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Comment faire décoller la préparation sanitaire des broutards ?

Zoetis a organisé dans le cadre du Sommet de l’élevage une rencontre entre professionnels sur le thème de la préparation sanitaire des broutards pour l’engraissement.

Le broutard préparé est valablement vacciné contre les principaux agents infectieux rencontrés en engraissement à savoir le virus respiratoire syncytial bovin (VRSB), le virus para-influenza de type 3 (Pi3) et la bactérie Mannheimia haemolytica.
Le broutard préparé est valablement vacciné contre les principaux agents infectieux rencontrés en engraissement à savoir le virus respiratoire syncytial bovin (VRSB), le virus para-influenza de type 3 (Pi3) et la bactérie Mannheimia haemolytica.
© Réussir SA

Près d’un an après la validation officielle en décembre 2020 de la démarche d’Interbev, force est de constater qu’à l’échelle de la France, la mise en œuvre de la préparation sanitaire des broutards est quasi inexistante.

Les invités de Zoetis, représentants tous les types d’intervenants autour de l’engraissement des broutards, ont pu débattre ouvertement de cet état de fait lors d’une rencontre organisée dans le cadre du Sommet de l’élevage. « Tout le monde semble être convaincu de la nécessité de développer une nouvelle organisation de la filière, davantage structurée, pour répondre à différents enjeux : limiter l’utilisation d’antibiotiques, renforcer les performances dans les ateliers d’engraissement et sécuriser économiquement la préparation des broutards par les naisseurs, résumait Nathalie Barrelier, directrice marketing & technique ruminants-équins de Zoetis. Pour avancer, il serait rediscuté d’un prix qui soit à la fois attractif pour les naisseurs, et acceptable pour les engraisseurs - sujet qui semble être aujourd’hui l’un des points bloquants. »

Un montant de plus-value jugé insuffisant

Dans le cahier des charges d’Interbev, il est recommandé que la plus-value revenant au naisseur soit de 20 à 30 euros par broutard. Un montant jugé insuffisant par les deux éleveurs naisseurs qui témoignaient à cette occasion car il représente seulement le prix des produits, et ne rémunère pas le travail et la contrainte technique – avec un risque toujours existant – de la préparation des broutards. Ces éleveurs vaccinent déjà une partie au moins de leurs veaux contre les maladies respiratoires pour les protéger sur la période pendant laquelle ils sont dans leurs exploitations, mais ne conçoivent pas toucher seulement cette somme pour un bénéfice qui sera perçu dans un autre élevage.

Deux exemples de préparation sanitaire qui fonctionnent ont été évoqués : la démarche de Terrena, dont le premier programme Broutard max date de 2010 (aujourd’hui des broutards vaccinés, possiblement en transport direct et écornés). Et celle d’Eurofeder, qui prépare et allote en France dans différents ateliers collectifs des broutards pendant 70 à 80 jours pour un client italien (17 000 animaux par an) depuis une douzaine d’années (démarche à l’origine sur des broutards à l’alimentation non OGM).

Ne pas devenir un droit d’accès au marché

Peut-être la demande sociétale pour l’utilisation de moins d’antibiotiques en élevage remettra-t-elle la métaphylaxie un jour radicalement en cause. Et dopera de fait le développement de la préparation sanitaire ? Plusieurs intervenants ont d’ailleurs alerté sur le risque que cette préparation sanitaire ne soit un jour plus une plus-value pour les naisseurs, mais devienne un droit d’entrée sur le marché, à l’instar des vaccinations FCO. Il est donc nécessaire d’arriver à transférer aux destinataires des animaux ce coût de la préparation sanitaire, qui devra probablement être certifiée pour le marché italien. L’évolution du cheptel, avec moins de broutards sur le marché, a au moins l’avantage de mettre les naisseurs français en meilleure position pour la négociation alors que leurs atouts zootechniques ne se démentent pas.

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