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Bovins viande : « Nous avons aménagé une maternité dans une ancienne étable en pierre »

Chez Éric et Marvyn Chanial, en Haute-Loire, les veaux qui naissent au cœur de l’hiver font d’office l’objet de mesures de prévention et sont isolés jusqu’à l’âge de 15 jours dans une maternité. Celle-ci loge une dizaine de vaches et leurs veaux. Au chaud et sous les yeux des éleveurs, les veaux démarrent plus rapidement.

À Saint-Paul-de-Tarta, en Haute-Loire, Marvyn Chanial et son père Éric font vêler entre 110 et 120 limousines. Une grande partie des veaux naissent au pré sur deux périodes – en septembre et octobre, puis en mai et juin. Plus tôt en saison ne serait pas adapté à 1 200 mètres d’altitude. Ces vêlages en extérieur se révèlent efficaces pour réduire la pression sanitaire sur les petits veaux après que le troupeau a traversé des épisodes de cryptosporidiose. « Pour répartir les ventes sur différentes périodes de l’année, nous faisons vêler une autre partie du troupeau de juillet à fin janvier ou février. Dans ce lot, à partir de fin novembre, des veaux naissent donc en bâtiment », présente Marvyn Chanial.

Lire aussi : La prévention des omphalites est complexe

Pour ces petits veaux qui sont les plus susceptibles d’être exposés à divers virus, bactéries et parasites dans leurs premiers jours, les éleveurs ont mis en place un système de prévention et d’isolement. Ils ont aménagé trois cases dans une ancienne étable pouvant chacune accueillir deux ou trois vaches suitées au large. Ils peuvent y loger jusqu’à une dizaine de vaches simultanément. Les cases sont équipées de cornadis. Des places d’origine à l’attache ont été conservées. Si une vache a des soins à recevoir ou s’il faut faire téter le veau, c’est bien pratique et fait gagner du temps aux éleveurs. Une case individuelle permet aussi de loger une vache seule avec son veau quelque temps si nécessaire pour un bon démarrage de la relation et de l’allaitement.

Une température stable quelle que soit la météo

« Le bâtiment est en pierre et c’est son grand atout : la température y reste bien stable, quelle que soit la météo », relève Marvyn Chanial. Une lampe chauffante à infrarouge est à disposition pour réchauffer si besoin un veau fragile ou malade quelques heures. « La maternité est à côté du bureau : mon père et moi passons devant cinq ou six fois chacun dans la journée. » D’un coup d’œil et sans modifier leur chemin, les éleveurs surveillent ainsi facilement tous les petits derniers-nés.

Les vaches sont conduites dans ces cases quelques jours avant le vêlage, ou bien une fois vêlées quand le veau est trouvé aux pieds de sa mère le matin en arrivant dans les stabulations. À leur arrivée dans la maternité, en prévention, tous les veaux reçoivent une pulvérisation sur le nombril d’oxytétracycline, une injection par voie sous-cutanée ou intramusculaire d’une solution d’oligoéléments (cuivre, zinc, manganèse, sélénium), et un produit par voie orale qui apporte des oméga 3, de l’énergie et des vitamines.

« Les veaux y restent avec leur mère au minimum 15 jours avant de rejoindre les différents bâtiments. Ils ont alors passé la période critique de l’âge de7 ou 8 jours auquel les diarrhées peuvent se déclarer. S’ils ont besoin d’une cure de réhydratant, ils passent encore quelques jours de plus dans la maternité pour se stabiliser avant de rejoindre les autres dans les stabulations », explique Marvyn Chanial.

La maternité est curée tous les quinze jours et le paillage est quotidien. « Cette organisation permet de prévenir beaucoup de diarrhées. Et sur l’ensemble, elle fait que les veaux démarrent plus rapidement. »

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