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Autonomie protéique : le méteil fourrager à l’essai dans les rations d’engraissement des jeunes bovins

La ferme expérimentale des Bordes, à Jeu-les-Bois dans l’Indre, a choisi de tester l’itinéraire cultural des méteils riches en protéines ainsi que leur intérêt pour l’engraissement des jeunes bovins.

« À la mise en place, nous avions comme objectif un mélange de 140 grains par mètre carré composé à 50 % de céréales et 50 % de quatre espèces de protéagineux » (voir le tableau), expose Carole Gigot, ingénieur Arvalis à la ferme des Bordes.

Après un précédent prairie ou céréale, un apport de 18 t/ha de fumier a été réalisé en début d’automne. Il constitue le seul apport de fertilisants du cycle cultural. Les graines de féverole ont été semées à la volée au semoir centrifuge puis enfouies par un labour. Le 20 octobre 2021, le combiné de semis herse rotative a déposé les autres graines et l’ensemble a été roulé. Les levées de féveroles et vesces ont été très satisfaisantes, de l’ordre de 80 % pour les pois et 60 % pour les céréales. Le seul bémol tient au coût élevé de semences (190 €/ha), dû à la présence des féveroles.

« Une option serait de supprimer cette espèce et d’augmenter en parallèle la part des vesces et pois avec toutefois le risque d’une moins bonne tenue du couvert », relève Carole Gigot.

Une teneur en protéines obtenue au-delà des attentes

Les techniciens sont revenus dans les parcelles pour la fauche au stade fin montaison des céréales et floraison des vesces et des féveroles - soit le 29 avril 2022 - avec comme ambition d’obtenir un méteil à 16 % de MAT. Pour une meilleure facilité de reprise, ils ont choisi de faucher le méteil entre 8 et 10 centimètres de hauteur. Après un préfanage de quatre jours, il a été ensilé sans andainage, pour limiter au maximum la présence de terre et de cailloux, à 26 % de matière sèche (MS).

« Au final, le méteil récolté était de très bonne qualité avec une matière azotée totale de 19,7 % grâce à la forte proportion de protéagineux récoltés au bon stade, se félicite Carole Gigot. Avec ce mélange, la difficulté est de parvenir au seuil de 25 % de MS. Il faudrait pour cela disposer d’un conditionneur plus agressif ou d’un retourneur d’andains qui évite de monter les pierres comme le fait un andaineur classique. »

Des performances à l’abattage au rendez-vous

Les premiers résultats d’essais menés à la ferme des Bordes visant à comparer différentes rations d’engraissement viennent de tomber. Il s’agissait de tester l’ajout de méteils riches en protéines à des rations à base de céréales ou de maïs ensilage (voir l’infographie).

« Au début de l’essai - au 18 octobre 2022 - les 20 jeunes bovins pesaient 375 kg. Après une transition alimentaire de trente jours, l’objectif était de produire des animaux de 730 kg de poids vif et 440 kg de carcasse, explique Antoine Buteau. À l’abattage, les taurillons pesaient une moyenne de 748 kg pour 437 kg de carcasse, soit un rendement de 58,5 %. »

En fin de phase de transition, les résultats des différentes modalités sont très proches avec des poids compris entre 425 et 430 kg et des GMQ allant de 900 à 1 380 g/jour. Au 11 avril 2023, les poids des animaux étaient quasi-identiques.

Sur 166 jours d’engraissement, le coût moyen par jeune bovin diminue de 40 euros pour la ration céréales mélanges céréales-protéagineux immatures (MCPI) bas et de 70 euros pour la ration MCPI haut par rapport à la ration témoin.

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