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Bovins viande : un taux de renouvellement élevé favorise la productivité globale des troupeaux

Quels que soient la race et le système de production, un taux de renouvellement élevé permet d’optimiser la productivité globale, un élément clé de rentabilité des élevages allaitants. Ceci sans dégrader les performances de reproduction, de croissance ou d’abattage, d’après une analyse de Bovins croissance publiée en octobre 2024.

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« Le point de vigilance reste la maîtrise de la mortalité des veaux, qui a tendance à augmenter quand le taux de renouvellement progresse, et peut générer un impact économique défavorable », soulignent les organismes Bovins croissance dans leur étude.
© G.Gapihan

Le taux de renouvellement, défini comme le rapport entre le nombre de vêlages de primipares et le nombre total de vêlages sur une campagne, présente des écarts significatifs entre races rustiques et spécialisées, mais également entre types d’atelier, d’après les organismes Bovins croissance, qui ont épluché les performances de plus de 8 400 élevages bovins viande en 2023(1).

Plus le taux de finition dans les systèmes croît (calculé ici par le taux de finition des mâles), plus le taux de renouvellement est élevé. La stratégie de conduite du renouvellement tend à sécuriser les capacités de reproduction et l’amélioration génétique, notamment par élimination des reproductrices à problème de vêlage. Dans un troupeau en croisière, il impacte le taux des réformes qui sont vendues soit en maigre soit engraissées selon les capacités alimentaires de l’exploitation.

Longévité et autonomie fourragère

Plus le taux de renouvellement est élevé, plus augmente la part des « UGB croissance » (les élèves) qui sont moins productifs que les « UGB reproduction » ou « UGB finition » à forte production de viande. Dans les systèmes plus autonomes en énergie, les « UGB finition » sont privilégiés et l’impact du coût alimentaire des élèves amoindri, d’où une plus forte proportion de ces dernières. C’est le cas en races parthenaise et rouge des prés qui enregistrent les taux d’engraissement les plus élevés. Dans les zones où l’autonomie fourragère et protéique est plus importante et l’autonomie énergétique absente ou faible, les éleveurs avantagent les « UGB reproduction » couplé à un taux de renouvellement plus bas. C’est le cas des races rustiques situées originellement en zones d’altitude plutôt herbagères.

Les races rustiques affichent des taux de renouvellement plus bas. D’après les résultats des indicateurs de reproduction, elles profitent de la longévité des vaches et misent sur la plus grande autonomie fourragère de leurs systèmes. Il faut aussi prendre en compte la « pression » du croisement industriel qui limite le nombre de génisses d’élevage.

Groupement des vêlages et âge du troupeau

La variation du taux de renouvellement a pour corollaire la modification de l’âge du troupeau. Chaque système cherche donc un équilibre entre la fertilité des vaches et la qualité des femelles bouchères (génisses ou vaches) demandées jeunes par la filière aval, mais exigeant des régimes alimentaires plus concentrés. Les données montrent systématiquement, pour toutes les races, que l’âge moyen du troupeau est plus bas d’environ un mois chez les naisseurs-engraisseurs par rapport aux naisseurs, et du même ordre entre la moyenne des élevages et ceux à fort taux de renouvellement (supérieur à 25 ou 30 % selon les races). Une exception est observée pour les parthenaises et les rouges des prés aux troupeaux plus jeunes (âge égal ou moins de 5 ans).

À ceci s’ajoute un autre paramètre : celui de l’âge au premier vêlage des génisses. Il est plus bas chez les naisseurs-engraisseurs et également dans les élevages à fort taux de renouvellement. Faire vêler à 24 ou 30 mois est plus facile dans les zones où les régimes alimentaires le rendent possible.

Cette étude révèle également que l’intensité du groupement des vêlages est positivement liée au taux de renouvellement comme le montre le graphique en race charolaise : plus les vêlages sont groupés, plus le taux de renouvellement est haut. Ceci se retrouve dans toutes les races spécialisées viande et témoigne de la maîtrise des différents paramètres de conduite de la reproduction. En rustique, ce lien est un peu plus lissé, mais reste dans la même mouvance.

À noter également que les intervalles vêlage-vêlage des primipares et des multipares diminuent avec l’augmentation du taux de renouvellement, ce qui limite fortement les temps improductifs.

La productivité globale définie comme le nombre de veaux sevrés sur l’effectif moyen de vaches présentes est positivement corrélée au taux de renouvellement et ce, dans toutes les races sans exception.

Vigilance sur les conditions de naissance

Le référentiel Bovins croissance ne relève pas d’impact significatif du taux de renouvellement sur les performances poids âge type à 210 jours des mâles ou des femelles sauf dans les élevages à très bas taux de renouvellement (__SWYP_INC__ 15 %), ce qui traduit dans ce cas plutôt un problème de maîtrise technique. Par contre, ce poids âge type à 210 jours serait légèrement inférieur chez les naisseurs-engraisseurs qui complémentent en général moins les broutards que les vendeurs de maigre.

Côté carcasses, très peu d’écarts de poids sont observés selon le taux de renouvellement. Mais il est noté un « décrochage » des poids de carcasse qui sont plus bas quand le taux de renouvellement est inférieur à 15 % en races limousine, aubrac et gasconne des Pyrénées et inférieur à 20 % en races charolaise, parthenaise et blonde d’Aquitaine.

L’augmentation des taux de renouvellement entraîne systématiquement une hausse du pourcentage de conditions de naissance classées 3 (difficile) et 4 (césarienne). Cette hausse est toutefois limitée : elle varie de 0,5 à 3,5 % selon les races. La conséquence est une augmentation en parallèle de la mortalité périnatale de 0,4 % (en race charolaise et limousine) à près de 1 % (en races aubrac, blonde et parthenaise). C’est un point de surveillance à renforcer lorsque l’augmentation du taux de renouvellement est mise en œuvre.

(1) Les résultats de 2023 portent sur les huit principales races françaises (charolaise, limousine, blonde d’Aquitaine, aubrac, salers, parthenaise, rouge des prés et gasconne des Pyrénées).

À la recherche du taux de renouvellement optimum

L’équilibre doit être trouvé pour le taux de renouvellement entre la fertilité du troupeau, la qualité des réformes et les capacités alimentaires d’un point de vue strictement zootechnique. Mais d’autres paramètres sont à prendre en compte, tels que les aides animales de la PAC par exemple. Réduire le renouvellement pour augmenter le nombre de vaches est économiquement gagnant. Par contre, la diminution du taux de réformes peut être préjudiciable pour les filières, entraînant des baisses de volumes à traiter par les abattoirs et peut créer un appel d’air à l’importation de réformes laitières. Il y a donc pour les éleveurs la nécessité de combiner tous ces facteurs pour trouver leur taux optimum.

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