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Bâtiment photovoltaïque : une très bonne prise de terre est indispensable

Le Gaec du petit pont dans le Maine-et-Loire a consulté un électro-géobiologue au moment de la conception du bâtiment pour que le photovoltaïque n’impacte pas ses animaux. Le positionnement des onduleurs et de la mise à la terre en zone neutre sont essentiels.

En 2024, le Gaec du petit pont, naisseur-engraisseur en bio en race limousine, avec 160 vêlages, des veaux sous la mère et des bœufs, a pris la décision d’investir dans un hangar photovoltaïque avec vente de l’électricité. « Nous avions besoin de place pour les fourrages et le matériel, qui étaient stockés dehors ou dans de vieux bâtiments, explique Benoît Bruneau, associé avec Thomas Planchenault et Charles-Henri Dru du Gaec du petit pont, à Montreuil-sur-Loir, en Maine-et-Loire. Pour financer le bâtiment, nous avons pensé au photovoltaïque. Et comme le décret du 6 octobre 2021 favorise les installations jusqu’à 500 kW, nous avons choisi de recouvrir également en photovoltaïque le pan sud-est d’une stabulation, pour approcher le plafond de 500 kWc. »

Une terre d’au moins 18 Ohms

Le choix a été fait de construire un hangar photovoltaïque (VA1) de 102 mètres de long sur 17 mètres de large, soit 1 734 m² de surface au sol, auxquels s’ajouteront les panneaux photovoltaïques sur la stabulation (VA2) sur une surface au sol de 635 m². L’emplacement du hangar a été choisi pour la praticité et l’orientation pour le photovoltaïque, avec une distance de 25 mètres de la stabulation principale (VA3) pour ne pas en perturber la ventilation. Et avant tout, les éleveurs ont voulu s’assurer que le photovoltaïque n’entraînerait pas de perturbations pour les vaches. « Nous avions déjà fait appel à Jean-Paul Thuard, électro-géobiologue chez Seenovia, pour une stabulation en construction sur laquelle nous voulions écarter le risque de courants parasites, précise Benoît. Et nous avons eu une formation à ce sujet au moment du projet. Nous avons voulu travailler en préventif. »

Après étude du projet et des bâtiments, les préconisations de Jean-Paul Thuard ont surtout porté sur la mise à la terre du hangar photovoltaïque. « Pour répondre à la norme NFC 15-100, la prise de terre du hangar doit être interconnectée avec celle de la stabulation VA3, qui elle-même est connectée aux autres bâtiments et au forage, explique Jean-Paul Thuard. Il faut donc une très bonne mise à la terre du hangar photovoltaïque, d’au moins 18 Ohms, pour éviter que les structures métalliques des stabulations ou le forage ne servent de point de décharge du courant issu du hangar photovoltaïque. »

90 mètres de tresse de cuivre nu

La charpente du hangar étant métallique, avec des pannes intermédiaires en bois, la mise à la terre a été réalisée par une tresse de cuivre nu de 25 mm de diamètre semi-rigide reliant chaque IPN, fixée sur la charpente, et qui rejoint la prise de terre. La longueur de tresse nécessaire pour bien décharger le bâtiment a été évaluée par Jean-Paul Thuard à 90 mètres. L’emplacement et la réalisation de la prise de terre étaient aussi essentiels. « Il faut un emplacement « neutre », en dehors des passages d’eau et des zones d’influence naturelle », insiste l’électro-géobiologue.

L’emplacement a été déterminé par radiesthésie, à 15 mètres du coin du hangar. Une fosse de 2,50 mètres de profondeur sur 3-4 mètres de large et 4 mètres de longueur, a été creusée pour assurer la mise à la terre. Le sol étant sableux caillouteux, donc très résistant, il a été décaissé et remplacé par de l’argile et de la terre humifère, plus conductrices du courant. La tresse de cuivre a été amenée par une tranchée jusqu’à la fosse, où elle a été posée en zigzag en trois couches, avec de la terre noire entre deux et par-dessus. « Et parce que la terre est séchante ici, nous avons installé un tuyau d’eau perforé au-dessus de la tresse, pour pouvoir humidifier le sol si besoin », précise Benoît.

