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Deux périodes de vêlage rapidement mises en place

Au Gaec Dochy, grâce à l’achat de génisses et au groupage de chaleurs, le récent troupeau de 110 Blondes d’Aquitaine s’organise, au bout de quatre ans d’efforts, autour de deux périodes de trois mois.

A Lafresguimont Saint Martin, dans la Somme, Thibaut Dochy et ses deux associés ont choisi de faire vêler les Blondes pour moitié entre début octobre et fin décembre, et pour moitié entre début avril et fin juin. C’est la place disponible dans le bâtiment qui se révélait le facteur limitant pour organiser une seule période de vêlage, mais les avantages de la double période pour l’organisation du travail et l’aspect santé des petits veaux répondent tout à fait à leur façon de voir les choses. Ensuite, les dates ont été calées par rapport au travail sur les cultures qui occupent 280 hectares.

Pour constituer le troupeau, les éleveurs ont eu recours deux fois de suite à l’achat de lots de quinze génisses et aussi de vaches. Les génisses ont été inséminées de façon à démarrer la reproduction aux dates qu’ils visaient. En effet, toutes les génisses sont inséminées, ainsi que les vaches qui vêlent à l’automne. En décembre dernier, les éleveurs ont décidé de mettre en place un groupage de chaleurs pour ces femelles. « Nous avons beaucoup à faire pour les cultures, et surveiller les chaleurs prend du temps, expliquent-ils. En démarrant par un groupage des chaleurs, on gagne du temps. C'est pour nous un investissement qui répond à nos besoins et qui techniquement marche bien. » Sur les soixante femelles groupées, toutes inséminées le même jour, 60 % ont été pleines à la première insémination, 20 % l’ont été à l’issue de la deuxième insémination et 20 % ont été saillies avec succès par le taureau. Elles ont trois mois, c’est-à-dire quatre cycles, soit quatre chances d’être fécondées, pour rester dans la période objectif de vêlage. Pour l’instant, les éleveurs donnent le temps à toutes les génisses d’être pleines en les décalant sur l'autre période si nécessaire, mais à l’avenir il sera possible de réformer les éventuelles retardataires. Par contre, les vaches qui vêlent hors période sont toujours mises à l’engrais dès le vêlage pendant l’allaitement de leur veau.

Un IVV moyen de 387 jours

Le suivi de la repro s'appuie tout simplement sur le carnet de l'éleveur. Toutes les femelles sont échographiées pour un diagnostic de gestation, soit quarante jours après l’insémination, soit à l’occasion d’une manipulation. C’est ainsi qu’en seulement quatre ans, les vêlages sont déjà bien organisés en deux périodes de trois mois. Il reste à recaler environ 20 % des vêlages qui sont hors période, mais l’année prochaine ce devrait être chose faite. Pour l’instant, c’est encore un peu juste car les veaux nés en décembre sont encore en bâtiment quand les premiers veaux du lot suivant naissent.

L’éleveur est équipé d’un système de détection des vêlages et il arrive que jusqu’à quatre vêlages se déroulent le même jour. « Je préfère pratiquer comme ça. La période est chargée mais après on est tranquilles », apprécie Thibaut Dochy. Le taux de renouvellement est de 40 %. Aujourd’hui, les génisses vêlent à 33 mois en moyenne mais les éleveurs souhaitent parvenir, en améliorant leur croissance, à les mettre à la reproduction plus tôt, dans l’objectif d’un vêlage à 30 mois. Ils adhérent au contrôle de performances depuis peu de temps. « L’IVV moyen du troupeau est de 387 jours, ce qui est un bon résultat par rapport à la moyenne de la région Hauts de France en race Blonde d’Aquitaine (395 jours). Celui des seules primipares est de 395 jours, ce qui est aussi raisonnable », commente Daniel Platel, de la chambre d’agriculture de la Somme. « Je pense que nous avons déjà, en quelques années, sélectionné le troupeau sur la fertilité », remarque Thibaut Dochy. Maintenir une double période de vêlage est toujours un combat.

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