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Des actions pour favoriser la biosécurité sur le terrain

Sur le terrain, les GDS mettent en place des actions pour accompagner au mieux les éleveurs bovins viande dans la gestion de la biosécurité.

Des actions pour favoriser la biosécurité sur le terrain
© C. Delisle

Selon la localisation géographique des exploitations, les problématiques peuvent être un peu différentes en fonction des maladies qui circulent. Aussi, au sein de chaque département, les GDS adaptent-ils leur stratégie. De nombreuses réunions d’informations ont été réalisées cet hiver afin d’expliquer aux éleveurs de bovins le principe de la biosécurité.

« Les principales mesures de gestion des risques sanitaires leur sont familières mais le mot 'biosécurité' reste encore méconnu, voire porteur d’une image négative alors que ce n’est souvent que du bon sens », souligne Pierre Grangé, directeur du GDS de l’Allier.

Lire aussi : [Biosécurité] Mettre en place une sectorisation de l’élevage

« En réalité, on en parle depuis de nombreuses années, par le biais de formations. On peut ainsi, par exemple, appréhender des thématiques telles que la marche en avant, la gestion de séries d’avortements, la protection de l’éleveur face à certaines zoonoses (fièvre Q) au cours de la formation éleveur-infirmier. C’est le terme biosécurité qui est assez récent. Mais en fait c’est notre cœur de métier. Aussi, au sein du GDS de l’Aveyron, on a développé une approche globale de la santé. Lors d’une visite commune avec le vétérinaire, on va aborder divers points qui touchent à la biosécurité. On regarde l’accès à l’eau, on parle de prise colostrale… L’idée est de faire du préventif au-delà du curatif », explique Fanny Trotier du GDS de l’Aveyron.

Depuis 2012, ce même organisme propose un protocole de diagnostic différentiel des avortements pour les bovins. Son objectif est d’améliorer le taux d’élucidation des causes infectieuses des avortements. En parallèle, des boîtes de prélèvements avortements à destination des éleveurs adhérents ont été développées. Ces dernières sont financées et proposées par le GDS de l’Aveyron afin d’aider au dépistage des principales maladies, cause d’avortements lors de séries abortives.

« Mieux vaut prévenir que guérir »

Les introductions de nouveaux animaux représentent une porte d’entrée pour les maladies qui peuvent avoir des conséquences sanitaires, économiques et humaines catastrophiques dans une exploitation. Il est en effet beaucoup moins coûteux de faire quelques analyses lors de l’achat d’un bovin que de contaminer son troupeau. Pour réduire ce risque, nombre de GDS proposent dorénavant un kit à l’introduction pour sécuriser les achats des éleveurs bovins. Au-delà des maladies réglementées (brucellose, tuberculose, IBR), la vigilance est de mise vis-à-vis d’autres pathologies comme la BVD, la paratuberculose, la néosporose ou encore la besnoitiose.

« On propose le pack intro depuis 2019, pour permettre aux éleveurs de cibler les maladies qu’il est recommandé de tester lors de l’introduction de bovins. On a développé au sein de notre GDS deux types de packs, un pour les jeunes (quatre analyses) et un pour les adultes (cinq analyses) », souligne Fanny Trotier.

Selon les problématiques du secteur, les maladies analysées peuvent varier tout comme le coût (laboratoire). Le GDS de l’Allier a, quant à lui, décidé de rendre obligatoire ce kit d’introduction pour trois maladies (besnoitiose, paratuberculose, néosporose), depuis le 1er novembre 2021.

« On l’a imposé car on le prend en charge pour ces trois maladies. Les éleveurs peuvent ensuite rajouter les maladies de leur choix. Depuis son obligation (jusqu’à la mi-mars), sur 8 707 bovins qui ont bénéficié de ce kit, 101 ont été testés positifs : 47 à la BVD, 37 à la besnoitiose, 9 à la paratuberculose et 8 à la néosporose », observe Pierre Grangé.

Il est par ailleurs très important d’isoler les animaux introduits, au moins jusqu’à réception des résultats d’analyses (environ 15 jours), seuls dans un bâtiment ou dans une pâture isolée. Il est également possible de demander que les tests soient réalisés chez le vendeur, avant le départ, si les risques de contamination durant le transport sont maîtrisés. « Il est donc important d’anticiper l’acquisition d’un taureau reproducteur et d’éviter les changements dans l’urgence », insiste Pierre Grangé.

Des cloches à cadavres pour bovins adultes

Les cloches à cadavres protègent les animaux des prédateurs et les cachent.
Les cloches à cadavres protègent les animaux des prédateurs et les cachent.
© GDS Deux-Sèvres

 

Dans une logique de mise en application de la biosécurité dans les élevages, le GDS des Deux-Sèvres commence à proposer des actions spécifiques à ses adhérents. Il s’est ainsi penché sur la gestion des cadavres, afin d’empêcher les pathogènes de diffuser en dehors de l’élevage. « Les cadavres d’animaux et produits de la mise bas constituent des sources de contaminations pour les autres animaux et pour l’homme dans le cas de maladies zoonotiques. De plus, ils doivent être écartés du reste du troupeau et placés dans une zone d’équarrissage adaptée et située aux abords de l’exploitation. C’est pourquoi, en 2021, on a trouvé un fabricant en Belgique qui proposait des cloches à cadavres aux dimensions XL (dimensions intérieures : 320 de longueur x 220 de largeur x 110 de hauteur cm) pour les bovins adultes. Nous avons ensuite passé une commande groupée (180 cloches) pour réduire le coût d’achat et les proposer à un tarif préférentiel aux éleveurs », rapporte Alice Jardin, du GDS des Deux-Sèvres. Grâce à son grand volume, la cloche permet de limiter tout contact entre les cadavres de l’exploitation et les charognards (faune sauvage, animaux domestiques, insectes…) pour éviter que ces derniers ne puissent devenir, à leur tour, vecteurs voire porteurs de certaines maladies. D’autres actions d’achats groupés sont en réflexion, notamment pour des pédiluves ou des lave-bottes.

Mise en garde

Les effluents (fumier, lisier) représentent des sources potentielles de contaminations. Il est recommandé de les stocker à l’écart du parcours emprunté par les visiteurs et les animaux (ou à défaut de les bâcher), loin des points d’eau et sur un terrain sans pente, et de les stocker suffisamment longtemps (4 mois est un minimum entre le dernier approvisionnement du stock de fumier, lisier et l’épandage). Concernant l’épandage : selon les maladies présentes sur l’exploitation, des précautions particulières s’imposent (fièvre Q, paratuberculose, salmonellose).

Former les nouvelles générations

Le GDS de l’Allier a entamé un travail, en partenariat avec l’association des jeunes agriculteurs, pour proposer dès cet automne un diagnostic biosécurité aux nouveaux agriculteurs, sur leur exploitation. « L’idée est de réaliser une visite après une année d’installation et d’échanger sur leurs pratiques, pour ensuite proposer des pistes d’améliorations. Une seconde visite est prévue au bout de cinq ans », explique Pierre Grangé.

Le GDS de l’Allier réfléchit également à l’élaboration d’une convention avec les lycées agricoles du département afin de préparer en amont les étudiants à cette problématique.

 

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