ajoute Mathilde. Les deux jeunes éleveurs étaient au Salon de l'agriculture à Paris ce mardi 24 février pour témoigner de cette aventure, en parler aussi pour tourner la page. Et s’engager dans une nouvelle année sous la menace fantôme d’un virus qui traîne encore peut-être dans les parages…
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