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Bovins viande : déléguer pour gagner en temps et en sérénité

Pour se libérer du temps, la délégation est une solution simple à mettre en œuvre. Elle peut concerner toutes sortes de travaux en élevage bovins viande et s'organiser en Cuma comme en partenariat avec une entreprise de travaux agricoles. Elle garantit en plus une charge mentale allégée.

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La stratégie de délégation a l’avantage d’être une solution réversible et modulable.
© S.Bourgeois

Comment se libérer du temps, que ce soit pour travailler mieux ou pour gagner en qualité sur sa vie privée ? En élevage bovins viande, cela peut passer par deux voies : celle d’une augmentation de la productivité du travail via la mécanisation, un changement de race, un passage à un système avec moins de vêlages… et celle, dans un système donné, de la réduction du travail d’astreinte.

« Ce dernier axe est un sujet très important, évoque Emmanuel Bernard, éleveur de charolaises dans la Nièvre et président de la section bovine d’Interbev. On doit pouvoir reprendre son souffle, que ce soit en début de carrière quand on a de jeunes enfants ou à 50 ans. »

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Pour ceci, la délégation de travaux apparaît souvent comme la solution la plus évidente dans un système en place. Cette stratégie a aussi l’avantage d’être une solution réversible et modulable. Pour autant, il reste un peu de travail à faire. L’éleveur reste gestionnaire et prépare le chantier, passe les consignes, et supervise les travaux. Mais il se préserve du stress des risques de panne ou autres contretemps. D’autres solutions sont possibles. Embaucher un salarié demande cependant beaucoup plus de démarches et de réorganisation, et la robotisation (de la distribution de l’alimentation, du paillage, du raclage) est encore peu répandue en élevage bovins viande. On peut aussi explorer toutes les formes de travail en collectif avec ses voisins (entraide, banque de travail, assolement en commun, regroupement d’exploitations…) qui permettent entre autres intérêts de libérer du temps.

Spécialisation ou polyvalence

Pour un éleveur, externaliser un pan de son cœur de métier autour du troupeau peut sembler moins stratégique que la délégation de chantiers autour des cultures. Nombreux sont ceux qui font ce choix pour se concentrer sur la conduite de leur cheptel. C’est au goût de chacun d’arbitrer entre polyvalence et spécialisation dans un des domaines du métier.

Ce sont parfois des projets collectifs qui apportent des opportunités de déléguer : dans l’organisation d’outils de méthanisation, le curage des bâtiments fait parfois partie des prestations prises en charge avec l’épandage du digestat. La taille des haies, l’épandage du fumier, l’enrubannage, les ensilages et les moissons sont couramment délégués en élevage bovins viande. D’autres travaux peuvent aussi l’être comme une partie du travail administratif.

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Des gardes de nuit pour surveiller les vêlages ?

Pour les éleveurs qui sont dans des systèmes d’élevage où les vêlages sont contrôlés par vidéosurveillance la nuit, l’astreinte est lourde. « Une même personne pourrait passer en revue par caméras quatre, cinq, voire dix stabulations sur la même nuit toutes les deux ou trois heures, et ne réveiller les éleveurs qu’en cas de vêlage », imagine Emmanuel Bernard. Cela peut, pour certains éleveurs, ne pas correspondre à leur façon de voir leur métier, mais d’autres pourraient y trouver un intérêt. Cela sous-entend de se mettre d’accord sur les critères qui justifient une alerte pour aller examiner la vache. Cette tâche pourrait être confiée à de la main-d’œuvre extérieure, par exemple à un étudiant, ou bien organisée à tour de rôle entre éleveurs qui travaillent ensemble. « Être sûr de faire plusieurs nuits complètes par semaine, ça change tout », reprend-il.

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