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Agrivoltaïsme : ces éleveurs de vaches allaitantes portent 30 % de l’investissement dans leur projet en Moselle

À la SCEA Bal Haie, en Moselle, Éric Wollbrett et son fils Gautier réfléchissent à la conception de leur projet agrivoltaïque depuis 2023. Il s’appuie sur un modèle un peu particulier : les éleveurs financent une partie de l’investissement, et recevront des dividendes sur la vente d’électricité.

éleveurs devant des vaches aubrac et vosgiennes
Éric et Gautier Wollbrett voient l'agrivoltaïsme comme une source de revenu complémentaire à leur élevage allaitant.
© A. Legendre

« Nous cherchions un moyen de pérenniser le revenu, de créer plus de valeur ajoutée sur la ferme », introduit Éric Wollbrett, éleveur de vaches allaitantes à Amelécourt en Moselle. En 2022, des énergéticiens démarchent l’éleveur pour des projets d’agrivoltaïsme. « Au départ, ils voulaient en installer sur une bosse paysagère exposée sud, raconte l’éleveur. Mais l’impact paysager était trop important. »

« Le plus gros projet qu’on nous a proposé, c’était pour 33 hectares, avec la promesse d’un loyer assez important, ajoute Gautier Wollbrett, le fils d’Éric. Mais, si vous signez, vous n’avez plus trop votre mot à dire. Selon les contraintes administratives, le projet agrivoltaïque peut être revu à la baisse, et dans ce cas, le loyer n’est plus le même. »

Dans le même temps, Éric et Gautier Wollbrett rencontrent Thomas Urban, éleveur alsacien membre du bureau de leur coopérative, l’Apal’, et développeur pour le groupe Le Triangle, qui propose des projets agrivoltaïques. Leur originalité : l’agriculteur peut investir dans le projet. Ainsi, il supporte une partie des coûts du projet, mais reçoit ensuite, en plus d’une compensation pour le foncier mis à disposition, une partie des dividendes liés à la vente de l’électricité. « Cela nous a plu, car nous gardons la main », explique Éric Wollbrett.

Concevoir le projet agrivoltaïque ensemble

Ainsi, depuis 2023, Éric et Gautier Wollbrett travaillent avec Thomas Urban et l’équipe du groupe Le Triangle sur la conception de leur projet agrivoltaïque. « Nous avons une lettre de mission, et nous les accompagnons sur toutes les phases du projet, les études préalables, le montage des dossiers, les présentations devant les différentes commissions, etc. », explique Thomas Urban. Le dossier a par exemple dû être présenté au maire pour faire modifier le PLU, qui interdisait ce type de projet.

Les éleveurs ont aussi pu compter sur l’accompagnement des techniciens de l’Apal’ pour les questions de gestion du troupeau et de qualité des fourrages, ainsi que du service technico-économique de la chambre d’agriculture de Moselle pour interroger les questions de transmission. « Nous avons transformé l’EARL en SCEA pour faciliter l’installation de Gautier », explique Éric Wollbrett. « Je travaille à l’extérieur, mais j’ai pris des parts dans la SCEA en tant qu’associé non exploitant dès maintenant, précise son fils. Ce nouveau statut me permet une reprise plus progressive du capital, en attendant de m’installer lorsque mon père partira en retraite. »

Dans le modèle de projet agrivoltaïque choisi par les Wollbrett, l’éleveur prend en charge une partie des frais de développement, nécessaires au montage du projet. « C’est sûr que c'est un risque : si le projet ne se fait pas, cet argent sera perdu », indique Éric Wollbrett, toutefois confiant en l’avenir de la future SAS Bal Haie Solaire.

Au capital de cette société, qui portera le projet agrivoltaïque, on trouvera à 15 % Gautier Wollbrett, à 15 % ses parents, et à 40 % le groupe Le Triangle. Le reste sera ouvert à d’autres investisseurs. Le service Transition énergétique du Crédit agricole de Lorraine a d’ores et déjà manifesté son intérêt. Chaque actionnaire participera au financement de l’installation à sa hauteur. En tout, le projet devrait coûter entre 5 et 6 millions d’euros.

Dividendes sur la vente d'électricité et indemnités foncières 

Ensuite, viendront les revenus de la vente d’électricité, auxquels devront être retranchés les charges pour l’entretien, mais aussi l’indemnité pour la mise à disposition du foncier. Elle est calculée selon la puissance installée, sur la base de 2 800 €/MWc/an. La puissance prévue pour le projet de la SCEA Bal Haie étant de 4,9 MWc, l’indemnité devrait s’établir à 13 720 euros par an, répartie à 60 % pour l’exploitant agricole, la SCEA Bal Haie, et à 40 % pour les propriétaires des terres, Monsieur et Madame Wollbrett. « Cela nous fera un complément de retraite, avec les dividendes liés à la vente de l’électricité », confie Éric Wollbrett.

Lire aussi : Agrivoltaïsme : dix questions à se poser pour bâtir son projet avec des bovins

Le projet a déjà passé le comité technique de la chambre d’agriculture et le permis de construire devait être déposé en février 2026. Les éleveurs espèrent que les travaux pourront débuter début 2027, pour une mise en service l’année suivante.

Un mix entre ombrières photovoltaïques et panneaux verticaux

Pour leur projet agrivoltaïque, les Wollbrett ont choisi une parcelle de 15 hectares, proche des bâtiments d’élevage. Des ombrières photovoltaïques seront installées sur la moitié de la surface. Leur hauteur basse sera de 2,5 mètres. Sur l’autre moitié, les éleveurs ont choisi d’installer des panneaux photovoltaïques verticaux, avec un écart interrangée de 10 mètres, afin de pouvoir continuer à faucher. « De plus, avec l’orientation de cette partie de la parcelle, des ombrières auraient créé trop d’ombre projetée », explique Gautier Wollbrett. Six cent soixante-dix mètres de haies seront plantés autour de la parcelle.

Grâce aux ombrières photovoltaïques, les éleveurs espèrent améliorer le confort des animaux en été. Ils envisagent également de construire deux petits bâtiments en bordure de parcelle, dont un qui pourrait servir aux vêlages d’automne. « Cela permettrait de laisser les animaux au pâturage à cette période, et d’économiser des jours en bâtiment », indique Éric Wollbrett.

Fiche élevage 

70 vaches charolaises, aubracs, vosgiennes et redyblack

Mâles vendus en broutard, femelles engraissées

116 ha de SAU

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