Les onduleurs à l’écart

Un autre point important était le positionnement des onduleurs, qui transforment le courant continu produit par les panneaux photovoltaïques en courant alternatif et génèrent des champs électromagnétiques présentant un risque pour les animaux. « Les préconisations ont été de les installer en zone neutre, sous un abri et écartés du bâtiment de 4-5 mètres, pour protéger du champ magnétique les animaux de la stabulation VA2 et ceux qui pourraient être logés un jour dans le hangar, précise Jean-Paul Thuard. De plus, beaucoup d’assurances réclament que les onduleurs soient écartés du bâtiment pour limiter le risque d’incendie. » Autre aspect à revoir sur la stabulation VA2 : l’interconnection des cornadis à la terre. « Nous avons constaté une tension de contact entre le sol, les cornadis et les abreuvoirs, qui augmente quand la lumière est allumée, indique l’électro-géobiologue. Il va falloir relier toute la rangée de cornadis par soudure avec de la tige à béton. Et il est important de le faire avant l’installation du photovoltaïque, car celui-ci va augmenter la charge transmise par la charpente aux cornadis. »

Des aménagements sur la clôture, le forage d’eau, les abreuvoirs

L’installation du photovoltaïque a été l’occasion de revoir toute l’installation électrique de l’exploitation. Le diagnostic a amené les éleveurs à délocaliser le poste électrique de la clôture et sa prise de terre. « Le poste était dans l’atelier et se déchargeait dans la structure du bâtiment où est le citerneau du forage, indique Benoît. Nous l’avons délocalisé à 50 mètres, assez loin du local eau. Et nous avons créé une bonne mise à la terre, en creusant une fosse de 3 m x 3 m x 2,50 m de profondeur et en remplaçant le sol sableux par de l’argile et de la terre humifère. »

Les éleveurs vont aussi veiller à éviter la végétation touchant à la fois la clôture électrique et l’eau des abreuvoirs et qui peut donc transférer du courant dans l’eau. Des modifications ont aussi été apportées sur le citerneau du forage, qui n’était pas relié à la terre. « Nous avons remplacé le fil du pressostat pour permettre la mise à la terre. Il n’y a plus de tension dans le citerneau. » Enfin, un télérupteur a été remplacé dans la stabulation VA3. « Quand on l’allumait, il y avait du courant dans les abreuvoirs et cornadis » se rappelle Benoît. « Nous conseillons souvent un diagnostic électro-géobiologique des élevages que nous suivons, précise Alexis Kupperoth, conseiller viande chez Seenovia. Au Gaec du petit pont, les modifications apportées suite au diagnostic ont peut-être déjà permis une amélioration des performances. Alors que le poids moyen à 7 mois des veaux d’automne depuis deux ans était de 262 kg, il est passé à 271 kg pour ceux nés à l’automne 2024. »

Jean-Paul Thuard, électro-géobiologue chez Seenovia : « un diagnostic est essentiel pour tous les projets photovoltaïques »

<em class="placeholder">Jean-Paul Thuard, électro-géobiologue chez Seenovia</em>
Jean-Paul Thuard de Seenovia

« Un diagnostic par un électro-géobiologue est nécessaire pour tous les projets photovoltaïques. Quand il fonctionne, le photovoltaïque apporte une charge électrique dans la structure du bâtiment. Et comme le bâtiment photovoltaïque communique avec les autres bâtiments, la charge peut se retrouver dans les forages, abreuvoirs, cornadis. Et comme la taille des projets augmente, que l’on va vers des projets de 365 kWc à 500 kWc, il sera encore plus important à l’avenir de faire attention aux courants parasites. Enfin, quand on construit du neuf et que l’on veille à éviter les courants parasites liés au photovoltaïque, il est important de revoir aussi les parties anciennes. Seenovia intervient de plus en plus pour des diagnostics électro-géobiologiques. Nous recherchons actuellement un 5e électro-géobiologue. »

Rédaction Réussir

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